Climat anxiogène en France à l'approche de l'Euro

02/06/16 à 13:48 - Mise à jour à 13:47

Source: Afp

L'Euro-2016, le premier à 24 équipes, est censé être une grande fête populaire... Mais à une semaine du coup d'envoi, le climat est anxiogène en France, entre craintes d'attentats, grèves dans les transports et des Bleus cernés par les polémiques sur le racisme et par les blessures.

Climat anxiogène en France à l'approche de l'Euro

Le Stade de France. © BELGAIMAGE

Le ministère américain des Affaires étrangères a prévenu ses ressortissants cette semaine: "Les stades de l'Euro, les fan zones et tous les lieux qui diffuseront le tournoi en France et à travers l'Europe représentent des cibles potentielles pour des terroristes."

Risques d'attentat

La France sait qu'elle est visée depuis l'année 2015. Et si le symbole tragique du 13 novembre reste l'attaque contre le Bataclan. Mais le football aussi était visé puisque trois kamikazes se sont fait exploser autour du Stade de France, faisant un mort et plusieurs dizaines de blessés, alors que s'y déroulait un match amical des Bleus contre l'Allemagne.

Les fan-zones cristallisent les craintes et sont au coeur d'un débat permanent: faut-il maintenir ces lieux de rassemblement de masses installés dans les dix villes hôtes pour accueillir les supporters (Bordeaux, Lille, Lens, Lyon, Marseille, Nice, Paris, Saint-Denis, Saint-Etienne et Toulouse)? Six Français sur dix (64%) sont opposés à leur suppression, tout en estimant qu'il est risqué de s'y rendre, selon un sondage Fiducial-Odoxa publié lundi.

Le préfet de police de Paris a même proposé la fermeture de la fan-zone du Champ-de-Mars les jours de match au Parc des Princes et au Stade de France, dans une lettre au ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve en date du 26 mai. Dans ce courrier, Michel Cadot invoque "l'état d'épuisement avancé" des forces de l'ordre.

Mouvements de grève

La France sera-t-elle paralysée pendant l'Euro par des mouvements sociaux sur fond de contestation de la loi travail ? La guerre des nerfs continue entre le gouvernement et les opposants à la loi: les grèves reconductibles perturbent de nouveau les transports à huit jours du match d'ouverture France-Roumanie au Stade de France.

En pointe de la mobilisation, le patron de la CGT, Philippe Martinez, a accusé l'exécutif de refuser le dialogue, renvoyant au gouvernement la responsabilité d'éventuels blocages pendant l'Euro. Il a promis cette semaine "la plus forte mobilisation depuis trois mois".

Une bonne nouvelle est venue malgré tout pour le gouvernement. "A ce jour, quatre syndicats sur cinq ont signé un protocole, ce qui veut dire qu'il n'y aura pas de perturbations ce week-end dans l'aérien", a annoncé jeudi le secrétaire d'Etat aux Transports Alain Vidalies sur France Info.

Accusations de racisme et polémiques

Karim Benzema, écarté de l'équipe de France pour sa mise en examen dans l'affaire de la sex-tape contre son équipier en Bleu Mathieu Valbuena, a provoqué un cyclone médiatique en accusant son sélectionneur Didier Deschamps d'avoir "cédé à la pression d'une partie raciste de la France".

La classe politique s'est immédiatement indignée contre ces propos, bientôt suivie par le monde sportif.

Et les Bleus dans tout ça ? "Les déclarations de Benzema peuvent déstabiliser le groupe, même si les joueurs de l'équipe de France vont dire que non", a prévenu Lilian Thuram, champion du monde 1998, sur France Info.

L'équipe de France n'avait pas besoin de ça, touchée par une avalanche de blessures (Raphaël Varane, Jérémy Mathieu, "Lass" Diarra) qui fragilisent son secteur défensif.

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