La France "folle de joie" fête sa deuxième étoile

16/07/18 à 11:21 - Mise à jour à 11:21

Source: Afp

Les supporters de l'équipe de France, "fous de joie" après la victoire de leurs champions au Mondial, ont continué à klaxonner, chanter, jeter pétards et fumigènes jusque tard dimanche soir partout en France.

La France "folle de joie" fête sa deuxième étoile

© AFP

La fête aura été perturbée par des incidents sporadiques, notamment à Paris, Lyon, Marseille et Ajaccio. A Paris, un homme a été hospitalisé après avoir été grièvement blessé d'un coup de casque au cours d'une violente rixe, près de Champs-Elysées.

. Folie

Sur les Champs-Elysées et dans les rues alentour, pendant des heures, la folie n'a pas faibli. Des centaines de milliers de fans en bleu blanc rouge ont crié leur joie dans la fumée des fumigènes, sur fond de bruit de pétards et de cornes de brume, jusqu'à ce que des incidents finissent par faire partir peu à peu la foule.

A Rennes, aux rues envahies par les fumigènes, des supporters se sont baignés dans des fontaines. A Nantes des dizaines de jeunes se sont juchés sur la fontaine de la Place Royale.

"Champagne! Champagne! Champagne!", chantent en sautant un groupe de supporters, verre de bière à la main, sur la place Kléber, à Strasbourg. Selyan, 4 ans, habillé en joueur de football, est ébahi par l'ambiance festive: "On est Champions du monde", sourit le garçonnet, fan de Paul Pogba et Antoine Griezmann. Son père, Rachid Pahloul, 42 ans, confie ressentir "de la fierté d'être français. "On a envie de partager la joie, ça fait du bien".

En concert au Stade de France avec Beyoncé, Jay-Z est apparu sur scène vêtu d'un maillot de l'équipe de France frappé de deux étoiles, ajoutant à l'euphorie du public. Quelques chansons plus tard, c'est au tour de son épouse d'arborer elle aussi un maillot des Bleus, avec un mini-short en jean.

Souvenir

Comme des milliers de personnes, Fabien Amiraut, 39 ans, a rejoint la Grand Place de Lille: "C'est magique cette victoire. Je me revois il y a 20 ans, ado, quand on avait fêté le premier titre mondial. Les années ont passé mais la passion est restée intacte. Je suis heureux comme un gamin, comme en 1998. Aujourd'hui il y a même un grand soleil à Lille et la seule chose qui tombe du ciel c'est de la bière. Que demander de plus ?! C'est fantastique".

A Strasbourg, une coiffe tricolore sur la tête, Pierre Schuck, 31 ans, est "fou de joie". "La défaite en 2006 a été un traumatisme, cette victoire, ça répare tout", s'enthousiasme-t-il, reconnaissant avoir "eu peur pendant le match, parce que les Croates ont mieux joué que nous, mais on a été plus réalistes".

A Toulouse, Jean-Claude Hennequin fête la victoire avec ses fils de 16 et 14 ans: "En 98 j'étais dans le stade, c'était magique, et je le revis aujourd'hui avec mes fils et c'est grandiose de les voir, 20 ans après, vivre ce que j'ai vécu".

"Je comprends mieux mes parents quand ils me disaient que 98 était un moment mémorable même s'ils n'aimaient pas le foot!", affirme Léa Laffitte, 17 ans.

Bravo et merci !

"C'est en France qu'on l'a gagnée", s'affiche en grand sur l'Arc de triomphe: dans la nuit, sont projetées, une à une, les photos des joueurs avec leur ville d'origine: "Antoine, Mâcon", "Paul, Lagny-sur-Marne", "Nabil, Villeurbanne" etc...

Place de la République, plusieurs dizaines de personnes sont juchées sur la statue de Marianne, où a été tagué un "Cimer (merci) les Bleus".

"Bravo Deschamps. Il a super bien géré. Et pourtant j'avais vraiment envie de voir Zidane entraîneur de l'équipe de France", dit Gilles Lopez, en vacances du Pyla-sur-Mer (Gironde), où il a du mal, dans la joie tranquille d'un camping très "famille", à retrouver le "délire" du sacre de 1998.

A Bondy, deux heures après la victoire des Bleus et du fils du pays, Kylian Mbappé, il y a toujours autant de coups de klaxon et d'embouteillages. Des jeunes torses nus sur les toits et les capots des voitures brandissent des drapeaux français, des centaines de personnes sont rassemblées devant la mairie.

. Incidents

Quelques incidents ont éclaté dans la soirée à Paris, où une trentaine de jeunes ont pillé le Drugstore Publicis des Champs-Elysées, avant d'être dispersés par les forces de l'ordre, à coup de gaz lacrymogène. Les CRS ont aussi essuyé des jets de projectiles sur l'avenue en fin de soirée, répliquant par des gaz lacrymogène. Vers 00H30, la police, appuyée par des fourgons et des lanceurs d'eau, avaient achevé de faire place nette sur l'avenue.

Un homme a été gravement blessé après avoir reçu un violent coup de casque lors d'une rixe survenue vers 21h10 à proximité des Champs, a rapporté un photographe de l'AFP. L'homme a été hospitalisé dans un état grave, selon une source policière.

A Lyon, l'ambiance a dégénéré place Bellecour et les forces de l'ordre ont chargé en direction d'une centaine de jeunes.

A Marseille, "il y a eu de nombreux jets de projectiles, deux membres des forces de l'ordre ont été blessés, et 10 personnes interpellées", selon la police, avant un retour au calme.

A Ajaccio, quelques échauffourées ont éclaté entre supporters de l'équipe de France qui fêtaient la victoire, et des personnes affirmant soutenir la Croatie.

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