(In)compétente, la commission des licences ?

14/04/15 à 16:04 - Mise à jour à 15/04/15 à 10:33

Source: Sportmagazine

Vu la tournure que prend le dossier de la licence mouscronnoise, on peut se demander si la commission des licences a encore une utilité et une crédibilité.

(In)compétente, la commission des licences ?

Edward Vandaele en veut au Cercle Bruges. © BELGA

Le Cercle Bruges essaie d'obtenir dans les coulisses ce qu'il n'a pas (encore) été capable de gagner sur le terrain : son sauvetage en D1. En contestant l'octroi de la licence à Mouscron pour la saison prochaine. Pas de licence pour Mouscron, cela voudrait dire que le vainqueur des PO3 (Cercle ou Lierse) se maintiendrait.

" Lamentable et scandaleux ", dit-on au Canonnier. Des petites piques ont fusé après la victoire contre Ostende qui place les Mouscronnois seuls en tête de leur poule de play-offs 2. " Si j'étais le président du Cercle, avant de regarder dans l'assiette de l'autre, je me demanderais surtout pourquoi je termine deux fois en trois ans dans les PO3 avec un budget de 7 millions ", a ironisé le coach Fernando Da Cruz.

Budget : toute l'histoire tourne autour de ça. Les Brugeois n'acceptent pas qu'on ait accordé la licence à Mouscron qui a présenté un budget prévisionnel de 4,1 millions. Ils affirment aussi que la masse salariale prévue (1,7 million) est à coup sûr insuffisante pour survivre jusqu'au bout de la saison. Pour les gens du Cercle, ce Mouscron-là court à la faillite avant même la fin du championnat 2015-2016, ce qui fausserait la compétition. CQFD : il faut priver les Hennuyers de licence.

A Bruges, on ferme toutefois (volontairement) les yeux sur certaines réalités. Les clubs qui ont les deux plus petits budgets pour la saison en cours (4 millions), Westerlo et Mouscron, sont sauvés. En même temps, Charleroi et Courtrai, avec 8 millions seulement, sont en PO1. Genk, avec ses 23 millions, est en PO2. Il n'y a rien de mathématique là-dedans, on le sait au Cercle mais on a décidé d'utiliser sa dernière cartouche.

Le plus surprenant dans cette affaire est toutefois la remise en question du fonctionnement de la commission des licences. Dans un premier temps, le manager des licences a rendu un avis négatif sur le dossier mouscronnois. Ensuite, la commission n'en a pas tenu compte et a accordé la licence au RMP. Puis, le Cercle s'en est mêlé, et surtout, la Pro League a aussi demandé des explications. La décision de faire rouvrir le dossier a été prise par cinq clubs : Charleroi, Anderlecht, Gand, Courtrai et Malines. Tous des clubs qui, de facto, ont ainsi pris position pour le Cercle au détriment de Mouscron.

Au Canonnier, donc, on fulmine. Le club a exigé de pouvoir consulter tous les dossiers de licence pour la saison prochaine, dans le but de prouver que des clubs de D2 susceptibles de monter en D1 l'ont obtenue avec des budgets sans doute pas plus élevés. Mais surtout, il y a des questions à poser pour le futur. Quelle que soit la décision finale de la Cour Belge d'Arbitrage pour le Sport, saisie par le Cercle et la Pro League, on peut se demander si la commission des licences a encore une utilité et une crédibilité.

Elle est composée d'experts en fiscalité et de réviseurs d'entreprises. Et donc, on soupçonne maintenant ces personnes d'être incapables de juger un budget prévisionnel. Qui en est alors capable ? Pas la direction brugeoise, à entendre le président mouscronnois : " Avec une situation financière comme la leur, les gens du Cercle devraient s'abstenir de critiquer notre club, qui n'a aucun passif. "

Par Pierre Danvoye

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