Marc Degryse
Opinion

10/04/18 à 10:57 - Mise à jour à 11:16

Bruges doit-il être nerveux ?

Pour Marc Degryse, le chroniqueur de Sport/Foot Magazine, si on s'intéresse purement au jeu brugeois, il n'y a pas de raison de paniquer.

Bruges doit-il être nerveux ?

Ivan Leko. © BELGA

La nervosité, on l'a sentie dimanche après la défaite à Gand. Un match plutôt bizarre. Les Gantois prennent un départ de fous furieux, ils font la loi pendant une vingtaine de minutes, puis les Brugeois prennent le contrôle des opérations et ça dure jusqu'à la fin. Mais il y a un problème du côté de Bruges depuis pas mal de semaines : on a du mal à marquer des buts. Les attaquants ont déjà été plus inspirés que depuis le début de l'année civile. Pendant toute la deuxième mi-temps, le jeu était brugeois mais il n'y avait guère de présence dans le rectangle de Gand. Les actions s'arrêtent trop tôt.

Perdre sur le terrain de Gand, ce n'est finalement pas si surprenant. Parce que Gand est l'équipe en forme mais aussi la bête noire du Club. Et donc, on sent une certaine nervosité qui s'installe. Surtout qu'il y a maintenant un autre déplacement compliqué, à Anderlecht. Encore un stade où le Club n'a pas du tout l'habitude de dérouler. Pourtant, si on s'intéresse purement au jeu, il n'y a pas de raison de paniquer. Les actions de Bruges n'arrivent pas jusqu'au but adverse mais elles sont là, bien pensées, bien construites. Il ne manque que la dernière approche, le dernier geste, la concrétisation.

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"Et dire que Hein Vanhaezebrouck a quitté Gand parce qu'il ne croyait plus en une qualification pour les play-offs !"

On est dans une saison où on ne peut jamais prévoir le visage que les Mauves vont afficher, mais si j'étais à Bruges, je ne paniquerais pas. Le Club reste favori pour le titre, même s'il y a un couac à gauche ou à droite. S'il y a aujourd'hui une équipe qui doit s'inquiéter, c'est plutôt Anderlecht. Parce que le club qui semble aujourd'hui avoir les meilleures chances de terminer à la deuxième place, c'est plutôt Gand. Quand les play-offs ont commencé, les Gantois espéraient finir dans le top 3. Après deux matches seulement, on ne les imagine déjà plus en dehors de ce podium. Si on analyse leur courbe de forme depuis le remplacement de Hein Vanhaezebrouck, c'est carrément un parcours de champion, et donc je les vois bien devancer Anderlecht au bout du compte. Et dire qu'au moment où il a quitté Gand, Vanhaezebrouck expliquait sa décision par le fait qu'il ne croyait plus cette équipe capable de se qualifier pour les play-offs !

Par rapport à Gand, Charleroi fait le parcours inverse. Lez Zèbres craquent au mauvais moment, sont occupés à perdre la main sur l'Europe. Ils auraient pu prendre un point contre Anderlecht, ça leur a été refusé à cause du fameux penalty, et donc c'est très mal passé. Encore une fois, le VAR a été le très triste personnage central de la soirée. Qu'on n'ait pas vu la poussée de Lukasz Teodorczyk dans le rectangle, ce n'est pas normal. Comme ce n'est pas normal que l'arbitre ne soit pas intervenu alors que le même joueur multipliait les fautes et était à fond dans l'antijeu depuis le début du match. On avait tous les moyens techniques à disposition pour que ce match ne soit pas influencé par une erreur d'arbitrage mais ils n'ont pas été utilisés comme ils auraient dû l'être.

Et donc, le VAR continue à faire débat. Le déplacement du Standard à Genk l'a encore rappelé. Sur l'action du but annulé de Renaud Emond, on est rassuré, on se dit que la vidéo n'est pas là pour rien. Mais à côté de ça, il y a la phase de l'exclusion de Christian Luyindama. Evidemment, le coup qu'il donne doit être puni, et là, la carte rouge est tout à fait justifiée. Mais ce coup, il ne le donne pas si l'arbitre, éventuellement assisté par le VAR, fait son job avant : Ibrahima Seck devait être renvoyé du terrain pour avoir été le premier à frapper Luyindama. Si Seck se fait sortir directement, on ne laisse pas à Luyindama l'occasion de se venger. Le VAR fait progresser la situation dans certains cas mais on n'arrivera jamais à la perfection, c'est une certitude.

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