De Camargo : " Duchâtelet a voulu me virer 4 ou 5 fois "

18/09/15 à 10:00 - Mise à jour à 16/09/15 à 14:59

Source: Sportmagazine

Ce n'est pas (encore) une interview bilan ou testament mais une longue conversation avec un footballeur quand même plus proche de la fin que du début... Forcément, il en a des choses à dire.

De Camargo : " Duchâtelet a voulu me virer 4 ou 5 fois "

De Camargo de retour à ses premières amours à Genk. © BELGA

Maintenant qu'il est rentré à Genk, où tout avait commencé pour lui il y a une quinzaine d'années, Igor de Camargo peut faire le point sur son aventure pro. Et, pour la première fois, dans le détail, sur son départ du Standard en fin de saison passée ! On se doutait qu'il avait quitté Sclessin avec un goût amer, il va nous confirmer que c'est bien plus que ça.

Les trois coaches que tu as eus l'année passée au Standard avaient assez de poigne pour tenir un vestiaire qui n'était pas le plus facile ?

DECAMARGO (énigmatique) : Chacun a sa façon de voir les choses. Si je prends Luzon, Vukomanovic, Riga et Maes, aucun ne fonctionne de la même façon. Ils ont tous le même but : faire gagner leur équipe. Mais ils prennent tous des routes différentes pour aller d'un point A à un point B. Il y a des entraîneurs directs, qui prennent le chemin le plus court. Et d'autres qui zigzaguent en espérant y arriver quand même.

Il était vraiment compliqué, le vestiaire du Standard ?

DECAMARGO : (Il rigole).

Des joueurs arrivaient en retard à l'entraînement ou demandaient même pour le décaler. Tu sais comment Maes réagirait par rapport aux mêmes situations ?

DECAMARGO : Peut-être que les entraîneurs du Standard n'avaient pas grand-chose à dire...

Ils étaient les patrons sportifs !

DECAMARGO : Mais ils n'étaient pas les patrons du Standard !

Tu es discipliné, rigoureux, ponctuel, ça n'a pas dû être toujours facile à vivre ?

DECAMARGO : Ce qui était encore plus dur pour moi, c'est que je rentrais d'Allemagne. Une autre culture, un système où tout fonctionne. Là-bas, l'heure c'est l'heure. Au Standard... C'est vraiment dommage parce qu'on avait une équipe talentueuse, magnifique, fantastique ! Ce Standard-là devait être champion en 2014, avec Luzon. On a échoué à cause de la mentalité.

Avec un coach dur, le titre était donc pour vous ?

DECAMARGO : Je n'en suis même pas sûr. Parce que ce groupe était difficile à gérer. Il y avait des joueurs qui n'aimaient pas trop la discipline et qui ne l'auraient peut-être pas acceptée.

Tu as essayé de réagir pour corriger la situation ?

DECAMARGO : Quand un coéquipier arrive en retard une fois, deux fois, trois fois, tu essaies de lui parler. Mais ça ne marchait pas. Alors, il m'est arrivé d'aller trouver l'entraîneur et de lui dire : -Coach, on a tout essayé, c'est vous l'autorité maximale, maintenant c'est à vous de prendre les choses en mains. Mais quand le coach lui-même n'y arrive pas, là ça devient vraiment compliqué. Je suis intervenu auprès de Luzon, de Vukomanovic, de Riga, ça n'a jamais rien donné.

Tu rêvais sûrement de quitter le Standard dans une autre ambiance, par une grande porte ?

DECAMARGO (réfléchit) : Quand tu comprends que tu n'es plus le bienvenu quelque part, tu ne dois pas faire la tête, tu dois chercher un autre endroit pour vivre.

Tu as vraiment senti que tu n'étais plus le bienvenu ?

DECAMARGO : Quand quelqu'un essaie de te mettre dehors, plusieurs fois, ça devient lourd. J'avais l'impression d'avoir fait beaucoup pour le Standard, ce club restera toujours une bonne partie de ma vie, ça rend les choses encore plus dures à digérer. J'ai vu qu'on me chassait de ma maison. Ils ont tout fait pour que je parte. Trois fois, quatre fois, cinq fois...

Roland Duchâtelet ?

DECAMARGO : La direction... Je vais dire ça comme ça...

Ça a commencé quand ?

DECAMARGO : La saison dernière. C'était ma deuxième, j'avais signé pour trois ans. J'aurais pu rester, faire la troisième année dans mon coin, tranquillement, mais je sentais trop que je n'étais plus le bienvenu. Le président me demandait si je n'avais pas envie d'aller jouer ailleurs. Il fallait que je trouve autre chose.

Par Pierre Danvoye

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