Marc Degryse
Opinion

13/10/15 à 14:06 - Mise à jour à 14:19

L'analyse de Marc Degryse : "Les Diables jouent avec le frein à main"

Pour Marc Degryse, le chroniqueur de Sport/Foot Magazine, la campagne de qualifications pour l'EURO a été moins bonne que celle du Mondial. Jamais les Diables n'ont été spectaculaires.

L'analyse de Marc Degryse : "Les Diables jouent avec le frein à main"

A l'image des Diables Rouges, Axel Witsel peut faire mieux. © BELGA

Par rapport à celle qui nous avait emmenés vers le Brésil, cette campagne qualificative a été moins bonne. Là où les victoires en Serbie ou en Croatie avaient été de véritables références, les Diables ont été battus en déplacement au Pays de Galles, n'ont jamais été spectaculaires contre la Bosnie et sont passés par le chas de l'aiguille en Israël. Pas la peine d'évoquer les rencontres face à Chypre et Andorre, qui ne sont pas des matches d'un calibre international.

A-t-on fait un pas en avant depuis le Mondial ? Je n'en suis vraiment pas sûr. Nos adversaires étaient moins bons que lors de la campagne précédente, et certains joueurs n'ont pas affiché un niveau suffisant sur l'ensemble des qualifications. Je pense notamment à Eden Hazard, dont on attend toujours plus sur le plan individuel par rapport à ce qu'il a déjà montré sous le maillot de Chelsea. Et que dire de nos attaquants ? Benteke, Origi et Lukaku ont très peu marqué, surtout si on les compare à Robert Lewandowski et ses treize réalisations. Même Kevin De Bruyne, qui reste le patron de cette équipe, reconnaîtra lui-même que cette campagne a été moins bonne que celle qu'il avait disputée pour décrocher un ticket pour la Coupe du Monde.

Au milieu de terrain, Axel Witsel peut également faire mieux. Certes, Marc Wilmots l'utilise comme un contrôleur au milieu de terrain, mais le meilleur Witsel doit être poussé un cran plus haut pour pouvoir s'infiltrer, créer des occasions et même marquer des buts. Dans ce registre, Marouane Fellaini a peut-être été le meilleur joueur de cette campagne qualificative en parvenant à se rendre important à chaque match. En cas de grosse rencontre à disputer, il sera titularisé neuf fois sur dix.

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Nainggolan a montré que Wilmots avait fait une erreur en ne l'emmenant pas au Mondial

Radja Nainggolan est l'un des autres hommes forts de cette campagne. Son absence au Brésil m'avait surpris, et il a montré par ses prestations que Wilmots avait fait une erreur en ne l'emmenant pas au Mondial. Bien plus que Witsel, le joueur de la Roma est un véritable numéro six parce qu'il presse l'adversaire et est capable d'accélérer le mouvement par ses passes vers l'avant ou d'ouvrir le jeu grâce à ses longs ballons vers les flancs.

Avec quatre buts encaissés avant le dernier match face à Israël, notre bloc défensif mérite également des compliments. Cette solidité défensive est un point positif, mais elle nous prive de cette sensation d'équipe offensive que tout le monde réclame. C'est en grande partie dû au style prôné par Marc Wilmots, qui aligne toujours deux contrôleurs au milieu de terrain et donne cette impression que les Diables jouent sans cesse avec le frein à main, même contre de petites équipes.

La question est maintenant de savoir si l'équipe nationale peut vraiment faire honneur à son classement FIFA - un ranking toujours pas au point, car les matches importants devraient être mis en évidence de manière plus flagrante dans la pondération - en s'installant à la hauteur des plus grandes équipes du continent. Dans leurs discours, les joueurs affirment vouloir gagner l'EURO et c'est une bonne ambition. Normalement, l'Espagne, l'Allemagne et la France devraient atteindre les demi-finales, et la Belgique devrait être la quatrième force du dernier carré. Mais cela dépendra aussi du tirage au sort, qui pourrait nous compliquer la tâche en nous obligeant à jouer deux ou trois matches consécutifs contre des équipes du top 10 mondial.

En sera-t-on capable ? J'ai mes doutes. Les rencontres amicales contre l'Espagne et l'Italie pourraient déjà nous apporter de premiers éléments de réponse. Même si la valeur de ces amicaux est toujours à relativiser, comme on a pu le voir contre la France au mois de juin dernier.

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