Marc Degryse
Opinion

26/09/17 à 16:54 - Mise à jour à 16:54

Les bonnes briques de Leko

Marc Degryse rappelle qu'avant le match à Charleroi, Ivan Leko avait dit que Bruges était la meilleure équipe de Belgique.

Les bonnes briques de Leko

Ivan Leko, l'entraineur du Club de Bruges. © BELGA

Son discours tenait la route à partir du moment où le Club avait le plus de points, à partir du moment où il marquait beaucoup et encaissait peu. Mais on attendait encore d'avoir une vraie confirmation sur le terrain, on restait dans l'attente d'un vrai match abouti.

On l'a eu ce dimanche. Bruges a joué sa meilleure partie depuis fin juillet. Après ça, Leko a répété que le Club était la meilleure équipe du pays et plus personne n'a sourcillé. Les Brugeois ont directement mis les Carolos sous pression. Les trois défenseurs centraux et les trois joueurs centraux du milieu de terrain n'ont pas arrêté de construire, de pousser vers l'avant. Dans la plupart des matches précédents, on avait encore du mal à voir un jeu reconnaissable. Ce week-end, tout était clair et net, réfléchi. Et puis il y a le cas Hans Vanaken. Il était dans le dur en tout début de saison, il se retrouvait sur le banc. Aujourd'hui, il passe pour le régisseur du Club. A ses côtés, Marvelous Nakamba est une belle découverte, une bonne pioche. Et tout devant, Wesley est encore plus numéro 9 que Jelle Vossen.

Bref, les pièces du puzzle semblent aujourd'hui bien imbriquées. Même Ethan Horvath est maintenant convaincant, après l'un ou l'autre match compliqué, après l'une ou l'autre erreur comme dans le match à Mouscron. A Charleroi, il a encore donné des sueurs froides à ses supporters, mais son réflexe sur la tentative de Cristian Benavente, c'était tout bon. Dans un match pareil, un duel pour la première place, c'est le genre de sauvetage qui peut mettre un gardien définitivement en confiance.

A côté de tout cela, quand j'analyse la prestation de Charleroi, je suis plutôt mitigé. Cette équipe n'est pas à la deuxième place par hasard, ça c'est clair. J'ai l'impression que les deux points perdus stupidement contre Waasland Beveren avaient mis des doutes dans les têtes. Contre Bruges, ce n'est devenu concluant qu'après les changements de Felice Mazzù, quand il a fait monter Clément Tainmont, Cristian Benavente et Chris Bedia. Il a fallu attendre ce moment-là pour que la furie s'empare de l'équipe. C'est l'occasion de signaler, aussi, que Charleroi a du costaud sur son banc.

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Charleroi n'est pas une équipe faite pour évoluer avec le frein à main.

Mais c'est surtout l'analyse de Mazzù qui m'a interpellé. Il a dit que ses joueurs n'étaient probablement pas encore assez matures pour conserver un résultat, pour jouer un nul. Pas encore assez mûrs pour sentir quand un point est un bon résultat. Je ne le suis pas dans son discours parce que les Carolos ont suffisamment prouvé qu'ils pouvaient gagner des matches en poussant jusqu'à la dernière seconde. Dans une bonne partie de ces matches gagnés sur le fil, s'ils avaient cherché à protéger le résultat, ils auraient pris beaucoup moins de points. Donc, ils ne doivent pas commencer à se dénaturer. Ils doivent continuer à lâcher les freins, quitte à ce que ça se finisse parfois moins bien, comme ce week-end. Charleroi n'est pas une équipe faite pour évoluer avec le frein à main. C'est quand l'insouciance s'installe dans l'équipe qu'elle est la plus performante. Ce sont des joueurs qui ne doivent pas trop réfléchir, pas trop calculer. S'ils avaient gagné contre Bruges, ça n'aurait pas été vraiment mérité, mais ils auraient encore pu le faire.

De ce match, je retiens aussi l'ambiance dans le stade. Il y avait de l'enthousiasme, de l'intensité dans les tribunes, autant que sur le terrain. Un contraste total avec ce qu'on a vu juste avant dans le stade de Gand, contre Zulte Waregem. Une heure et demie de tristesse, encore une fois, alors qu'on a eu 90 minutes de plaisir à Charleroi. Gand n'a pas marqué un seul but de plein jeu en quatre matches à domicile, seul Danijel Milicevic a marqué une fois et c'était sur penalty. Pour que même Hein Vanhaezebrouck commence à émettre des doutes, il faut vraiment que ce soit très, très médiocre.

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