"Ça me fait bizarre de me dire que les jeunes me voient comme un ancien"

23/02/17 à 16:00 - Mise à jour à 16:23

Source: Sportmagazine

5 ans après son arrivée à Monaco, Nabil Dirar fait figure de taulier dans un vestiaire monégasque rempli de jeunes talents. Sport/Foot Magazine l'a rencontré à Monaco. Extrait.

"Ça me fait bizarre de me dire que les jeunes me voient comme un ancien"

Tout roule pour Dirar avec Monaco, qui occupe la tête de la Ligue 1. © BELGAIMAGE

Nabil, tu auras 31 ans le 25 février et ça fait cinq ans que tu es arrivé sur le Rocher. Tu es d'ailleurs l'un des quatre joueurs du groupe actuel (avec Raggi, Germain et Subasic) à avoir encore connu la Ligue 2. Est-ce que cela fait de toi un des leaders du vestiaire monégasque ?

NABIL DIRAR : Oui, qu'on le veuille ou non, on commence à prendre de l'âge, il faut l'accepter. C'est vrai que quand je regarde en arrière, ça me fait parfois bizarre de me dire qu'aujourd'hui les petits jeunes me voient comme un ancien. Tenir un peu le vestiaire, servir de passeur entre les plus anciens et les plus jeunes, essayer de faire passer le message entre le coach et les joueurs, c'est un rôle que j'apprécie. C'est nouveau pour moi, mais je pense que cela se fait finalement assez naturellement. La relève n'attend pas, à moi de parvenir à transmettre toute mon expérience.

Tu es d'ailleurs vice-capitaine derrière Falcao cette saison. Tu t'imaginais dans ce rôle-là il y a encore quelques années ?

DIRAR : Attends, ça ne veut pas dire que je suis vieux hein (rire) ! Les jeunes comme Bakayoko, Mbappé, Lemar, Bernardo Silva sont peut-être là, mais moi je ne lâche rien, je suis toujours là à les chambrer, je mets l'ambiance, etc. Le foot, ça doit rester un plaisir et moi le plaisir je le prends avec les jeunes, parce qu'ils ne se prennent pas la tête. Ils ne se soucient pas trop de ce qui se passera demain. Pour eux le foot, c'est juste une passion, ils ne le considèrent pas encore comme un travail, comme c'est le cas pour nous. J'aime bien la mentalité de cette nouvelle génération.

C'est ça qui explique le contraste saisissant entre le Monaco des dernières années qui peinait à gagner un match avec la manière et la version 2016-2017 qui écrase tout sur son passage ?

DIRAR : Sans doute, parce qu'on avait pratiquement la même équipe l'année passée, mais les jeunes dont je viens de parler n'avaient pas encore la même importance dans le vestiaire. C'était la saison de la découverte pour eux. Cette année, ils confirment. Tout leur semble si simple, c'est impressionnant et forcément ça participe à la bonne ambiance du vestiaire ainsi qu'à nos bons résultats actuels.

À titre personnel, tu as attaqué la saison dans la peau d'un titulaire avant de te blesser. Aujourd'hui, tu es de retour, mais le système a changé et Leonardo Jardim privilégie un système à deux pointes. Est-ce que ce n'est pas ça qui risque de te pénaliser dans les semaines à venir ?

DIRAR : La vérité, c'est que pour l'instant l'équipe tourne à merveille et qu'il n'y a rien à reprocher aux joueurs. Tout le monde fait son job, le danger vient de partout, il n'y a rien à redire. Je suis conscient que mes blessures du début de saison m'ont pénalisé puisque encore maintenant, je joue avec une légère fracture au niveau des côtes, mais je ne vais pas me plaindre pour autant. Je ne suis pas du genre à jalouser les titulaires. D'ailleurs honnêtement, dans la configuration actuelle, si je peux jouer 10 ou 20 minutes chaque semaine, c'est déjà très bien. Après, évidemment je suis un compétiteur et je veux récupérer ma place de titulaire à terme. Mais là, je sais que je ne suis pas encore prêt pour ça. Quand je serai à 100 %, ce sera un autre débat.

Il n'empêche, ça ne te manque pas parfois cette sensation d'être l'homme providentiel, la vedette de l'équipe comme c'était le cas à ton arrivée ici, ou avant à Bruges ou Westerlo ?

DIRAR : Si parfois, mais encore une fois, il faut accepter de prendre de l'âge et d'avoir des joueurs qui sont plus compétents que toi pour certaines choses. Ceci dit, la différence reste marquante par rapport à mes débuts ici à l'hiver 2011 où j'avais énormément de pression sur les épaules. J'étais le gros transfert de la Ligue 2 à l'époque, et on attendait logiquement de moi que je fasse la différence. Ce n'était pas forcément facile à supporter. Je me suis senti beaucoup mieux une fois que les transferts ont commencé à se faire et que Ranieri est arrivé (en remplacement de Marco Simone, ndlr).

Par Martin Grimberghs à Monaco

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Nabil Dirar dans votre Sport/Foot Magazine

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