Broos : "Une seule chose est sûre : j'arrête en juillet 2019"

04/01/18 à 10:30 - Mise à jour à 10:48

Source: Sportmagazine

En 2017, Hugo Broos est devenu le premier entraîneur belge à enlever la Coupe d'Afrique des Nations, avec le Cameroun. Le quadruple Entraîneur de l'Année parle de sa remarquable carrière.

Broos : "Une seule chose est sûre : j'arrête en juillet 2019"

Hugo Broos. © BELGAIMAGE

Hugo Broos à propos...

...de la pression au Cameroun : "Il n'y en a pas plus qu'ailleurs mais il y a plus de coups bas. Certains journalistes ne sont pas payés seulement par leur employeur... pour écrire certaines choses... Il faut savoir que les journalistes gagnent peut-être 75.000 CFA, soit une centaine d'euros. Certains ont passé la nuit dans les fauteuils de la réception de l'hôtel des joueurs à la CAN, leur journal ne pouvant les loger un mois à l'hôtel. Certains demandent de l'argent aux joueurs et que représente la somme de 30.000 CFA pour un international ? Mais si l'un d'eux n'est pas bien dans sa peau et demande que le journaliste écrive certaines choses en échange, voilà où on en arrive. Apparemment, c'est une de mes fautes : je n'ai pas marché dans ces combines. Ils ont senti que ça ne marchait pas avec moi et certains journalistes n'ont pas apprécié. On m'a raconté que mes prédécesseurs avaient accepté le système."

...de son futur : "Je retournerais au Cameroun si le ministre des Sports parvient à imposer sa volonté. Parce que je connais les gens et le système. Les problèmes ont commencé quand la FIFA a installé un comité de normalisation présidé par l'avocat de Samuel Eto'o, que je n'avais jamais sélectionné, ayant appris qu'il avait causé des problèmes. Le nouveau président sera élu en février. On verra mais d'ici là, je suis libre. Une seule chose est sûre : j'ai promis à ma femme d'arrêter en juillet 2019. Après, je vivrai différemment. J'espère bien pouvoir accomplir une tâche de scouting chaque semaine, aller voir un joueur et établir un rapport. Pour rester dans le coup, avoir un objectif, mais sans le stress de devoir gagner. Si rien ne s'offre à moi, tant pis. Je n'ai plus d'obligations."

...des club belges : "Après mes débuts au RWDM, six ans au Club Bruges, cinq ans à Mouscron, près de trois ans à Anderlecht et presque autant à Genk, tout était fini ! Depuis, plus personne en Belgique ne m'a demandé si j'étais intéressé par le poste d'entraîneur. Comment je l'explique ? Je me suis souvent posé la question pendant les années passées entre mes quatre murs. Via-via, j'ai appris que j'étais un entraîneur à l'ancienne. Depuis mon passage à Zulte, un seul club belge m'a téléphoné : le Cercle, pour me dire qu'il préférait Vanderbiest parce qu'il avait plus d'expérience en division deux. Le fait qu'il m'ait téléphoné était déjà fantastique. Car un moment donné, j'ai commencé à solliciter des postes, officiellement, auprès des présidents et des directeurs sportifs, mais pensez-vous que j'ai obtenu une seule réponse ? Aucune ! C'est si difficile d'envoyer une lettre ou un courriel de cinq lignes ? "Tu vois, Hugo, notre vision ou le profil de notre entraîneur ne correspondent pas au tien. Merci pour ton intérêt. Nous te souhaitons du succès." Vous pouvez comprendre que j'étais frustré et fâché ?"

Par Jacques Sys, Peter t'Kint et Christian Vandenabeele

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