" Dans cinq ans, je ne serai plus entraîneur !"

10/03/17 à 10:30 - Mise à jour à 07/03/17 à 17:00

Source: Sportmagazine

L'homme qui va peut-être hisser l'Antwerp en D1 est arrivé en 2013 du... Beerschot. Et, en fin de saison dernière, le Great Old n'en voulait plus.

" Dans cinq ans, je ne serai plus entraîneur !"

Wim De Decker pourrait bien conduire l'Antwerp en D1A dès sa première saison comme coach. © BELGA

Quelques mois à peine après avoir raccroché les crampons, Wim De Decker (34 ans) est devenu l'entraîneur de l'Antwerp. "En 2013, lorsque j'ai quitté le Beerschot, l'Antwerp jouait un étage plus bas, mais je n'ai jamais eu l'impression d'effectuer un pas en arrière. J'avais fait le tour de la question en D1, je n'avais plus envie d'encore me farcir des déplacements à Lokeren ou à Waregem. L'Antwerp me permettait d'encore découvrir des stades dans lesquels je n'avais jamais évolué. Croyez-le ou non, mais j'ai même apprécié le voyage à Boussu Dour. Et puis : après des années de lutte contre la relégation, je pouvais de nouveau jouer pour le titre. "

L'été dernier, le club a encore essayé de vous prêter ailleurs.

WIM DE DECKER : Effectivement. Mais je ne voyais pas quel autre club pouvait encore me procurer ma dose d'adrénaline. Si c'était pour jouer dans l'anonymat, autant arrêter. Je crois aussi que tous ces refus ont finalement joué en ma faveur : à force de refuser, j'ai été perçu comme quelqu'un qui savait ce qu'il voulait.

Avez-vous longtemps hésité à devenir T1 ?

DE DECKER : La saison dernière, j'étais encore persuadé que ce job n'était pas fait pour moi. Comme joueur, on ressent très fort le stress qui habite un entraîneur. La plupart ne donnent pas l'impression d'être heureux. Et combien de coachs n'ont-ils pas été limogés, cette saison, en 1B ? Je ne veux pas me retrouver dans une situation où je me dis : si je perds encore deux fois, je suis dehors. C'est la raison pour laquelle ma décision est déjà prise : dans cinq ans, je ne serai plus entraîneur. Il n'est d'ailleurs pas impossible que je renonce à poursuivre dans ce métier lorsque l'Antwerp n'aura plus besoin de moi. Je n'ai pas besoin de sentir le gazon toute la journée. Je suis un entraîneur atypique, je m'en suis déjà rendu compte pendant les cours de la Licence Pro. Les gens autour de moi ne parlaient que de tactique. Personnellement, j'accorde beaucoup d'importance à l'aspect psychologique, à la gestion d'un groupe.

Qu'est-ce qui vous a convaincu de devenir définitivement T1 lorsque John Bico a été licencié à son tour ?

DE DECKER : Je m'étais persuadé que je pouvais réussir. Et je me suis retrouvé face à un grand défi. Et puis, le discours de Patrick Decuyper (le CEO de l'Antwerp, ndlr) m'a convaincu : il m'a affirmé que le club croyait vraiment en moi et que j'étais le premier choix.

Est-ce difficile d'asseoir votre autorité auprès de ce groupe ? La saison dernière, tous ces joueurs vous appelaient encore par votre prénom.

DE DECKER : Je dois faire abstraction des liens que j'avais noués avec certains de ces garçons dans le passé. Cela ne m'a pas posé de problèmes. Durant toute ma carrière, j'ai surtout considéré les autres joueurs comme des collègues. Je participais aux activités de groupe, mais je peux compter les véritables amis sur les doigts de la main. En tant qu'entraîneur, je me place désormais au-dessus du groupe. Idéalement, je devrais même prendre encore davantage de distance. Mais, pour créer de la sérénité dans le groupe, je dois aussi être proche de mes joueurs.

Certains affirment que les joueurs préféraient continuer à accumuler des primes de victoire en jouant le top en D1B plutôt que prendre le risque de perdre leur place avec la montée en D1A.

DE DECKER : Je n'en crois pas un mot. Les contrats sont rédigés de façon à ce que les joueurs gagnent plus avec une saison en D1A qu'avec une saison en D1B.

Par Kristof De Ryck

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Wim De Decker dans votre Sport/Foot Magazine

En savoir plus sur:

Nos partenaires