Marc Degryse
Opinion

11/04/17 à 13:03 - Mise à jour à 14:45

"Anderlecht est incapable de dominer"

Pour Marc Degryse, le chroniqueur de Sport/Foot Magazine, Anderlecht manque d'audace dans son jeu pour mettre un gros coup au moral à la concurrence.

"Anderlecht est incapable de dominer"

Sofiane Hanni a été décevant face à Gand. © BELGA

Je ne vais pas m'attarder sur la dernière journée des play-offs car on a assisté à un statut quo au classement général et pas appris grand-chose non plus. L'événement, c'est ce qui va se jouer dès jeudi avec les deux quarts de finale de l'Europa League de nos deux clubs belges. Face à Gand, Anderlecht a une nouvelle fois démontré qu'il éprouve les pires difficultés à dominer une rencontre. La venue de Manchester va changer la donne puisque les Mauves pourront laisser l'initiative aux visiteurs qui restent évidemment les grands favoris de cette double confrontation.

Dimanche dernier, je n'ai par exemple pas compris pourquoi René Weiler avait décidé de retitulariser Nicolae Stanciu au détriment d'Adrien Trebel. Sofiane Hanni a, une nouvelle fois, été très décevant après avoir tout raté ou presque à Zulte Waregem. Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi le coach s'obstine à le positionner sur le coté gauche où l'on le sent très peu à l'aise.

Devant, il reste un gros point d'interrogation autour de l'état de santé de Lukasz Teodorczyk dont on a vu qu'il n'était pas à 100 % face aux Buffalos. En étant à nouveau muet, le Polonais a prouvé par l'absurde toute son importance.

Derrière, par contre, Anderlecht affiche sa solidité notamment grâce au travail de sape de Leander Dendoncker. Le duo Kara-Spahic est également bien en place, même si l'arrière sénégalais s'est bizarrement emballé à quelques moments face à Gand et ne semble pas non plus à 100 % physiquement. On l'a vu notamment se faire prendre de vitesse à plusieurs reprises.

Anderlecht manque toutefois d'audace dans son jeu pour mettre un gros coup au moral à la concurrence. On dirait même qu'ils ont peur alors qu'ils pouvaient réaliser la toute belle opération du week-end en éliminant Gand de la course au titre et en mettant Bruges à six points. Mais ce n'est pas neuf, évidemment : depuis le début de saison, Weiler a le sentiment qu'il n'a pas les joueurs pour dominer durant 90 minutes.

Reste que les résultats sont là : une première place en championnat et un quart de finale de Coupe d'Europe. Peut-on réellement en demander davantage à un coach qui découvre un club, un championnat et qui avait pour principale mission d'effectuer un grand nettoyage de l'effectif ?

Le match de ce jeudi va raviver les mémoires des grandes soirées européennes anderlechtoises. Ça fait bien longtemps que les Bruxellois n'avaient plus accueilli un hôte aussi prestigieux à un stade aussi avancé de la compétition. Je ne leur laisse qu'une chance sur dix de passer. À eux de la saisir, à l'image de Gand face à Tottenham, où la mentalité avait permis de voir le ballon tomber souvent du bon côté.

Les chances d'un accès aux demi-finales sont plus grandes du côté de Genk. C'est fou de se dire que ce club, qui a connu un changement de coach, est passé à côté des PO1, a loupé la finale de la Coupe et a perdu cet hiver Wilfred Ndidi et Leon Bailey plus Nikolaos Karelis sur blessure, et qui a disputé plus de 50 matches cette saison, pourrait accéder aux demi-finales de l'Europa League.

En tout cas, les Limbourgeois en ont les moyens car le Celta Vigo a prouvé face au Standard, notamment, que cette équipe est loin d'être inaccessible. Depuis l'arrivée du nouveau coach, Albert Stuivenberg, cette jeune équipe propose un football attractif et offensif. On peut d'ailleurs regretter pour le spectacle qu'elle ne soit pas en PO1. Genk peut et doit se montrer ambitieux l'an prochain. Reste à voir si l'équipe ne sera pas une nouvelle fois chamboulée.

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