De Vlieger : "Nos clubs ne seront pas meilleurs en Europe si nous revenons à un championnat classique"

10/01/18 à 11:00 - Mise à jour à 11:26

Source: Sportmagazine

L'analyste de Sports Late Night effectue un bilan intermédiaire de la saison : "Si le Club est si souverain, c'est grâce à Ivan Leko".

De Vlieger : "Nos clubs ne seront pas meilleurs en Europe si nous revenons à un championnat classique"

Geert De Vlieger. © BELGAIMAGE

Avant la saison, tu couvrais Yves Vanderhaeghe et Francky Dury d'éloges. Vanderhaeghe a été renvoyé d'Ostende après sept journées et Dury est en bas de classement avec Zulte Waregem. Leur impact est-il moins important que tu ne le pensais ?

Vanderhaeghe prouve maintenant à Gand qu'il est taillé dans le bon bois. Il était en bout de course à Ostende, ça peut arriver. Jusqu'au match européen contre Marseille, Ostende n'a connu que des années enthousiasmantes puis tout a basculé en un rien de temps. Je crains que s'il rate les PO1 les années à venir, il perde son élan.

Zulte Waregem a déjà traversé une crise en 2011, l'année suivant le retour de Dury. Le noyau a été renouvelé. Peut-être la bonne performance de Zulte contre Anderlecht en supercoupe a-t-elle jeté de la poudre aux yeux. Dury a eu trop peu de possibilités de remplacements au premier tour et il a dû conserver des joueurs auteurs de mauvaises prestations. Le mercato hivernal devrait résoudre ce problème.

Le Club Bruges domine la compétition, malgré un problème de gardiens les premiers mois. La lutte pour le titre est-elle déjà terminée, maintenant qu'il a engagé Gabulov ?

Gabulov est une solution à court terme, pour assurer le titre. Ensuite, le Club devra se mettre en quête d'un gardien de but fiable pour les années à venir. Horvath a été titularisé à juste titre en début de saison, sur base de ses bonnes prestations à la fin de l'exercice précédent mais ses carences techniques ont trop souvent été à l'origine d'un but adverse. Il ne possède pas les qualités requises. Hubert a ensuite reçu sa chance mais je ne pense pas que le Club ait voulu en faire son numéro un. Si le Club est si souverain, c'est grâce à Ivan Leko.

Le choix de Waasland Beveren pour Philippe Clement te paraissait douteux : tu estimais que c'était un club trop instable pour s'y lancer. Après six excellents mois, il a rejoint le KRC Genk. Tu le lui avais aussi déconseillé. De quelle manière Clement t'a-t-il le plus surpris ?

Par l'audace avec laquelle il a fait jouer Waasland Beveren, qui survivait depuis plusieurs saisons. En l'espace de six mois, il a insufflé un esprit positif au noyau et à tout le club. On a immédiatement vu sa main. J'aurais préféré qu'il poursuive ce chapitre. L'offre de Genk n'était pas une occasion unique, qui ne se représenterait plus. En outre, rejoindre en cours de saison une équipe en crise n'est pas un cadeau.

Tu as longtemps été très modéré à l'égard de René Weiler, estimant les critiques exagérées. Tu as aussi trouvé son limogeage injuste ?

La saison passée, Anderlecht ne poursuivait qu'un objectif : être champion. Il l'a atteint et il a donc fait du bon travail. On tolère un football non-anderlechtois pour autant que les résultats suivent mais dès qu'ils sont décevants, l'entraîneur du Sporting se retrouve dans la tempête. Son limogeage ne constituait donc pas une surprise. Sous la direction de Vanhaezebrouck, on a vu par moments que cette équipe possédait un bagage footballistique. Hein doit maintenant ramener certains joueurs à leur niveau. Il a prouvé à Courtrai et à Gand qu'il était capable de faire progresser les joueurs.

D'après toi, les bonnes prestations européennes de nos clubs la saison passée sont partiellement dues aux play-offs. Six mois plus tard, tu peux jeter cette théorie à la poubelle, non ?

Je ne pense vraiment pas que nous serons meilleurs si nous revenons à un championnat classique. Maintenant, un club comme Courtrai peut encore lutter pour les PO1, malgré son mauvais début de saison. Je préfère quelques matches de fin de saison en PO2 que des matches inutiles dès maintenant, parce que diverses équipes jouent sans enjeu. Les clubs belges n'ont pas grand-chose à faire en Ligue des Champions. Ce n'est pas neuf. Le plus important pour nos représentants est de se qualifier pour la phase de poules de l'Europa League.

Par Matthias Stockmans

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