La finale du Mondial récompensera le vainqueur du "derby" France-Belgique

09/07/18 à 12:48 - Mise à jour à 12:49

Source: Belga

(Belga) Elle aurait pu être l'affiche de la finale de l'Euro 2016, France-Belgique sera celle d'une demi-finale du Mondial 2018 de football, mardi soir (20h00) à Saint-Pétersbourg. Les Diables Rouges ont gagné ce droit au prix d'un exploit inoubliable en quart de finale: battre le Brésil (1-2), la nation aux cinq victoires mondiales. Ils ont ainsi rejoint la génération de 1986 qui avait aussi atteint le dernier carré au Mexique. La "génération dorée", annoncée comme brillante depuis des années, a enfin répondu à l'attente au bon moment, après la petite déception du Mondial 2014 et la plus grande de l'Euro 2016. Gonflée à bloc par ses résultats (seule équipe à avoir gagné ses cinq matchs en Russie, sans avoir joué de prolongation) et plus encore par la qualité de son jeu, l'équipe de Belgique ne rêve plus que de finale et de victoire en finale.

Face à elle, la France n'a pas autant séduit par son jeu. Son efficacité, en revanche, a fait merveille, tant en attaque qu'en défense. La ligne arrière qu'on annonçait fébrile s'est révélée intraitable. Son trio offensif, à l'instar de Antoine Griezmann, s'est moins illustré, sauf peut-être le jeune Kylian Mbappé qui a fait voler en éclat l'Argentine (4-3), comme la Croatie quelques jours plus tôt. L'Uruguay et sa défense de fer a aussi plié (sur un ballon arrêté et une bévue du gardien Muslera) en quart de finale. Coachés par un Didier Deschamps, très expérimenté, consciencieux en diable et capable de trouver de multiples solutions, les Bleus sont persuadés, eux aussi, qu'une troisième finale et un deuxième triomphe en Coupe du monde, vingt ans plus tard, leur tend les bras. Les questions sont multiples avant ce 74e France-Belgique, le plus important de l'histoire. Quelle tactique vont adopter Roberto Martinez et ses Diables ? Le 4-3-3 qui a vaincu le Brésil ou le plus traditionnel 3-4-3 pratiqué depuis deux ans ? Où va jouer Kevin De Bruyne ? Qui va remplacer Thomas Meunier, suspendu pour deux cartes jaunes, à l'arrière droit ? Et si, comme on le pense, Nacer Chadli occupe le poste, qui va évoluer dans l'entre-jeu à sa place ? Les Belges vont-ils vouloir être maîtres du jeu, comme l'Argentine a tenté de le faire face aux Bleus, ou, à l'inverse, laisser l'initiative aux Français, comme ils l'ont laissée aux Brésiliens, et espérer voir s'ouvrir des espaces dont la meilleure attaque du Mondial (14 buts) pourrait profiter ? Avec seize joueurs dans les effectifs des deux pays évoluant en Premier League anglaise (11 Belges, 5 Français) et plusieurs se côtoyant en club (Hazard-Courtois et Giroud-Kanté à Chelsea; Vertonghen-Alderweireld-Dembélé et Lloris à Tottenham; Lukaku-Fellaini et Pogba à Manchester United; Kompany-De Bruyne et Mendy à Manchester City) sans parler des Espagnols (Vermaelen et Umtiti-Dembélé au FC Barcelone, ou il n'y a pas si longtemps Carrasco et Griezmann-Hernandez à l'Atletico Madrid), Diables Rouges et Bleus seront en pays de connaissance. Et que dire du capitaine des Diables Eden Hazard, formé à Lille, qui a ébloui tout l'Hexagone avant de filer faire les beaux jours de Chelsea. "Il y a une grosse rivalité entre la France et la Belgique, ce sera une sorte de derby", a résumé Olivier Giroud, l'avant-centre des Bleus. "Nous avons passé un cap contre le Japon", a estimé Nacer Chadli, auteur du but en tout fin de match qui a permis aux Diables d'arracher 3-2 une qualification très compromise contre les Samouraïs Bleus. Ceux-ci menaient encore 0-2 à 22 minutes de la conclusion. La maestria tactique pendant 45 minutes face aux artistes brésiliens a fait le tour de la planète football. Les "petits" Belges, dénomination que les Français apprécient tant pour évoquer avec un peu de condescendance leurs voisins du nord, sont devenus des grands du football. S'ils venaient à le confirmer mardi soir sur les bords de la Neva, les Diables Rouges s'offriraient la première finale de leur histoire en Coupe du monde, contre le vainqueur de l'autre demi-finale Croatie-Angleterre (mercredi à Moscou), et une des célèbres nuits blanches de Saint-Pétersbourg à toute la Belgique. L'équipe battue jouera la rencontre pour la 3e place samedi à 16h00 toujours à Saint-Pétersbourg. (Belga)

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