Marc Degryse
Opinion

12/09/17 à 10:45 - Mise à jour à 10:53

Entraîneur du Standard, le job le plus compliqué du monde

Pour Marc Degryse, le chroniqueur de Sport/Foot Magazine, la tâche de Ricardo Sa Pinto est loin d'être évidente.

Entraîneur du Standard, le job le plus compliqué du monde

Ricardo Sa Pinto a connu un dimanche difficile. © BELGA

C'était un dimanche difficile pour Ricardo Sa Pinto ! Pour résumer... Son Standard reçoit un Charleroi qui a tout gagné depuis fin juillet. Son Standard est malade, il ne marque pas, il encaisse beaucoup, il ne gagne évidemment pas. Il prend même des dégelées. Il y a une grosse pression, mise par la direction et les supporters. Et comme si ça ne suffisait pas, on lui enlève des joueurs comme Ishak Belfodil, Matthieu Dossevi, Benito Raman, voire Milos Kosanovic. Pour affronter Charleroi, il doit aligner deux joueurs offensifs qui ont à peine eu le temps de découvrir la ville et le club, Duje Cop et Carlinhos. Oui, entraîneur du Standard, c'est peut-être le métier le plus compliqué du monde en ce moment...

Si on tient compte de tout ça et du classement de l'adversaire, on peut dire que le Standard a bien négocié son week-end. Même s'il n'a de nouveau pas marqué de but, même s'il n'a de nouveau pas gagné. L'équipe de Sa Pinto a dû se contenter de gagner aux points, elle méritait de s'imposer, la prestation collective a été intéressante. Le bémol de ce choc, c'est la prestation de Charleroi, qui n'a pas été à la hauteur de son statut de premier du championnat. Les Carolos ont débarqué à Sclessin en fiers leaders mais ce qu'ils ont montré sur la pelouse était insuffisant. Felice Mazzu a signalé que son équipe n'allait pas gagner tous ses matches. En tout cas, elle a tiré le maximum en prenant ce point. Pour revenir au Standard, on attend maintenant qu'il parvienne à mettre des ballons au fond. Et plus globalement, ce serait bien que ce club redevienne enfin stable et régulier.

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"Je me demande parfois où René Weiler veut en venir avec sa gestion des hommes, des noms"

Il y a d'un côté la méthode Sa Pinto, de l'autre la méthode René Weiler. Ce que fait le Suisse à Anderlecht continue à m'interpeller. Je me demande parfois où il veut en venir avec sa gestion des hommes, des noms. En agissant comme ça avec Sven Kums, j'ai l'impression qu'il joue de plus en plus avec le feu. Kums n'était pas repris pour le match contre Lokeren, avec cette explication : il ne faisait pas partie des 18 meilleurs Anderlechtois du moment. Weiler lui reprochait de ne pas s'appliquer suffisamment à l'entraînement. Et il signalait que Kums n'apportait pas, en match, ce qu'on attend de lui. Maintenant, si Anderlecht n'avait finalement pas gagné contre Lokeren, le coach aurait eu un problème. Il aurait dû justifier son choix et être convaincant.

Dans ces conditions, il était logique que le joueur ne soit pas prévu pour le déplacement au Bayern. Mais, surprise, il a suffi d'un entraînement tout simple, le week-end, pour que Weiler change d'avis et emmène finalement Kums en Allemagne. Tout à coup, le gars avait une bonne mentalité et il bossait bien. On peut imaginer qu'Herman Van Holsbeeck ait mis la pression sur Weiler pour qu'il prenne Kums en Ligue des Champions. Si c'est le cas, le coach n'a plus qu'une chose à faire : prendre sa valise et quitter Anderlecht.

Ces suppositions ne doivent pas faire oublier une chose : l'intégration de Sven Kums est importante pour Anderlecht. Il y a du boulot au niveau du style de jeu. En première mi-temps contre Lokeren, c'était horrible. Kums doit s'adapter à la maison, il doit comprendre qu'Anderlecht n'est pas Gand, mais le problème est plus global. La gestion humaine de Weiler est acceptée et même appréciée quand il y a des trophées au bout de la route. En début de saison passée, il a nettoyé le vestiaire et c'est bien passé parce que l'équipe a gagné le championnat. Mais cette année encore, il y a des couacs, des incompréhensions. Henry Onyekuru a été bon le week-end dernier mais ça a parfois été tendu entre Weiler et lui au début. Hamdi Harbaoui est rentré dans l'équipe vendredi soir, c'est une autre décision surprenante quand on connaît son rapport avec le coach. C'est sans doute la griffe Weiler mais elle n'est pas toujours facile à décrypter.

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