Marc Degryse
Opinion

15/11/16 à 12:00 - Mise à jour à 14:24

De Bruyne est le dirigeant des Diables

Pour Marc Degryse, le chroniqueur de Sport/Foot Magazine, le repositionnement de Kevin De Bruyne est une très bonne chose et il aimerait que l'expérience soit réitérée contre une grande équipe.

De Bruyne est le dirigeant des Diables

Kevin de Bruyne aligné au côté d'Axel Witsel : une réussite. © VI IMAGES / Gerrit van Keulen

Le match face aux Pays-Bas était une déception, dans tous les sens du terme. Ce choix de jouer sans attaquant de pointe, c'est une expérience à ne plus reproduire. Parce que Dries Mertens, puis Kevin De Bruyne n'ont pas trouvé leurs marques à ce poste, et parce que ça laissait les quatre attaquants sélectionnés sur le banc. C'est du temps perdu. On a eu droit à un match joué au ralenti, sans rythme, un vrai match amical. Pourtant, c'était quand même contre les Pays-Bas. Ce match n'avait plus rien d'un derby, face à un adversaire vraiment triste, qui ne peut plus compter sur la moindre qualité individuelle.

J'étais énervé après Amsterdam, mais mon sentiment s'est inversé dimanche à Bruxelles. Dès les premières minutes, on a mis la pression et joué à un rythme très élevé. Tout était là dans la première demi-heure, c'était vraiment spectaculaire. En pointe, Romelu Lukaku a certainement livré son match le plus complet chez les Diables rouges. Il a pesé sur la défense, a été important pour l'équipe, impressionnant par sa technique dans les petits espaces, et en plus il a marqué deux buts. La confiance que lui accorde Roberto Martinez lui fait beaucoup de bien, et il ne faudra pas attendre longtemps pour qu'il devienne le meilleur buteur de l'histoire des Diables.

Derrière lui, c'était aussi exceptionnel. Eden Hazard a brillé, Dries Mertens a confirmé sa bonne forme du début des qualifications avec des buts et des actions de grande classe, et même Yannick Carrasco et Thomas Meunier sont étincelants dans ce système. On sent que ce 3-4-3 décuple l'envie des joueurs. Ils ont de la liberté offensive, et ils prennent énormément de plaisir sur le terrain.

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"En défense, il faut prévoir de nouveaux candidats pour la Russie. Kompany et Vermaelen resteront toujours un point d'interrogation."

Mais la bonne surprise, plutôt inattendue, c'est la présence de Kevin De Bruyne aux côtés d'Axel Witsel, là où on avait l'habitude de voir un Marouane Fellaini ou un Steven Defour. On avait besoin de quelqu'un pour commencer nos actions de plus bas, et Kevin a vraiment été le dirigeant de l'équipe. Son jeu long, la vitesse qu'il met dans le jeu, sa faculté à voir les choses plus vite que les autres et le fait qu'il soit toujours prêt à recevoir la balle, c'est un régal. En plus, il a un moteur incroyable. Il donne toujours l'impression de pouvoir jouer jusqu'au lendemain matin. En étant dans cette zone, il était aussi plus éloigné d'Hazard, et ils ne se marchaient pas sur les pieds. Au contraire, De Bruyne pouvait trouver Eden plus facilement, il l'a fait à plusieurs reprises grâce à sa vision du jeu sensationnelle. La question, maintenant, c'est de savoir si on pourra aussi jouer comme ça contre une grande équipe. Personnellement, je pense que oui, car jouer avec autant de bons joueurs fera mal à n'importe quel adversaire.

Les Diables ont démarré la campagne avec des chiffres impressionnants, même si c'était face à de petites équipes. Maintenant, je pense que Martinez doit arrêter de faire des essais devant, mais surtout se concentrer sur la défense. On avait beaucoup d'absents, mais même en Russie l'état de forme de Thomas Vermaelen et de Vincent Kompany restera un point d'interrogation. Leander Dendoncker a été bon face à l'Estonie, plus rassurant que Christian Kabasele qui ne m'a pas complètement convaincu face aux Pays-Bas. Rappeler Timmy Simons était la bonne solution pour ce dimanche, mais ce ne sera plus le cas dans un an et demi au Mondial. Il faut donc prévoir de nouveaux candidats, et les scouter de près, pour éviter de se retrouver avec un problème qu'on a déjà connu en France, quand il a fallu jouer un quart de finale avec Jason Denayer et Jordan Lukaku sur le terrain.

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