Marc Degryse
Opinion

01/02/16 à 15:20 - Mise à jour à 15:19

"Anderlecht a mis Hasi sur un baril de poudre"

Pour Marc Degryse, le chroniqueur de Sport/Foot Magazine, le problème est profond à Anderlecht et les excuses ne tiennent pas la route.

"Anderlecht a mis Hasi sur un baril de poudre"

Filip Djuricic : peut-on miser sur un joueur dans le trou pour relever du jour au lendemain une équipe fébrile ? © BELGAIMAGE

C'est toujours la même tristesse à Anderlecht. L'équipe se fait balayer dans son stade par Charleroi et elle enchaîne avec un nouveau spectacle indigne à Saint-Trond. Pour rappel, c'est le Saint-Trond qui vient d'être plumé. Le Saint-Trond qui n'a plus Edmilson, Jean-Luc Dompé, Rob Schoofs. Une fois de plus, on n'a pas vu grand-chose chez les Mauves. Pas de système reconnaissable, pas de ligne directrice. Une question reste toujours sans réponse : où Besnik Hasi veut-il en venir ?

Et il y a toujours ces excuses qui ne tiennent pas la route. Leander Dendoncker n'était pas là... Oui... Cela suffit-il à expliquer tous les problèmes dans le jeu ? Et puis, j'ai entendu une explication encore un peu plus folle ce week-end ! Anderlecht a souffert pour gagner, en passant par la toute petite porte... à cause du terrain synthétique. Mais s'il y a bien une équipe chez nous qui est censée être à l'aise sur un synthé, c'est bien Anderlecht, non ? C'est quand même sur une pelouse pareille que les techniciens devraient se régaler. Mais ils étaient où, les prodiges techniques mauves ?

Le problème est profond, il touche tous les étages du club. J'ai l'impression que personne n'est content, que ça râle partout, des bureaux de la direction au banc de touche en passant par les gars qui sont sur le terrain et par le public. Quand des joueurs se plaignent publiquement, en stage, parce que des renforts tardent à arriver, ce n'est pas bon. Ils mettent leur manager au pied du mur, ça fait mauvais genre. En parlant de renforts, je m'interroge vraiment sur l'arrivée de Filip Djuricic. Depuis trois ans, c'est combien de matches et combien de buts, pour lui ? Est-ce qu'on peut miser sur un joueur dans le trou pour relever du jour au lendemain une équipe fébrile ?

Partager

"Anderlecht qui est censé avoir les meilleurs techniciens du championnat mais se plaint de devoir jouer sur un terrain synthétique à Saint-Trond... on croit rêver."

Les supporters jouent mal leur rôle aussi. Qu'ils réclament du jeu, qu'ils ne se contentent pas de victoires arrachées dans la douleur, je ne leur donne pas tort. Mais, être supporter, ça veut dire encourager son équipe et son staff pendant une heure et demie, chaque week-end. Ils ont le droit de manifester leur insatisfaction avant et après les matches, mais quand l'équipe est sur la pelouse, on ne peut pas leur pardonner de crier "Hasi dehors" après un quart d'heure. Le coach rame mais il n'est pas soutenu comme il devrait l'être.

Le manque de soutien envers Hasi est encore plus frappant et incompréhensible dans l'affaire Anthony Vanden Borre. Et là, j'accuse Herman Van Holsbeeck. Il n'avait pas le droit de dire que la porte du vestiaire commençait à se rouvrir éventuellement un peu pour ce joueur qui avait démoli le staff. On avait d'un côté le manager qui laissait une possibilité, de l'autre le coach qui ne voulait plus entendre parler de Vanden Borre. Et donc une nouvelle cacophonie, illustration parfaite des tendances opposées que l'on constate dans ce club. Pour moi, il n'y avait que deux issues possibles dans le dossier VDB, dès l'ouverture du mercato de janvier : le départ vers un autre club ou le C4. On a quand même bien compris depuis longtemps que ces deux-là ne pourraient plus jamais travailler sereinement ensemble. En laissant pourrir les choses, en évoquant cette réintégration possible, la direction a assis son coach sur un baril de poudre.

Je résume... L'affaire Vanden Borre, les carences énormes dans le jeu, le mécontentement du public, la mauvaise humeur des joueurs, les reproches qu'ils s'adressent publiquement après les mauvais matches, la relation délicate entre certains cadres et le management. Ça fait beaucoup pour une équipe qui évoque toujours le titre au bout du chemin. Si on ne retrouve pas très vite des gars qui osent et acceptent à nouveau de jouer avec le couteau entre les dents, je le sens très mal.

Nos partenaires