Jacques Sys
Jacques Sys
Jacques Sys, rédacteur en chef de Sport/Foot Magazine.
Opinion

19/05/15 à 17:03 - Mise à jour à 17:13

Gand, la nouvelle capitale du football

Alors qu'ils disaient viser la 3e place, les Gantois peuvent être champions dès ce jeudi. Les Buffalos disposent déjà d'un superbe stade et le titre leur permettrait de faire jeu égal financièrement avec le top belge.

Gand, la nouvelle capitale du football

Gand champion ce jeudi ? © BELGA

Alors qu'ils disaient viser la 3e place, les Gantois peuvent être champions dès ce jeudi. Les Buffalos disposent déjà d'un superbe stade et le titre leur permettrait de faire jeu égal financièrement avec le top belge.

La veille du match au Club Bruges, il était presque émouvant d'entendre le manager Michel Louwagie déclarer espérer que son équipe entamerait le match sans stress. Afin de s'arrimer à la troisième place tant convoitée. Louwagie ne tenait pas compte du titre, pas plus que le président Ivan De Witte, qui disait qu'une équipe de champions se construisait et que La Gantoise se trouvait encore en plein milieu de ce processus.

Ce n'étaient que de nouvelles manoeuvres pour alléger la pression car un club qui peut s'emparer du titre ne va pas lâcher cette occasion. Jusqu'à présent, Gand semblait mieux jouer dans le rôle de l'outsider que dans celui de leader mais dimanche dernier, au Club Bruges, les Buffalos ont bien géré ce nouveau statut. Ils ont saisi le Club à la gorge d'emblée et l'ont balayé, par moments, en début de match.

Dans la Venise du Nord, La Gantoise a accompli un grand pas dans son développement. En attendant un titre, elle s'est déjà emparée du pouvoir en Flandre, par un football mûr et avec une équipe brillamment composée par Hein Vanhaezebrouck. Il suffit d'une victoire à La Gantoise pour accéder au délire complet. Il n'y a plus de place pour un langage modeste.

Dimanche, le Club est resté les mains vides. Il doit encore patienter un an au moins pour le titre. Il a déjà perdu plus de rencontres en PO1 qu'en championnat régulier. A huit reprises en autant de matches, il a été mené. C'est partiellement à cause d'un calendrier surchargé. Cette saison, les Bleus et Noirs ont déjà disputé seize matches de plus que Gand. Ils ont beau posséder énormément de présence physique, ça représente plus qu'un tour de championnat. En outre, les PO1 coïncident avec la phase finale de Coupe d'Europe, ce qui a induit des surcharges et donc des blessures.

Mais il y a davantage que la seule fatigue. Michel Preud'homme aime à s'appuyer sur l'organisation et, justement dans cette ultime phase du championnat, il a semblé adapter trop facilement sa composition à celle de l'adversaire. Dimanche, en début de partie, l'entrejeu n'a pas fonctionné. Timmy Simons campait à droite pour neutraliser Moses Simon, Victor Vazquez ne fonctionnait quasiment pas en perte de balle et Ruud Vormer, surmené, ne savait plus où donner de la tête.

Le Club a besoin d'une injection de qualité. Le caractère à lui seul ne suffit pas quand des pions majeurs sont en méforme ou blessés. Le fait qu'on parle autant de l'absence de Thomas Meunier est éloquent. Avec tout notre respect, une équipe ne peut pas dépendre de son arrière droit.

Avec un premier titre, La Gantoise se hisserait au niveau du Club sur le plan financier. Elle possède déjà les installations qui lui permettent de gagner en puissance alors que l'expansion du Club est freinée par les retards du dossier de construction d'un nouveau stade. La Gantoise est le nouveau maître de Belgique. A moins que le championnat ne connaisse un ultime détour inattendu, Anderlecht devra faire avec aussi. Les Mauves ont gaspillé trop de points par manque de concentration.

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La Gantoise est le nouveau maître de Belgique. A moins que le championnat ne connaisse un ultime détour innatendu.

Le moment qu'a choisi Yves Vanderhaeghe pour annoncer son départ pour Ostende tombait on ne peut plus mal. Il est déjà peu correct de partir trois semaines après avoir prolongé son contrat mais c'est encore plus moche quand ça se produit en pleins play-offs. Il est incompréhensible qu'aucune des parties en cause n'y ait réfléchi.

Tout tourne autour de l'argent en football. Il n'y a plus ni normes ni correction. Vanderhaeghe a accompli du bon travail à Courtrai, il reste modeste mais il risque de perdre son capital sympathie. Son départ pour Ostende comporte un risque. Il perdra énormément de crédit s'il échoue dans cet environnement devenu soudain très ambitieux.

Entretemps, Courtrai envisage de laisser au repos trois titulaires pour les deux derniers matches, sous prétexte qu'ils risquent de rater deux matches la saison prochaine s'ils reçoivent une carte jaune. Ça revient à dire que le football européen ne l'intéresse pas.

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