CAN : une troisième finale Égypte-Cameroun

03/02/17 à 17:30 - Mise à jour à 17:53

Source: Sportmagazine

L'Égypte s'opposera au Cameroun pour le titre de la Coupe d'Afrique des nations. C'est la troisième fois que les deux équipes s'affronteront en finale du tournoi, et les Pharaons en sont toujours sortis vainqueurs (1986 et 2008). Retour sur le parcours des deux finalistes.

CAN : une troisième finale Égypte-Cameroun

Mohamed Salah célébrant son but face au Burkina Faso. © Anadolu Agency

Les Lions indomptables entament mal la compétition avec une égalité face au Burkina Faso, malgré une domination évidente. Le Cameroun prend une longueur d'avance sur un magnifique coup-franc de Benjamin Moukandjo à la 35e. Les Étalons parviennent tout de même à arracher un point à 15 minutes de la fin grâce à Issoufou Dayo.

De leur côté, les Égyptiens font de même avec un nul contre le Mali, qui n'est pourtant pas réputé comme un redoutable adversaire. L'attaquant de Mouscron, Mahmoud Hassan, surnommé Trezeguet pour sa ressemblance avec le célèbre buteur français, n'a pas eu la même efficacité que son sosie.

Le réveil des deux équipes

Cependant, les deux effectifs ont rattrapé leur erreur lors de la journée suivante. Les hommes du Belge Hugo Broos l'emportent sur la Guinée-Bissau au terme d'un match difficile pour les Camerounais. En effet, les Lycaons ont ouvert le score très tôt (13e), et de quelle manière ! Une course balle au pied de plus de 60 mètres de l'attaquant Piqueti qui finit son action individuelle en fusillant la lucarne de Fabrice Ondoa. Sans doute l'une des plus belles réalisations de la CAN.

Mais les Lions indomptables portent bien leur nom et marquent sur deux frappes lointaines du joueur côtier Sébastien Siani (61e) et de Michael Ngadeu-Ngadjui (79e). Une victoire méritée avec plus du double de tirs de leur adversaire (17 contre 8).

Quant à l'Egypte, elle s'impose in extrémis face aux Grues de l'Ouganda. Rentré à la 59e minute à la place de Tarek Hamed, le trentenaire Abdallah El-Said conclut une action de dernière minute (89e) entre les jambes de Denis Onyango. Changement gagnant pour l'Argentin Héctor Cúper.

Après deux journées compétition, le Cameroun est en tête du groupe A avec 4 points, le Burkina-Faso et le Gabon se partageant la deuxième place avec 2 points. En ce qui concerne le groupe D, l'Egypte est deuxième avec 4 points, derrière le Ghana comptant 6 points.

Le moment décisif

Le plus dur reste donc à venir pour les Pharaons car les Black Stars ont toujours été une des meilleures équipes d'Afrique. En effet, le Ghana est le pays ayant participé au plus grand nombre de finales de la CAN (9), mais est aussi celui qui en a perdu le plus (5).

Cependant, les Égyptiens peuvent compter sur le Romain Mohamed Salah. Et le numéro 10 ne s'est pas fait prier : un coup-franc puissant laissant le gardien ghanéen sur place. Plus aucun but ne sera marqué durant la rencontre. Les rouge et blanc terminent premiers de leur groupe.

Pour leur dernier match, les hommes d'Hugo Broos affrontent le Gabon, pays organisateur. Ils doivent absolument éviter la défaite s'ils espèrent atteindre les quarts. La tâche s'annonce difficile avec la présence de Pierre-Emerick Aubameyang chez les Panthères. Le match se termine sur un décevant 0-0, qui voit les hommes de José Antonio Camacho éliminés de leur propre tournoi après un troisième nul. Les Camerounais, eux, accèdent au tour suivant en finissant à la deuxième place de leur groupe, après la victoire 2-0 du Burkina Faso contre la Guinée-Bissau, qui prend donc la tête avec un but de plus.

Quatre matchs, deux rivalités

Pour les quarts de finale, les deux équipes sont chacune tombées sur leur rival. Le Sénégal pour le Cameroun, le Maroc pour l'Égypte. Les Lions de la Téranga ont déjà disputé une finale de la CAN contre les Lions indomptables en 2002, remportée aux tirs aux buts par ces derniers.

Et c'est ce qui est encore arrivé ! 120 minutes et le marquoir toujours bloqué à zéro. Les numéros 10 de chaque effectif se sont chargés de tirer les derniers. Sadio Mané, évoluant à Liverpool, voit sa frappe stoppée par le gardien camerounais. Vincent Aboubakar termine le travail en transformant le pénalty de la gagne. Direction les demis donc, et grosse désillusion pour le Sénégal, grand favori de cette édition.

Concernant le duel entre les Pharaons et les Lions de l'Atlas, les hommes d'Héctor Cúper ont connu le même scénario que lors du match face à l'Ouganda. Cette fois-ci, Abdallah El-Said n'est pas buteur mais passeur. Après un corner botté par le numéro 19, c'est Mahmoud Kahraba qui vient mettre le pied sur un cafouillage pour offrir le ticket des demi-finales à son équipe. Il était par ailleurs entré en jeu à la 63e minute. Encore un changement gagnant.

Essam El Hadary, le sauveur égyptien

Les Pharaons après leur victoire aux tirs au but contre le Burkina Faso.

Les Pharaons après leur victoire aux tirs au but contre le Burkina Faso. © Icon Sport

Place maintenant au dernier carré. Le Burkina-Faso, la grande surprise de la compétition, va tenter l'exploit contre les rouge et blanc. Les 90 premières minutes se soldent par une égalité, avec encore un magnifique tir enroulé de Mohamed Salah, qui marque son deuxième but du tournoi. Mais les Étalons égalisent moins de dix minutes après grâce à Aristide Bance. Rien à se mettre sous la dent pendant les prolongations. Vient le moment des tirs aux buts. C'est là qu'Essam El Hadary montre qu'il a encore des réflexes à 44 ans en arrêtant les deux derniers pénaltys de ses adversaires. Ce qui permet à son pays d'être qualifié pour la finale.

Le Cameroun, lui, bat le Ghana 2-0 par l'intermédiaire de Michael Ngadeu-Ngadjui (72e) et Christian Bassogog (93e). Les frères Ayew n'ont pas réussi à dompter les Lions.

Réponse dimanche

L'Égypte a le plus grand palmarès avec sept titres à son actif. Le Cameroun et le Ghana suivent avec quatre titres chacun. En cas de victoire dimanche, les Pharaons auront donc le double de trophées que les deux pays subsahariens.

À noter qu'aucun pays arabe n'a soulevé le trophée depuis 2010 (Égypte). En effet, ce sont la Zambie (2012), le Nigéria (2013) et la Côte d'Ivoire (2015) qui se sont imposés. Peut-être est-ce la fin d'un cycle. Réponse dimanche 5 février, coup d'envoi à 20h (heure belge).

Par Lorenz Blanco (st.)

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