Marc Degryse
Opinion

06/02/18 à 10:30 - Mise à jour à 10:57

Anderlecht a été vendu au pire moment possible

Pour Marc Degryse, le chroniqueur de Sport/Foot Magazine, on doit vraiment se demander si Anderlecht peut encore être considéré comme un poursuivant du Club Bruges.

Anderlecht a été vendu au pire moment possible

Les Mauves étaient à la peine face à Malines. © BELGAIMAGE

Dans un championnat où la période moyenne de validité d'un entraîneur ne dépasse généralement pas un an, le cas Felice Mazzù continue à surprendre. Il confirme de semaine en semaine qu'il est occupé à faire vivre à Charleroi la plus belle saison de son histoire. Le 3-3 vu à Bruges, dimanche soir, a été le plus beau match du week-end. Mazzu est définitivement l'homme qui s'adapte très vite aux situations. S'habituer quand il perd ses meilleurs joueurs, que ce soit en été ou en hiver, il sait parfaitement le faire, il l'a suffisamment prouvé.

Cette fois, il s'est à nouveau adapté après la claque prise sur le même terrain quelques jours plus tôt. Il a changé des hommes, il a modifié le système. Au bout du compte, il est remonté dans le bus avec un point dans son sac. Mais bon, ça ne change rien à la réalité observée depuis l'été : Bruges reste seul sur son île et fonce vers le titre. Même un bon Charleroi n'a aucune chance de l'ennuyer pour le sacre. Il y a un trop grand écart entre le Club d'un côté, ses poursuivants de l'autre.

Aujourd'hui, on doit vraiment se demander si Anderlecht peut encore être considéré comme un poursuivant. Si oui, c'est à distance et rien ne devrait changer. Quelle tristesse, ce match nul à domicile contre Malines! On parle ici d'un adversaire qui restait sur une série catastrophique avec une longue accumulation de défaites. Ce que j'ai vu ? Une équipe d'Anderlecht qui me faisait penser à une équipe jouant son premier match de préparation avant une nouvelle saison. Pas de ligne de conduite, pas d'automatismes, des joueurs en dessous du niveau d'Anderlecht. Il y a des jeunes, des débutants. Mais aussi des valeurs soi-disant confirmées qui n'y sont pas. Quand Hein Vanhaezebrouck se plaint d'individualités, sans les citer, j'imagine qu'il pense directement à des gars comme Leander Dendoncker et Sven Kums. Ils sont censés être des leaders de cette équipe en difficulté mais ils ont beaucoup de mal à assumer leur statut.

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" Kums mettait tous les penalties avec Gand. Mais à Anderlecht, il ne serait même pas sur la liste des tireurs. Il faut qu'on m'explique. "

Et puis, il y a cette histoire de penalties ratés, une mauvaise histoire qui recommence. Contre Waasland Beveren, c'est Kenny Saief qui a loupé. Contre Malines, c'est Ryota Morioka qui a fauté. Mais depuis quand laisse-t-on tirer les penalties à des joueurs qui viennent de débarquer et qui doivent encore tout découvrir dans leur nouveau club ? Il faut se souvenir des grandes années de Gand où il y avait un tireur attitré qui les mettait presque tous au fond. C'était Sven Kums... Aujourd'hui, on apprend qu'il ne serait même plus sur la liste des tireurs d'Anderlecht, il faut m'expliquer.

Hein Vanhaezebrouck est fâché, frustré, irrité, je peux le comprendre. Il a passé tout le mois de janvier à constater qu'il n'y avait pas d'argent pour renforcer son noyau. On peut s'étonner qu'il n'y ait pas de budget alors que le club va être repris par un Marc Coucke qui a des moyens énormes. C'est simplement - et malheureusement - un problème purement juridique. À la reprise, début mars, les comptes du club doivent être dans le même état qu'au moment où la revente a été finalisée, fin décembre. C'est pour ça qu'il est interdit de faire des dépenses.

Je comprends évidemment que tout le monde respecte parfaitement la réglementation dans cette affaire, je comprends aussi qu'on se soit pressé de vendre avant la fin de l'année 2017 pour ne pas pénaliser fiscalement certains actionnaires. Mais si on avait patienté, en programmant par exemple la revente vers le mois de mai, on n'aurait pas les conséquences sportives que l'on observe aujourd'hui. Et pas les conséquences financières à prévoir, parce qu'entre participer à la prochaine Ligue des Champions et ne pas y aller, il y a un terrible écart.

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