Euro : la finale France - Portugal, un duel Griezmann - Ronaldo ?

09/07/16 à 20:38 - Mise à jour à 10/07/16 à 09:54

Source: Afp

La France rêve d'une fin en apothéose chez elle et d'un 3e sacre continental. Le Portugal rêve d'un premier titre majeur. Antoine Griezmann et Cristiano Ronaldo rêvent du Ballon d'Or. La réalité, c'est la finale de l'Euro-2016 dimanche au Stade de France (19h00 GMT).

Euro : la finale France - Portugal, un duel Griezmann - Ronaldo ?

Antoine Griezmann et Cristiano Ronaldo. © AFP/Bertrand Langlois

Portés par tout un peuple baignant dans une douce euphorie, tombeurs des champions du monde allemands en demi-finale (2-0), les Bleus comptent bien perpétuer la tradition en l'emportant de nouveau à domicile après 1984 (Euro) et 1998 (Mondial). Et ranger un 3e Euro dans la collection après celui de 2000 gagné à Rotterdam.

"On va bien préparer cette bataille. Il y a cette petite étincelle qui nous guide", confie le capitaine français Hugo Lloris.

Traumatisé par les attentats de 2015, plombé par un climat social toujours lourd, le pays organisateur aimerait trouver un exutoire à ses difficultés.

Rien n'a été simple pour Didier Deschamps et ses joueurs, ni pour leurs supporters passés par tous les états, du stress à la joie extatique. Sans briller dans le jeu jusqu'aux quarts, les Bleus ont mis du coeur pour conquérir celui des Français au départ sceptiques. Les voilà à une marche d'une entrée de plain-pied dans la légende bleue et d'une rédemption totale, six ans après le fiasco de Knysna et la grève de l'entraînement en pleine Coupe du monde 2010.

Griezmann sur les traces de Platini et Zidane

Griezmann

Griezmann © AFP

Il y a 18 ans, le héros français se nommait Zinédine Zidane. En 1984, il s'appelait Michel Platini. Ces deux monstres sacrés ont peut-être trouvé leur successeur avec Antoine Griezmann. Meilleur buteur de l'Euro avec six réalisations en six rencontres, le joueur de l'Atletico Madrid est à 25 ans au sommet de son art. "Grizou", graine de Ballon d'Or, a assumé le rôle de leader d'attaque en l'absence de Karim Benzema, écarté pour sa mise en examen dans l'affaire du chantage à la sex-tape.

Et si le porte-bonheur des Bleus était tout simplement leur sélectionneur? Quatre ans après sa prise de fonctions, l'ex-capitaine des champions du monde et d'Europe 1998 et 2000 est en mesure de consolider sa réputation de gagneur invétéré en devenant le premier à rafler un Euro en tant que joueur titulaire et technicien. L'Allemand Berti Vogts, sélectionneur vainqueur de l'Euro-1996, était dans le groupe de la RFA, championne d'Europe en 1972, mais n'avait pas joué une seule minute.

Les Bleus, qui n'ont jamais perdu contre les Portugais en phase finale, feraient pourtant mieux de se méfier. "La France joue chez elle, c'est naturel qu'elle soit favorite mais le Portugal doit gagner", a tranquillement asséné Fernando Santos, coach de la Selecçao.

Son équipe a suscité les sarcasmes pour son jeu minimaliste, mais elle possède en CR7 une arme fatale capable de ruiner la soirée des Français.

CR7, réparer l'anomalie

Euro : la finale France - Portugal, un duel Griezmann - Ronaldo ?

© BELGA

L'astre du Real Madrid a tout gagné en clubs mais reste bredouille en équipe nationale. A 31 ans, il possède une occasion unique de réparer l'anomalie. Peut-être la dernière.

Le triple Ballon d'Or a lui aussi tenu à bout de bras son équipe. Sa "Madjer" au 1er tour face à la Hongrie (3-3) et sa détente verticale phénoménale sur son coup de tête victorieux en demi-finale contre le Pays de Galles de Gareth Bale (2-0) resteront parmi les images fortes de cet Euro.

Le sélectionneur Fernando Santos a également su donner les clés de l'entre-jeu à la pépite Renato Sanches, la révélation de la compétition. Le futur joueur du Bayern Munich, âgé de seulement 18 ans, a crevé l'écran en France et sera l'une des attractions de la finale.

Pour contrer Griezmann, le Portugal retrouve sa pièce maîtresse en défense, Pepe, qui avait dû faire une croix sur la demi-finale pour soigner sa blessure. "Je suis prêt à jouer, Je suis bien", a assuré le joueur, qui a soulevé la Ligue des champions avec Ronaldo et le Real le 28 mai à Milan.

Si la fièvre bleue a gagné le pays organisateur, la Selecçao misera elle sur le soutien de la communauté portugaise en France, forte de 1,2 million de personnes.

Souvent placés, jamais vainqueurs dans les grands tournois, le Portugal et CR7 vont tenter de changer le cours de l'Histoire. Sans pitié pour leurs voisins français.

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