Guillaume Gautier
Journaliste pour Sport/Foot Magazine
analyse

17/04/18 à 14:09 - Mise à jour à 14:23

Comment Markovic a changé Anderlecht

Le Serbe s'est enfin installé dans l'équipe bruxelloise depuis deux rencontres, et fait peser une menace jusqu'ici inédite sur le flanc droit anderlechtois.

Comment Markovic a changé Anderlecht

Lazar Markovic : ressuscité au bon moment. © BELGAIMAGE

Anderlecht ne faisait plus peur. Trop peu de joueurs avec le sang mauve pour effrayer les défenses adverses quand elles étaient regroupées, et un manque de vitesse généralisé qui ne freinait même plus les adversaires ambitieux, qui voudraient installer leur ligne défensive à hauteur du rond central. Qui, dans ce groupe privé de Sofiane Hanni et d'Henry Onyekuru, allait faire la différence, que ce soit balle au pied ou lancé en profondeur ? La réponse reposait épisodiquement dans les pieds de Kenny Saief, mais l'Américain vivait trop éloigné de la zone de vérité pour constituer la menace principale. Tout ça, c'était jusqu'à l'arrivée de Lazar Markovic.

Le Serbe s'est enfin installé dans l'équipe bruxelloise depuis deux rencontres, et fait peser une menace jusqu'ici inédite sur le flanc droit anderlechtois. Contrairement au côté gauche, où le milieu offensif - que ce soit Ryota Morioka ou Pieter Gerkens - se déplace entre les lignes pour libérer les courses de Saief, Markovic occupe tout le couloir, rarement dédoublé par le jeune Alexis Saelemaekers. Face à Charleroi, Lazar avait déjà profité de la défense à trois adverse pour emmener Dorian Dessoleil près de la ligne de touche, là où le robuste défenseur carolo était mal à l'aise face à sa pointe de vitesse. Excellent dans l'art de l'appel/contre-appel, Markovic a déboussolé son adversaire, et n'a mis que trois minutes à déposer une passe décisive dans les pieds de Morioka.

Loin de se contenter d'un registre d'ailier classique, le talent des Balkans s'insère souvent à l'intérieur du jeu, permutant même avec Lukasz Teodorczyk qui, dans une chorégraphie proche de celle qu'effectuait Laurent Depoitre dans le Gand d'Hein Vanhaezebrouck, plonge dans la profondeur sur le côté droit et laisse Markovic occuper l'axe du jeu. C'est ainsi, par exemple, que le Serbe a offert des ballons de but à Teo et à Pieter Gerkens face à Bruges, en s'installant dans une position centrale, mais hors de portée d'un Brandon Mechele qui ne pouvait pas se livrer sans découvrir ses arrières.

La nouvelle arme anderlechtoise a une influence énorme sur le jeu de ses coéquipiers. Dans le Topper, il n'a fallu attendre qu'une poignée de secondes après le coup d'envoi pour voir Josué Sa chercher un long ballon vers le poteau de corner droit, dans la course de Markovic. L'idée était d'éloigner Stefano Denswil de l'axe du terrain, pour laisser plus d'espace à Teodorczyk. Face aux deux défenses à trois que les Mauves ont affrontées en l'espace d'une semaine, le plan a fait mouche. Quand les adversaires seront à quatre, c'est peut-être le Markovic plus joueur, présent dans les combinaisons et capable d'éliminer un adversaire entre les lignes, dont aura besoin Vanhaezebrouck.

Arrivé en forme avec de longues semaines de retard, le transfert de l'hiver offre en tout cas une variété bienvenue à son entraîneur. Avec Morioka et Gerkens, le coach du Sporting pouvait seulement compter sur des joueurs de démarquage, incapables de faire la différence dans un duel classique balle au pied, alors que le jeu traditionnel de Vanhaezebrouck se base essentiellement sur la création de un-contre-un dans la zone de vérité. Markovic et ses dribbles déroutants changent la donne, et augmentent sensiblement l'ampleur de la menace mauve.

Par Guillaume Gautier

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