11/05/15 à 14:40 - Mise à jour à 14:40

"La vérité d'un jour n'est pas celle du lendemain"

Si les dirigeants de D1 ne retournaient pas sans cesse leur veste en fonction des événements, le football belge s'en porterait mieux.

"La vérité d'un jour n'est pas celle du lendemain"

Le cas Jason Adesanya a posé problème au Lierse en 2011 mais ça ne les empêche pas de tenter d'exclure Mouscron de la D1 aujourd'hui. © BELGA

Ainsi donc, le Lierse a décidé de rejoindre le Cercle devant la CBAS pour tenter d'exclure Mouscron de la D1. Si les dirigeants lierrois montrent une certaine constance dans leur manque de fair-play cette saison, eux qui avaient déjà essayé pour une sombre histoire de maillots d'obtenir les trois points sur tapis vert après une défaite face à Charleroi, il n'en a pas toujours été de la sorte. Il fut un temps où ces défenseurs du règlement à la lettre au détriment de l'esprit défendaient la position contraire. Pour la bonne et simple raison qu'ils se retrouvaient dans la peau de l'accusé et non pas dans celle du plaignant.

Souvenez-vous en 2011. Cette année-là, Eupen, obligé de jouer les PO3, avait épuisé toutes les juridictions pour épingler le...Lierse coupable d'avoir aligné Jason Adesanya que les Germanophones estimaient non-qualifié. Le Lierse avait crié haut et fort au complot et taxé les Eupenois de manque de fair-play...pour finalement l'emporter et sauver sa peau en D1. Quatre ans plus tard, le Lierse n'a donc plus le courage du fair-play ni le choix de la droiture.

Au-delà du manque flagrant de fair-play, il va un jour falloir m'expliquer pourquoi un club, sans dettes, qui s'est sauvé sportivement, n'a pas le droit de revoir son budget à la baisse afin de ne pas se mettre en danger sur le plan financier. L'avenir nous dira si la politique low cost du RMP a une chance de réussite. Si cette politique faillit et conduit Mouscron à la dernière place, le RMP respectera, lui, la logique sportive et descendra, là où d'autres clubs tentent par tous les moyens de valider une politique que les résultats sportifs ont déjà sanctionnée.

Tout cela ne fait que refléter les compromissions de dirigeants, coupables de retourner leur veste, sans aucune vergogne. A ce jeu-là, la vérité du jour n'est tout simplement plus celle du lendemain.

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Le Lierse, qui attaque Mouscron aujourd'hui, défendait la position inverse en 2011, quand Eupen avait porté plainte contre lui.

Autre cas de figure cette semaine avec Anderlecht. Les sorties médiatiques d'Herman Van Holsbeeck et de Besnik Hasi insistaient sur le langage belliqueux pour qualifier le comportement que devaient adopter les champions de Belgique en titre face à Bruges. "Nous sommes prêts pour une guerre sur le terrain", affirmait l'entraîneur bruxellois. Nous avons, tous, journalistes, à tort ou à raison, parlé à un moment ou à un autre de "bataille de l'entrejeu", de "lutte à couteaux tirés" ou de "guerre de tranchée". On ne lancera donc pas le débat ici.

Par contre, on se souvient parfaitement que c'est ce même Anderlecht, pour se délester d'une quelconque responsabilité, qui avait reproché à Sport/Foot Magazine une couverture reprenant ce type de langage avant un Anderlecht-Standard qui avait abouti à la faute d'Axel Witsel sur Marcin Wasilewski. Ainsi donc, alors que les directions n'avaient cessé de se chercher des poux des mois durant, le coupable de la tension palpable ce jour-là était donc la presse.

Près de six ans plus tard, voilà que ce même club utilise les mêmes mots pour qualifier l'état d'esprit de ses troupes sans rien trouver à en redire. Ou le phénomène de l'arroseur arrosé (bien qu'ici il faudrait parler d'arrosé arroseur), voire du moraliste peu en adéquation avec ce qu'il prône.

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