La hype belge vue de l'étranger

14/10/15 à 09:30 - Mise à jour à 15:52

Source: Sportmagazine

Comment les spécialistes étrangers jugent l'évolution des Diables Rouges, passés du néant à la première place mondiale en quelques années.

La hype belge vue de l'étranger

Les Diables sont désormais pris au sérieux à l'étranger. © BELGA

En 2007, les Diables préparaient leur qualification au Mondial sud-africain. Et Sport/Foot Mag aussi. Nous sommes alors partis voir plusieurs journalistes étrangers. Quand les Portugais d'A Bola se souvenaient des déclarations un peu rustres de Stijn Stijnen sur Ronaldo, qu'il voulait sur civière, ou écorchaient le nom de Mirallas en Kevin Murallas, l'ancien de la maison So Foot, Jean Damien Lesay, savait à peine citer deux joueurs de l'équipe nationale (Kompany et Mpenza), et Keir Radnedge de World Soccer s'attristait pour notre football, malade des jeunes légions étrangères de l'Antwerp et de Beveren. Aujourd'hui, la hype belge déferle sur le Big 5, et tout particulièrement sur la très médiatique Premier League. En bref, le Belge se vend bien. Hors de nos frontières, comment explique-t-on alors un tel renouveau du ballon rond au " plat pays " ?

" Après une période de crise, la Belgique a su rebondir et maintenant, tout le monde veut recruter des joueurs belges. C'est une valeur sûre ", lance le portugais Marco Gonçalves d'O Jogo, qui a ses raisons pour expliquer cette hype qui entoure les Diables. " La première est une question d'espace. Les jeunes joueurs ont plus de place pour évoluer, pour travailler et pour jouer. On leur fait plus confiance et ce, très tôt. La seconde tient plutôt du temps. Vos jeunes joueurs peuvent se développer sans trop de pression et évoluer progressivement. " Un point de vue qui rejoint celui de Gilles Grimandi, recruteur pour Arsenal. " On laisse bien grandir les gens, calmement. Il y a une certaine sérénité, de laquelle en découle une vraie philosophie de jeu. "

Une philosophie couplée à une culture foot et un brassage ethnique bénéfiques. " La culture est vraiment très importante. Et pas seulement footballistiquement parlant ", assure Ben Lyttleton, journaliste, entre autres, pour The Guardian et Four Four Two. " Quelqu'un comme Nainggolan en est le parfait exemple. C'est un mix à lui tout seul. Votre équipe nationale est faite de ce mélange, et c'est ce qui la rend imprévisible. C'est une force que l'on n'a pas en Angleterre, avec une équipe très classique. " Grimandi poursuit : " La mixité a permis aux joueurs d'évoluer. Je suis d'avis que les grands pays produisent plus de talents que les petits mais quand on regarde les classements, la Belgique et la Croatie sont dans le top.

Dans les oppositions, la mixité a permis aux jeunes d'évoluer avec d'autres plus malins, plus physiques, plus différents. Ce serait dommage de s'en priver, sinon pour avoir un jeu très stéréotypé. "

Entre les deux époques, les discours ont tout de même gardé une même ligne directrice : la Belgique laisse mûrir ses jeunes pousses, leur offre un cadre sain, mais les talents s'envolent loin de la pauvre Pro League dès qu'ils doivent franchir un cap. Mais ce qui est sujet à débat à l'échelle nationale, ne l'est plus à l'internationale. Le net regain d'engouement autour des " Diables Rouges ", clairement devenus l'effigie d'un sport qui règne sans partage sur le Royaume, a accompagné la naissance d'une génération dorée, élevée aux biberons d'éducateurs conviviaux et professionnels. Une (très) bonne chose en vue de l'EURO. " Il y aura plus de pression sur vous. Vu le classement FIFA, la Belgique devrait être en demi-finales ", pose Lyttleton, un tantinet résigné pour ses Three Lions. " J'ai hâte de voir ce que ça va donner l'été prochain. " Nous aussi.

Par Nicolas Taiana

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