Kimpembe, l'homme qui a déconnecté MSN

08/03/17 à 10:30 - Mise à jour à 10:41

Source: Sportmagazine

Quasi inconnu avant ce fameux 4-0 contre Barcelone, Presnel Kimpembe a littéralement écoeuré la meilleure attaque du monde. La raison de sa titularisation ? La blessure de Thiago Silva. On peut dire que le destin a frappé à sa porte.

Kimpembe, l'homme qui a déconnecté MSN

Kimpembe contre Saint-Étienne. © Icon Sport

1m83, 67 kg ... C'est visiblement assez pour bousculer le trio MSN quand on s'appelle Presnel Kimpembe ! Premier match de Champions League pour le défenseur de 21 ans, et pas n'importe lequel : le Barça, s'il vous plait ! Pour son baptême dans la cour des grands, un seul mot vient à l'esprit : Waw !

La fougue, le sang-froid, l'anticipation, ... Presnel n'a tout simplement pas froid aux yeux et impose son style avec ses tatouages et ses cheveux, parfois rouges, parfois blonds. Deux actions résument assez bien sa personnalité : son dribble audacieux entre Messi et Suárez alors qu'une perte de balle était plus que probablement synonyme de but. Et la double charge sur Leo au bord du rectangle parisien. Le quintuple Ballon d'Or est impuissant, à l'image de son regard lors du 3-0 de Di Maria.

L'âme d'un leader

"Quel patron !", "Kimpembe est sorti de sa boite et a fait taire la MSN", s'exclament les commentateurs de BeIN Sports. En effet, le numéro 3 a mis les trois lions en cage en leur montrant qui était le maître ce soir-là. Toutefois, s'il se montre agressif et hargneux sur le terrain, il n'en est pas de même en dehors. Sur les réseaux sociaux, on remarque que la famille est très importante pour le jeune de 21 ans, avec des photos de sa soeur, son frère, ses cousins, etc. Amoureux des animaux, il est également propriétaire de deux chiens : Letty et Nala.

So Foot le dit bien : "La blessure de Thiago Silva s'est transformée en bonne nouvelle pendant 90 minutes". Les supporters étaient pourtant inquiets suite au forfait de dernier instant du Brésilien. Remplacer le capitaine n'est jamais simple. Mais Presnel a honoré Thiago, sur qui il a avoué "prendre exemple", au point d'épater la légende néerlandaise Patrick Kluivert : "Je tiens à lui faire une mention spéciale. C'est un joueur formé au PSG, qui a su qu'il allait être titulaire la veille du match".

Pur produit parisien, il débute à 6 ans comme attaquant à l'AS Éragny, où il restera 3 saisons, avant de rejoindre le centre de formation du Paris Saint-Germain en 2005. Devenu défenseur, il dispute ses premiers matchs importants en Youth League 2013-2014. L'équipe termine deuxième de son groupe, devant Anderlecht et derrière Benfica, mais est éliminée en quart par les jeunes du Real Madrid.

Un rêve qui devient réalité

Les choses sérieuses commencent l'année suivante avec sa promotion dans le noyau A. Il ne faudra pas attendre longtemps avant de voir son nom figurer sur une feuille de match. Le 12 août 2014, il est repris contre Guingamp, lors du Trophée des champions mais ne décolle pas du banc.

Fan de longue date du club francilien, il doit toutefois patienter jusqu'à la 10e journée pour goûter une première fois à la Ligue 1, au stade Félix Bollaert de Lens. Déjà à l'époque, les indisponibilités conjuguées de Thiago Silva, David Luiz et Lucas Digne jouent en sa faveur. Cependant, les 15 minutes que lui offre Laurent Blanc ce soir-là seront ses seules de la saison en championnat. Un quart d'heure qui lui permet tout de même d'ouvrir son palmarès en mai avec un titre de champion de France. L'autre bonne nouvelle de sa saison, c'est la signature de son premier contrat pro, en mars 2015.

L'année suivante, le Parisien grimpe doucement les échelons jusqu'à devenir le quatrième défenseur central du PSG, à seulement 20 ans. Titulaire pour la première fois contre Lorient en novembre, Kimpembe est aligné aux côtés de Thiago Silva et Maxwell. Il laisse sa place à la mi-temps pour un troisième brésilien, Marquinhos. À l'issue de l'exercice 2015-2016, il totalise 8 titularisations, toutes compétitions confondues.

Presnel contre Nantes.

Presnel contre Nantes. © Anthony Dibon/Icon Sport

Confirmation

Le malheur des uns fait le bonheur des autres ... Au début de cette saison, le Franco-Congolais profite une nouvelle fois de la blessure du capitaine (et du départ de Marquinhos aux JO de Rio) pour être aligné au coeur de la défense avec David Luiz, qui partira à Chelsea quelques semaines plus tard. Le nouvel entraîneur, Unai Emery, lui fait confiance pendant 6 journées de championnat, jusqu'au retour de Silva. Le numéro 3 retourne alors sur le banc. Durant l'absence du Brésilien, Paris n'encaisse que 4 buts et ne perd qu'une fois, contre Monaco.

Son talent précoce n'a évidemment pas échappé aux sélectionneurs nationaux. Alors qu'il joue un premier match avec les espoirs de la République Démocratique du Congo en 2014, il décline ensuite les appels du pied de l'équipe A auxquels il préfère les U20 français.

Cependant, il ne renie pas ses origines africaines, comme on peut le voir sur une photo, habillé de son sponsor Adidas, avec le rappeur franco-ivoirien Kaaris. Mais la marque aux trois bandes n'est pas suffisante pour cet adepte de la sape, mode vestimentaire provenant du Congo. Lunettes rondes, casquette, montre, jean troué, Jordan aux pieds, Presnel aime être stylé en toute circonstance.

7 matches internationaux plus tard, il intègre la sélection espoir de Pierre Mankowski où il forme une charnière centrale séduisante avec Aymeric Laporte, le talentueux arrière central de Bilbao.

Presnel sous le maillot des Bleus.

Presnel sous le maillot des Bleus. © AFP

Mais le meilleur reste à venir. La date du 7 octobre 2016 restera gravée à jamais dans la mémoire du natif de Beaumont-sur-Oise. Suite à la blessure d'Eliaquim Mangala, il est repris chez les Bleus de Didier Deschamps pour les matchs qualificatifs de la Coupe du Monde 2018 face à la Bulgarie et les Pays-Bas. S'il ne foule pas la pelouse à cette occasion et est absent de la liste suivante, face à la Suède, cette première sélection en appelle sans doute encore bien d'autres.

Des statistiques dignes des plus grands

En 2016-2017, le défenseur de 21 ans compte déjà 13 présences dans l'équipe de départ en Ligue 1. Certaines de ses statistiques rendraient jaloux les plus grands défenseurs actuels : 91% de tacles réussis, 93,8% de passes réussies et seulement 16 fautes commises.

À l'inverse, d'autres montrent que le numéro 3 manque encore d'expérience : 59,7% de duels et 53% de duels aériens gagnés, peu pour un défenseur. Il a également reçu 6 cartons jaunes en 13 matchs. En comparaison, Thiago Silva n'en a pris qu'un seul, en 21 rencontres.

Quoi qu'il en soit, Presnel est un joueur très talentueux et possède ce "petit quelque chose" qui pourrait faire de lui l'un des plus grands d'Europe à son poste. Mais ne nous avançons pas trop car "un destin à la Mamadou Sakho n'est pas à écarter", comme l'explique So Foot. Une chose est sûre, on n'oubliera pas l'épisode du Parc des Princes de sitôt.

Par Lorenz Blanco (st.)

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