L'arbitrage vidéo fait débat chez les Bleus d'abord, et ailleurs plus tard sans doute

29/03/17 à 11:24 - Mise à jour à 11:29

Source: Belga

Pour sa première utilisation en France, l'arbitrage vidéo a fait débat chez les Bleus, très divisés après la défaite en amical contre l'Espagne (2-0), au cours de laquelle la vidéo a conduit l'arbitre à refuser un but d'Antoine Griezmann pour hors-jeu et valider un but espagnol mardi.

L'arbitrage vidéo fait débat chez les Bleus d'abord, et ailleurs plus tard sans doute

© Getty Images/iStockphoto

"Cela a un peu tué notre match", a ainsi jugé le latéral gauche Layvin Kurzawa, très sceptique. Avant la vidéo, "tout le monde faisait des erreurs. Les arbitres aussi. Ca faisait partie du foot. Cela devrait continuer comme ça".

L'attaquant Kevin Gameiro n'avait pas l'air vraiment convaincu non plus: "Cela casse un peu la beauté du match, mais comme je l'ai dit, on était prévenu avant le match, on savait comment ça allait se passer. C'est difficile de se prononcer. Les deux situations étaient contre nous", a-t-il expliqué en zone mixte.

A l'inverse, le milieu de terrain Tiémoué Bakayoko, qui a honoré sa première sélection, considère que "ça va aider le football" pour éviter les éventuelles erreurs de l'arbitre. "J'y suis plutôt favorable. Cette fois, ça a été en faveur des Espagnols, c'est comme ça".

Le sélectionneur Didier Deschamps a de son côté "débriefé" le penalty avec l'arbitre. "Et l'arbitre vidéo confirme bien le contact. Si ça permet de corriger des erreurs comme ç'a été le cas ce soir, même si c'était en notre défaveur, ça me semble bien pour l'équité sportive", a-t-il ajouté.

Griezmann n'est "ni pour, ni contre". "S'ils (les instances internationales) ont envie de le mettre, ils le mettront, sinon, on continuera à jouer au football". "Ce n'est pas déstabilisant, mais chiant parce qu'il faut attendre pour célébrer le but", a-t-il témoigné.

'Il faut s'adapter'

Le capitaine et gardien Hugo Lloris "pense que c'est une bonne chose parce que cela rend les décisions justes". "Maintenant, cela peut tuer également le ressenti après un but. On a tous cru au but. Il a fallu quelques secondes, minutes, pour que la décision soit changée. Il faut en tenir compte. On n'est pas habitué à cela dans le football. Ce sont des choses nouvelles, s'il faut s'adapter à cela, on le fera", a-t-il réagi.

Pour ce match, l'arbitre central allemand Felix Zwayer était assisté d'un arbitre vidéo, une première en France.

L'assistance vidéo peut être utilisée dans quatre situations de jeu seulement: après un but marqué, sur une situation de penalty, pour un carton rouge direct ou pour corriger une erreur d'identité d'un joueur sanctionné.

Griezmann pensait ouvrir le score à la 48e et avait même célébré son but avec le banc. Mais l'arbitre a fait appel à la vidéo et a annulé le but à cause d'un hors-jeu. En fin de match, la vidéo lui a permis également de valider le deuxième but espagnol.

L'arbitrage vidéo n'est pas encore formellement autorisé par l'International Board (Ifab), l'organisme garant des règles du football, mais est en phase de test dans plusieurs pays.

L'Ifab doit se prononcer en mars 2018. Le président de la Fifa Gianni Infantino souhaite sa mise en place définitive pour la Coupe du monde 2018 en Russie.

L'assistance vidéo avait déjà été testée une première fois lors d'un match international, une rencontre amicale entre l'Italie et la France, le 1er septembre. L'arbitre s'en était servi à deux reprises.

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