Le match Real Madrid-PSG, un blockbuster, dans la catégorie thriller

14/02/18 à 16:22 - Mise à jour à 16:22

Source: Afp

Un roi d'Europe à la peine, un ambitieux désireux de le détrôner: Real Madrid ou PSG, le vainqueur du huitième de Ligue des champions plongera son adversaire dans le doute et la crise. Premier versant de ce sommet mercredi à Madrid.

Le match Real Madrid-PSG, un blockbuster, dans la catégorie thriller

Le Real de Cristiano Ronaldo a perdu de sa superbe. © AFP

- 'Jusqu'à la mort'

Cette affiche, "au centre du football mondial" selon l'entraîneur parisien Unai Emery, est aussi un monument de la trouille... Même si le Madrilène Luka Modric s'en défend - "la peur, ça n'existe pas dans le football, surtout pas pour le Real Madrid" -. Pour AS, un des médias partisans du Real, le duel oppose quand même un "champion", le Real, à un "aspirant", le PSG.

Mais s'il a remporté les deux dernières Ligues des champions et la Liga la saison dernière, le Real de Cristiano Ronaldo a perdu de sa superbe. Il n'a plus que la reine des compétitions de clubs pour sauver son année et son entraîneur Zinédine Zidane est sous le feu des critiques de la presse malgré le soutien de ses joueurs. "Nous sommes avec lui jusqu'à la mort", a asséné mardi le défenseur Marcelo.

Quant au PSG, dont l'entraîneur sera en fin de contrat en juin sauf qualification pour les demi-finales, il a déboursé plus de 400 millions d'euros sur le marché des transferts l'été dernier pour attirer la superstar Neymar et la puissance montante Kylian Mbappé, et ne peut se permettre d'être éliminé dès les huitièmes. A plus d'un titre.

- Oubliée, la 'remontada'?

Le club français doit d'abord faire oublier son humiliation de la saison dernière, au même palier à Barcelone (4-0, 1-6). "Nous avons parlé peu mais de manière très claire de ces moments-là", a plaidé Emery mardi soir. "Dans les circonstances où les choses ne se passent pas bien, on apprend beaucoup." Cible des critiques ce soir-là, le capitaine parisien Thiago Silva ne serait pas titulaire à Madrid, a annoncé L'Equipe mercredi. C'est Presnel Kimpembe qui pourrait être titularisé à sa place.

Une élimination prématurée aurait aussi des conséquences d'ordre financier pour le PSG: moins de recettes billetterie et moins de recettes en terme de droits TV. Ce n'est pas anecdotique pour un club sommé d'équilibrer son budget afin d'éviter des sanctions de l'UEFA, dans le cadre du fair-play financier.

Et plusieurs médias ont évoqués ces derniers temps une cour assidue du Real Madrid envers Neymar. Une sortie de route pourrait lui donner des envies d'ailleurs. "Les supporters du Real aiment les bons joueurs, Neymar est un grand joueur et je crois que chaque équipe voudrait avoir Neymar", a glissé malicieusement Marcelo.

- Duel Neymar-Cristiano

Ce serait une petite revanche pour le Real et son président Florentino Perez, qui avaient voulu faire signer l'été précédent Kylian Mbappé, finalement passé de Monaco au Paris SG. Neymar "n'est pas déstabilisé, il sait très bien contrôler ses émotions, la pression", a plaidé Marquinhos mardi soir.

En attendant, une autre star voudra aussi briller mercredi: Cristiano Ronaldo, de retour en forme, a une bonne occasion de rappeler que le meilleur buteur de cette édition de la Ligue des champions, c'est toujours lui (9 buts contre 6 pour "Ney"). Et qu'il est quintuple Ballon d'Or, un trophée dont le Brésilien rêve. "Qui est le N.2?" dans la hiérarchie mondiale, derrière Messi bien sûr, s'est demandé le quotidien Mundo Deportivo mercredi.

A Paris, la menace est plus collective et la presse catalane a perfidement relevé mardi que le PSG, qui a battu le record de buts inscrits en phase de poules avec 25 réalisations, tournait à plus de quatre buts de moyenne par match européen. Alors que le Real encaisse beaucoup de buts cette saison (13 en 10 matches en 2018).

- Souvenir de 'Mister George'

Mais l'expérience compte dans ces matches sous pression et de ce point de vue, il n'y a pas photo entre une "Maison blanche" aux 12 titres continentaux face à un PSG version qatari encore jeune. C'est d'ailleurs sur cette expérience, couplée au mot "Respect", que le quotidien madridiste Marca a fait sa 'Une' mercredi.

Toutefois, le PSG peut se rappeler qu'il avait déjà gagné au Bernabeu, en Coupe d'Europe des vainqueurs de coupe 1993-94 grâce à George Weah, devenu depuis président du Libéria. L'Equipe a de son côté osé la référence historique en enjoignant le PSG de "renverser le roi".

"On sait que le Real Madrid a beaucoup plus d'expérience que le PSG en Ligue des champions, mais ca ne veut pas dire qu'il va être meilleur", a pour sa part observé l'éphémère directeur du football du PSG, Patrick Kluivert, au micro de la Cadena SER. L'ancien Barcelonais s'attend en tout cas à "un duel de titans", lors de ce huitième de finale dont l'affiche et le casting n'auraient pas dépareillé le 26 mai prochain à Kiev, où se jouera la finale de la Ligue des champions.

Même si Gareth Bale pourrait n'être que remplaçant, selon la Cadena COPE, il y aura en tout cas des stars à la pelle (Karim Benzema, Sergio Ramos, Marquinhos Edinson Cavani...), un public en nombre - 4.000 supporters parisiens sont attendus, dont 500 à 700 ultras selon les sources -, un décor grandiose, le Bernabeu et ses quelque 80.000 places et sans doute beaucoup de suspense. Mais le blockbuster sera aussi un peu un film d'angoisse...

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