Platini : pas de contrat écrit pour les 1,8 million d'euros reçus de Blatter

19/10/15 à 11:30 - Mise à jour à 11:30

Source: Belga

Michel Platini admet que le versement controversé de 1,8 million d'euros reçu du président de la FIFA Joseph Blatter en 2011 ne procède pas d'un contrat écrit mais d'un accord "d'homme à homme", dans une interview au Monde lundi.

Platini : pas de contrat écrit pour les 1,8 million d'euros reçus de Blatter

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"De toute manière, j'ai appris depuis qu'en droit suisse, un contrat oral vaut comme un contrat écrit", poursuit le président de l'UEFA, qui "trouve honteux d'être traîné dans la boue" et réaffirme son intention de briguer la succession de Blatter à la présidence de la FIFA. "C'était un truc d'homme à homme. Il allait devenir président de la FIFA. La FIFA! J'avais confiance", ajoute Platini au sujet de Sepp Blatter. Il sous-entend en outre que le Suisse est à l'origine des révélations sur ce versement qui a valu aux deux hommes leur suspension de 90 jours par la commission d'éthique de la FIFA: mais "même s'il veut me tuer politiquement, je garde un peu d'affection pour ce que nous avons vécu ensemble".

Contrat écrit ou simplement tacite: la nature de l'accord qui a donné lieu à ce fameux versement est une question centrale depuis qu'a été révélé ce paiement de 1,8 million d'euros à Platini en 2011, pour des travaux de conseiller effectués de 1999 à 2002. L'absence de contrat écrit pourrait en effet conduire des Fédérations européennes à retirer leur soutien au Français, comme l'a déjà fait la Fédération anglaise vendredi dans l'attente de la fin des procédures judiciaires en cours.

"Un tel paiement exige qu'il y ait un contrat, (sinon) nous ne pourrons plus soutenir (Platini)", avait ainsi asséné il y a une semaine le Danois Allan Hansen, membre du comité exécutif de l'UEFA.

Dans son interview au Monde, Platini donne des détails sur ce versement. Selon lui, l'accord avait été scellé avec Blatter en 1998, lorsque ce dernier, nouvellement élu à la tête de la FIFA, lui avait proposé d'être son "conseiller pour le foot".

Le Français raconte la conversation suivante: "+Combien tu veux+, demande Blatter. Je réponds: +Un million+. +De quoi?+ +De ce que tu veux, des roubles, des livres, des dollars+. A cette époque, il n'y a pas encore l'euro. Il répond : +D'accord, un million de francs suisses par an+".

Platini réaffirme que ce paiement, intervenu en 2011 soit neuf ans après la fin du travail supposé, est le solde de la somme totale. "J'aurais mieux fait de demander une reconnaissance de dette et ainsi, rien de tout cela ne serait arrivé", dit-il, en assurant ne pas être "un homme d'argent".

Blatter avait sous-entendu vendredi, en parlant d'un "gentleman's agreement", que le paiement controversé n'était pas basé sur un contrat écrit. "C'était un contrat que j'avais avec Platini, un gentleman's agreement, et il a été mis en oeuvre, je ne peux pas donner de détails", avait déclaré le Valaisan de 79 ans à la radio suisse RROTV.

Suspendu 90 jours par la commission d'éthique de la FIFA, comme Platini, Blatter fait l'objet d'une procédure pénale de la justice suisse pour deux raisons: ce versement de 1,8 million d'euros mais aussi un contrat avec le Caribéen Jack Warner par lequel il lui aurait cédé en 2005, très en dessous de la valeur du marché, les droits de diffusion télévisée dans la région des Mondiaux 2010 et 2014. Aux yeux de la justice suisse, Blatter a le statut de prévenu et Platini celui de témoin assisté.

Soupçons de corruption au Mondial 2006

Le parquet de Francfort se penche sur la procédure d'attribution du Mondial-2006 de football à l'Allemagne en 2000, avec un examen préliminaire qui visera à établir s'il existe un soupçon de corruption, a indiqué lundi la procureure générale Nadja Niesen.

"Il pourrait s'agir de corruption, de fraude ou de malversation", a déclaré au SID, filiale d'information sportive de l'AFP, la procureure de la capitale financière allemande, qui abrite aussi le siège de la fédération allemande de football (DFB). "Nous n'avons pas encore lancé d'enquête (formelle), nous le ferons si le soupçon se confirme ", a-t-elle ajouté.

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