Ronaldo et Zidane, la lune de miel perdure

03/05/17 à 16:00 - Mise à jour à 14:35

Source: Afp

C'est un couple qui dure! Triple buteur en demi-finale de Ligue des champions, Cristiano Ronaldo a prolongé mardi son idylle avec l'entraîneur Zinédine Zidane. Et voilà le Real Madrid proche de fêter ses noces d'or: un éventuel doublé Liga-C1, inédit au club depuis 1958.

Ronaldo et Zidane, la lune de miel perdure

© Reuters

Triple ban pour Ronaldo

Presque à lui tout seul, "CR7" a éconduit l'Atletico (3-0) en demi-finale aller, dégageant la voie de la finale avant le match retour mercredi prochain. "Cristiano est le patron", a titré le quotidien sportif As. "Un Cristiano hors du commun laisse l'Atletico K.O.", a écrit Marca.

"Je suis de cette planète", a réagi mercredi Ronaldo, souvent qualifié d'extraterrestre dans la presse. "Quand on s'implique et qu'on travaille dur, les choses arrivent naturellement."

Le Portugais n'avait pas marqué en C1 entre septembre et avril mais depuis, il a inscrit huit buts, cinq en quarts contre le Bayern Munich (2-1, 4-2 a.p.) puis trois mardi. Des statistiques affolantes pour le quadruple Ballon d'Or, qui pourrait égaler son rival argentin Lionel Messi avec un cinquième trophée s'il continue d'étinceler.

"Le but, il a ça en lui, alors que d'autres l'ont moins. C'est pour ça qu'il est unique", s'est enthousiasmé Zidane.

Si une partie de la presse espagnole crédite désormais Ronaldo de 400 buts depuis 2009 avec le Real, d'autres médias s'en tiennent à 399 à cause d'un but officiellement attribué à Pepe en 2010.

Quoi qu'il en soit, en huit ans à Madrid, Ronaldo a toujours dépassé les 30 buts par saison toutes compétitions confondues (35 en 2016-2017). Des chiffres dont Zidane, sourire aux lèvres, s'est dit lundi "un peu jaloux" en tant qu'ancien joueur.

Un déménagement progressif

A 32 ans, Ronaldo a fait évoluer son jeu et "ZZ" n'est pas pour rien dans son repositionnement progressif en attaquant de pointe.

"Il a mis presque 400 buts comme ailier gauche et on ne peut pas l'oublier. Mais avec ses qualités, il peut parfois jouer dans une autre position", résumait le technicien français vendredi.

De fait, puisque ses dribbles sont moins dévastateurs qu'autrefois, et que son sens de la finition reste sa grande force, il est logique de vouloir le rapprocher de la surface.

Mardi, il a fait admirer son sens inné du but: son jeu de tête et sa détente sur le premier (10e), sa maîtrise de frappe sur le deuxième (73e). Et son sang-froid sur le dernier, avec un contrôle en pleine surface suivi d'un plat du pied (86e).

"Il parachève sa reconversion", a écrit dans un éditorial Alfredo Relaño, directeur du journal As. "Il n'a plus cette incroyable accélération sur 50 mètres, mais il garde sa voracité et son instinct de buteur."

Mariage heureux pour le Real ?

Excepté un jour sans contre Barcelone le 23 avril (défaite 3-2), Cristiano Ronaldo semble aborder le sprint final en trombe.

Certes, sa première partie de saison a été compliquée, entre méforme, sifflets du stade Bernabeu et accusations de fraude fiscale présumée. Mais après avoir prolongé en novembre son contrat jusqu'en 2021, le Portugais revit.

Là aussi, Zidane y est peut-être pour quelque chose: il a réussi à imposer du repos à ce boulimique de matches. "Je me sens en forme, je me suis préparé pour être bien pour la phase finale du championnat et de la Ligue des champions", a reconnu Ronaldo.

Avec "CR7", "ZZ" est de son propre aveu un entraîneur heureux: "Je vis quelque chose de fou", a-t-il lancé mardi. Et il peut espérer offrir au Real sa troisième finale de C1 en quatre ans après celles remportées en 2014 et 2016 contre l'Atletico.

Le défi fait rêver: décrocher la "Duodecima", la 12e C1 du club, devenir la première équipe à conserver le titre européen depuis l'AC Milan en 1990... Et gagner aussi le Championnat d'Espagne, où le Real, à égalité avec le Barça (81 pts), garde son destin en main avec un match de moins.

Cela fait plus d'un demi-siècle que la "Maison blanche" n'a pas remporté la même saison Liga et C1: c'était en 1957 et en 1958, à l'époque dorée de l'attaquant Alfredo Di Stéfano. Un mythe dont Cristiano Ronaldo est le digne héritier.

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