El Ghanassy : " Je ne pouvais même plus aller sur mon compte en banque "

18/11/15 à 09:00 - Mise à jour à 13:44

Source: Sportmagazine

L'histoire s'annonçait belle, elle s'est transformée en cauchemar. Entre boîtes de nuit, bouteilles, faux-amis, magouilles kazakhs, dépression et un réveil en Norvège, Yassine El Ghanassy se raconte pour la première fois. Extrait.

El Ghanassy : " Je ne pouvais même plus aller sur mon compte en banque "

Yassin El Ghanassy : "Quand t'as de l'argent, t'as plein d'amis" © BELGAIMAGE

Il y a un peu plus de 4 ans, tu étais à Marrakech en vacances avec Mehdi Carcela et Christian Benteke. Tu es alors une des stars de notre championnat. Aujourd'hui, Benteke a couté 45 millions et évolue à Liverpool et Carcela est à Benfica. Comment tu expliques que tu aies connu une toute autre trajectoire ?

El Ghanassy : Le danger, c'est quand tout est accessible très rapidement. Et je n'ai peut-être pas écouté assez ma famille. Mais quand t'es jeune comme ça, ça rentre, ça sort. C'est un tout. Quand t'as de l'argent, t'as plein d'amis, même des gens que tu ne connais pas mais qui sont devenus tes amis (il rit). Tu vois...

Et ils te disent que t'es le meilleur...

El Ghanassy : C'est ça. Quand tu veux profiter de quelqu'un, tu ne vas jamais le contredire alors qu'un ami, c'est ce qu'il est censé faire quand tu prends une mauvaise direction.

On raconte aussi que tu as connu de gros problèmes d'argent.

El Ghanassy : Non, c'est pas ça. Mais quand tu vois tout ce qui est parti en fumée dans des bêtises, tu pètes un plomb. J'ai claqué beaucoup.

Mais en quoi ?

El Ghanassy : Tu sais bien, en sorties, je sortais tous les deux-trois jours. Surtout quand j'étais sans club. Tu te sens mal et tu sors pour oublier que t'es au fond du trou.

T'as senti que tu n'arrivais plus à faire la différence ?

El Ghanassy : Oui. Et à un moment, il y avait trop de choses dans ma tête. Et ça avait des conséquences sur le terrain. Pour bien jouer, tu dois avoir l'esprit libre.

A quel moment tu t'es dit : je suis plus bas que terre ?

El Ghanassy : Quand j'ai regardé mon compte et que j'ai vu que la moitié était partie. Je me suis dit : putain ! Qu'est-ce que j'ai fait ? Pourquoi j'ai été là-bas, pourquoi j'ai payé ça, pourquoi j'ai filé de l'argent à ce type ? Alors qu'aujourd'hui je sais très bien qu'il ne va pas me rendre cet argent. Ce sont toujours les mêmes bêtises, le monde de la nuit. Pour oublier, tu fais quoi ? Tu sors. Car quand tu restes chez toi entre quatre murs, tu peux péter un plomb et faire même une plus grosse bêtise. Faut pas jouer avec la carrière des gens, faut pas jouer avec la vie des gens. Je dois remercier mes parents car quand ils se sont rendu compte de toutes ces dépenses, ils ont fermé le robinet. Je ne pouvais même plus aller sur mon compte. C'était avant que je signe à Stabaek.

Tu étais en pleine dépression ?

El Ghanassy : Oui. Tu es obligé de sortir, tu te réveilles à 15h, tu manges n'importe quoi, tu oublies que t'es footballeur. Et tu dois trouver une échappatoire : si c'est pas à Bruxelles, c'est à Paris, etc. T'es entré dans un tourbillon. Pour oublier, j'étais même devenu un soûlard. Tu te dis que le football est derrière toi. Tout le monde m'avait pris pour un fou.

Par Thomas Bricmont

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Yassine El Ghanassy dans votre Sport/Foot Magazine

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