Sterling, l'homme qui valait 68 millions

23/07/15 à 10:30 - Mise à jour à 22/07/15 à 18:18

Source: Sportmagazine

Le passage de Raheem Sterling de Liverpol à Manchester City est l'un des temps forts du mercato. Mais qui est donc ce jeune Anglais qui vaut 68 millions d'euros ?

Sterling, l'homme qui valait 68 millions

En passant de Liverpool à Manchester City pour 68 millions d'euros, Raheem Sterling est devenu le deuxième transfert le plus cher de Premier League. © AFP

" Je pense qu'il n'y pas meilleur entraîneur pour Raheem Sterling que Brendan Rodgers, qui croit beaucoup en lui. Il est dangereux de tout vouloir tout de suite. S'il reste à Liverpool, il peut devenir un phénomène comme Fernando Torres ou Luis Suarez. " Avant de rallier Los Angeles, Steven Gerrard, le patron des Reds, distillait quelques conseils au jeune Sterling. Mais il n'en a pas tenu compte.

Raheem Shaquille Sterling grandit à Kingston, capitale de la Jamaïque. Dans une ville où la drogue et la violence sont monnaie courante, c'est sa grand-mère qui s'occupe de lui. Dès ses cinq printemps, il part vivre à Londres avec sa mère. Il habite à un jet de pierre de Wembley. Un endroit tellement mythique pour lui qu'il se fait tatouer l'arche du nouveau stade et la station de métro sur le bras. Raheem n'a que neuf ans lorsque son père est assassiné dans son pays natal.

Suite à cela, il s'improvise très vite adulte et sa mère, Nadine, joue un grand rôle dans sa vie. Il en rigole même. " Elle se prend pour José Mourinho. J'essaye de l'écouter car, la plupart du temps, elle a raison mais parfois, elle se mêle de choses qui ne la regardent pas. " Ce qui ne l'a pas empêché de se faire tatouer cette phrase sur l'intérieur du biceps : Thank you mama for the nine months you carried me, through all the pain and suffering. (Merci maman de m'avoir porté pendant neuf mois, d'avoir souffert et supporté la douleur, nldr).

En 2012, Heemio - le surnom que lui ont donné ses potes parce qu'il aime jongler comme un Brésilien - devient déjà papa d'une petite Melody Rose. " La meilleure chose qui me soit arrivée ", dit le médian offensif qui, il y a deux ans, lui a pourtant souhaité bon anniversaire avec une semaine d'avance sur Twitter. Rapide sur le terrain, il l'est aussi dans la vie. Parfois un peu trop, même...

Sterling a dix ans lorsqu'il effectue ses premiers pas au centre de formation des Queen's Park Rangers. A quatorze ans, malgré sa petite taille, il évolue déjà en U18. " Je n'avais pas peur des grands ", dit-il. " Pour moi, c'était un défi. Le football n'est pas une question de taille mais de maniement de ballon. "

QPR part en tournée en Allemagne et, quand Sterling s'échauffe le long de la ligne, il entend les supporters allemands se moquer de lui. Mais ils ne rigolent pas longtemps. Dès qu'il monte au jeu, il dribble les raides défenseurs de l'équipe locale. " C'était très drôle ", se souvient son ex-coach, Mark Langton.

Heemio termine sa formation à Londres mais il ne jouera jamais en équipe première à Loftus Road. En 2010, alors qu'il n'a que quinze ans, Liverpool lui fait une proposition qu'il ne peut pas refuser. Sterling n'hésite pas et signe. Selon Gianni Paladini, ex-président des Hoops, QPR a pourtant tout fait pour le conserver.

" Nous lui avons même offert une superbe maison. " Aujourd'hui encore, le club londonien est très fier de son ex-protégé. " Il est la preuve vivante que nous pouvons former de bons jeunes ", dit Steve Gallen, son ancien coach en U16, qui le surnommait The Magician.

" C'est fou tout ce qu'il peut faire avec un ballon. Il a tout : de la vitesse, de la technique, de l'équilibre et de la vista. Je n'ai jamais vu un joueur comme lui. Il est tout simplement fantastique ! "

Par Matthias De Langhe et Steve Van Herpe

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