"Bailly doit viser le Mondial"

27/07/17 à 15:46 - Mise à jour à 15:46

Source: Sportmagazine

Après une année en qualité de directeur sportif et administratif du Cercle Bruges, Eric Deleu est revenu à son dada : l'entraînement des gardiens de but. Au Royal Excel Mouscron cette fois. Rencontre.

"Bailly doit viser le Mondial"

Logan Bailly et son coach Eric Deleu. © BELGAIMAGE

Quel élève vous a procuré le plus de satisfactions au cours de votre carrière d'entraneur de gardiens?

Deleu : Au risque d'en surprendre plus d'un : Olivier Werner. Personne ne voulait de lui au Cercle, sous prétexte qu'il n'avait pas toujours fait l'unanimité à Mons, où il disputait la place de titulaire à Cédric Berthelin. Mais je croyais en lui et comme la décision finale était de mon ressort, j'ai obtenu gain de cause. Et je ne l'ai jamais regretté car Oli a livré une saison 2014-15 remarquable chez nous, qui lui a d'ailleurs valu, après coup, un beau transfert à Sochaux. Retaper un gardien, c'est l'un des aspects les plus grisants du métier. Et c'est la raison pour laquelle j'ai appuyé à fond la venue de Logan Bailly à Mouscron. Chacun connaît ses qualités. A 31 ans, il ne peut les avoir perdues. Pour toutes sortes de raisons, il est rentré quelque peu dans le rang ces derniers mois. Le challenge, pour lui et pour moi, c'est qu'il retrouve la superbe qui a fait de lui, voici quelques années à peine, l'un des meilleurs du pays à son poste. A mes yeux, sur le plan du talent pur, il est le numéro 3 belge derrière Thibaut Courtois et Simon Mignolet. Lors de notre premier contact, je lui ai dit qu'il devait s'inspirer de l'exemple d'Anthony Vanden Borre. Quand il est revenu à Anderlecht en 2013, d'aucuns ont ri en entendant que son ambition était de participer au Mondial quelques mois plus tard. Et force est de constater qu'il y est bel et bien parvenu. Comme quoi, rien n'est impossible. Vouloir, c'est pouvoir. Le Mondial doit être l'objectif de Logan.

Il y a une place à prendre, pour lui, dans l'optique du grand rendez-vous en Russie ?

Deleu : J'en suis intimement convaincu. Jusqu'à présent, c'est Jean-François Gillet qui occupait la 3e position dans la hiérarchie mais il a dû s'effacer à un moment donné au profit de Guillaume Hubert. Matz Sels, qui a déjà été appelé en sélection lui aussi, présente un peu le même cas de figure que Bailly : lui aussi n'a guère joué, la saison passée, à Newcastle et compte sur son prêt à Anderlecht pour retrouver ses sensations. A mon sens, ils sont sur la même ligne. Honnêtement, en matière de gardiens belges, personne ne se détache vraiment derrière les deux incontournables qui évoluent en Angleterre. Il y a donc une place à prendre dans l'optique de la Coupe du Monde.

A la différence près que Sels va jouer le titre et Bailly la lutte pour le maintien ?

Deleu : Dans les deux cas, la pression est la même. L'un va devoir faire en sorte de s'illustrer sur le peu de travail qu'il aura à effectuer, et l'autre devra se multiplier pour préserver ses filets intacts. Logan est surmotivé à l'idée d'y parvenir. Dans son contrat, une prime spéciale est d'ailleurs prévue par clean sheet. C'est assez significatif. Dans un club qui a bataillé ferme pour sa survie parmi l'élite, trois saisons de rang, il est important de pouvoir disposer d'un gardien expérimenté. Avec Logan, sur ce point, nous sommes parés. Même si je suis très agréablement surpris par le niveau de Jean Butez. Il n'a que 22 ans mais montre déjà de belles dispositions à cet âge. Le jeune Clément Libertiaux, lui, est une traite sur l'avenir.

Par Bruno Govers

Retrouvez l'intégralité de l'interview d'Eric Deleu dans votre Sport/Foot Magazine

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