Marc Degryse
Opinion

22/08/17 à 15:00 - Mise à jour à 15:13

" Il y a du Diego Simeone chez Felice Mazzù "

Pour Marc Degryse, le chroniqueur de Sport/Foot Magazine, le classement actuel de Charleroi ne doit rien au hasard.

" Il y a du Diego Simeone chez Felice Mazzù "

12 sur 12 pour Felice Mazzù et ses Zèbres. © BELGAIMAGE

Ce début de championnat est pour le moins bizarre. Que ce soit le haut du classement, comme le bas. Le 12 sur 12 de Charleroi a quelque chose d'irréel, surtout au vu du calendrier. Et pourtant, les Zèbres ont prouvé une nouvelle fois, face à Genk, que leur classement ne devait rien au hasard. On retrouve évidemment la patte de Felice Mazzù derrière ces succès. Il y a les réussites de Nurio, Dodi Lukebakio ou celle de Cristophe Diandy qui a déjà fait oublier Damien Marcq mais Charleroi, c'est surtout un collectif, un bloc très difficile à bouger.

Mazzù installe les joueurs dans un système cohérent, où tous les joueurs connaissent leurs tâches sur le bout des doigts. Son coaching me fait d'ailleurs penser à celui de Diego Simeone : deux coaches qui, avec moins de moyens, arrivent à rivaliser avec les meilleurs en tirant le maximum de leurs joueurs. Il est impossible de critiquer le Charleroi actuel. On a aussi la preuve que c'est une équipe qui va lutter jusqu'au bout pour les plays-offs 1. C'est remarquable comment ce club grandit. Et cette réussite, le Sporting Charleroi la doit essentiellement à deux hommes : Mazzù et Mehdi Bayat.

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"Mazzù installe les joueurs dans un système cohérent, où tous les joueurs connaissent leurs tâches sur le bout des doigts."

Genk, par contre, c'est un peu l'inverse des Zèbres. L'ambition est d'avoir la possession, de proposer un foot technique, sauf que les résultats manquent cruellement à l'appel. Zulte Waregem est l'autre jolie confirmation de ce début de saison : à l'image de Mazzù, Francky Dury continue à rester fidèle à ses principes de jeu. L'équipe est nouvelle, plusieurs cadres sont partis et pourtant, on a le sentiment que rien n'a vraiment changé. Peter Olayinka n'était pas suffisamment bon pour Gand mais explose au Essevee, Onur Kaya et Sander Coopman sont les deux créateurs, ils ont à plusieurs reprises ridiculisé le Standard vendredi. Du côté de Sclessin, j'ai bien peur que l'on risque de connaître les mêmes problèmes que ces deux dernières années.

Que ce soit à Saint-Trond ou face à Zulte Waregem, Ricardo Sá Pinto est apparu agressif dans ses réactions et très peu serein. Il a le profil de quelqu'un qui peut exploser à tout moment, même si je ne pense pas que le Standard va le virer, en cas de défaite à Bruges, après seulement cinq journées. Le foot proposé est jusqu'à présent chaotique et ses choix défensifs furent inefficaces : Alexander Scholz back droit et Milos Kosanovic à droite de l'axe défensif ont été de jolis ratés. Je crains aussi que, contrairement aux dernières saisons, les supporters vont très vite en avoir ras-le-bol du manque de résultats.

La seule bonne nouvelle pour les Rouches, c'est que la concurrence piétine également. Gand et Ostende pointent tout en bas d'un classement surréaliste. Les joueurs de Hein Vanhaezebrouck ont à nouveau gaspillé des points, on sent l'équipe fébrile. Est-ce l'année de trop pour le coach des Buffalos ? Sa communication est en tout cas mauvaise. Il se cache derrière le manque de qualité de ses joueurs et d'un recrutement défaillant. À long terme, une telle attitude est intenable. Je ne pense pas non plus que réunir ses joueurs en cercle, devant les caméras, dès le coup de sifflet final, soit la meilleure attitude à adopter.

À Anderlecht, aussi, on s'impatiente car dirigeants et supporters attendaient bien plus de jeu cette saison. L'an dernier, René Weiler pouvait se cacher derrière les résultats, surtout qu'il avait repris une équipe malade. Le Suisse continue évidemment à être soutenu par ses supérieurs mais il doit impérativement redonner de la vie à cette équipe. Comment est-ce possible de jouer aussi mal avec autant de talents ? Aujourd'hui, ce sont les petits qui font la nique aux grands. Et, que ce soit à Mouscron ou à Saint-Trond, on aimerait que cela dure le plus longtemps possible.

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