On a retrouvé Mémé Tchité en Roumanie : "Bruges ? Je ne veux plus parler à ces hypocrites"

13/05/15 à 09:00 - Mise à jour à 12/05/15 à 17:50

Source: Sportmagazine

Seul joueur à avoir évolué pour le Standard, Anderlecht et le Club Bruges, Mémé Tchité joue désormais en Roumanie, au Petrolul Ploiesti, et garde de la rancoeur envers le Club Bruges et la Fifa.

On a retrouvé Mémé Tchité en Roumanie : "Bruges ? Je ne veux plus parler à ces hypocrites"

Mémé Tchité dans son nouveau cadre de travail au Petrolul Ploiesti, en Roumanie. © BELGAIMAGE

Mémé Tchité a choisi de vivre dans un hôtel sans luxe de Ploiesti. Bucarest n'est qu'à une heure de route, et là-bas, c'est l'Europe, une ville moderne. Presque tous ses coéquipiers y sont installés. Lui, il a préféré ne pas se disperser. Priorité à son come-back. Et donc, il occupe une chambre de cet établissement qui appartient au directeur technique du Petrolul. On passe à table. On veut connaître toute son histoire, en savoir plus sur les détours qui l'ont amené en Roumanie.

A peine installé, il lance : "Je vais être obligé de te parler beaucoup de Bruges. Ce qu'on m'a fait là-bas, c'est ce qui a provoqué tous mes problèmes. Les gens ne connaissent pas la vérité. C'est trop simple de faire croire que j'ai perdu ma place au Club pour des raisons sportives, de dire que je n'étais plus assez bon pour le top du championnat de Belgique. Ça me fait mal que les gens aient gardé cette image-là de moi."

Il nous fait le récit de son "mariage complètement raté" avec le Club. "Je signe là-bas en 2012 pour une raison précise : la direction m'a promis de solutionner mon dossier équipe nationale, de convaincre la FIFA de me laisser jouer avec les Diables. On me dit que Michel D'Hooghe va arranger ça. S'il n'y a pas les Diables, je quitte la Belgique à ce moment-là. En signant à Bruges, je me dis que ça va être plus simple, et eux, ils jouent là-dessus pour me convaincre de signer. Mais je me rends vite compte que ce n'est pas gagné. Les dirigeants m'ont demandé de retirer ma plainte contre la FIFA, je l'ai fait, mais ils commencent à me dire que le dossier, finalement, est assez compliqué.

Et après une demi-saison, ils me mettent un coup de poignard. Alfred Raoul, mon agent, m'appelle : -C'est quoi ce truc avec la Chine ? On me dit que tu vas signer là-bas. Je ne suis au courant de rien. Puis, c'est la direction d'un club chinois qui me téléphone : -Tout est arrangé avec Bruges, vous n'avez plus qu'à venir signer votre contrat. Bruges a tout organisé dans mon dos. Georges Leekens a sauté, mon dossier équipe nationale est mal, ils ne comptent plus sur moi."

Un long bras de fer commence. "Juan Carlos Garrido me fait de moins en moins jouer, il me dit que je ne suis pas à 100%. Il ment. Il n'est que le ventriloque de la direction qui veut me pousser à bout, me dégoûter, me faire exploser la tête, me faire partir. Je lui dis : -Arrête tes conneries, ce n'est pas toi qui décides. Plus tard, il me l'avouera. Dès ce moment-là, c'est fini pour moi. Ma tête n'est plus à Bruges. Ce qu'ils m'ont fait avec cette histoire de transfert en Chine, c'est nul, c'est con, c'est non professionnel, c'est un manque de respect total.

Je suis encore à Bruges la saison suivante parce qu'il n'y a pas eu d'offre qui convenait au Club et à moi pendant l'été, et je fais ce qu'on me dit : les entraînements avec le noyau B. Pas de problème. Quand je croise les gens du staff, je ne leur dis même plus bonjour. Mon histoire avec Bruges est terminée. Je ne veux plus parler à ces hypocrites, je suis logique avec moi-même."

Même l'arrivée de Michel Preud'homme, qui lui a offert son premier contrat pro au Standard et a essayé entre-temps de l'attirer en Arabie Saoudite, ne change rien. "Il veut que je retourne dans le groupe pro. Je mets deux conditions : j'exige de pouvoir parler enfin à Bart Verhaeghe et Vincent Mannaert, les yeux dans les yeux, je veux les voir, les entendre, les... sentir ; et je veux qu'on casse mon contrat à la fin de la saison. Il me reste un an, je laisse tomber une somme énorme mais je m'en fous, c'est le prix de la liberté que je veux retrouver. Ils acceptent. Finalement, je rejoue très peu. Logique. Impossible de me reconcentrer sur le Club, comme s'il y avait un cadenas que je n'arrivais plus à ouvrir."

Par Pierre Danvoye à Ploiesti

Retrouvez l'intégralité de l'article consacré à Mémé Tchité dans votre Sport/Foot Magazine

Nos partenaires