"Au zoo, les Chinois photographiaient les cheveux bouclés de ma fille"

25/01/17 à 10:00 - Mise à jour à 10:37

Source: Sportmagazine

Xavier Chen et Julien Gorius ont tous les deux joué en Chine, ils racontent leur expérience asiatique. Extrait.

"Au zoo, les Chinois photographiaient les cheveux bouclés de ma fille"

Xavier Chen et Julien Gorius connaissent bien le championnat chinois. © BELGAIMAGE

Vous parveniez à avoir une vie sociale?

CHEN: Pas vraiment. Pendant ma première et ma troisième année, je logeais à l'hôtel avec les autres joueurs. Parfois, il m'arrivait de croiser l'entraîneur dans le couloir, le soir. Impossible, donc, d'oublier le football et de penser à autre chose. Le seul moment de détente, c'était lorsque j'allais faire les courses au supermarché avec ma copine. On comptait les jours qui nous séparaient des prochains achats. (il rit)

GORIUS: Tu te souviens de ta première visite au supermarché?

CHEN: (il rit) Il faut s'imaginer la scène: un blanc qui se promène entre les rayons et des dizaines de Chinois qui ne veulent rien manquer du spectacle. Lorsqu'on passait à la caisse, les gens observaient pendant de longues secondes ce que contenait notre caddie. On était une sorte d'attraction, surtout ma petite amie belge. Ces gens n'étaient pas mal intentionnés, mais c'était parfois déstabilisant. C'est une réaction humaine. Un Belge se comporterait-il différemment s'il était confronté pour la première fois à un Noir ou à un Asiatique?

Vous n'avez jamais essayé de chasser ces gens?

CHEN: Parfois, on faisait une blague à ceux qui se montraient un peu trop curieux. Un jour, un homme s'est littéralement penché sur notre caddie pour regarder les articles qui s'y trouvaient. Lorsque c'était à mon tour de passer à la caisse, j'ai ajouté dix boîtes de préservatifs dans ma charrette. J'ai entendu un grand: waw!

GORIUS: On a connu pire à Changchun. Ma fille a des cheveux bouclés, ce qui est tout à fait inhabituel en Chine. Lorsque les gens voyaient les cheveux de ma fille, ils s'arrêtaient pour les toucher. Ma femme est devenue folle. On a quitté quitté le zoo, car tout le monde nous embêtait. Les Chinois regardaient plus ma fille que les animaux. Ils la prenaient même en photo, surtout ses cheveux.

Quel genre de contacts aviez-vous avec vos équipiers chinois?

GORIUS: Il n'y avait pas beaucoup d'interaction. Dans mon équipe, il n'y avait que trois Chinois qui balbutiaient un peu d'anglais. -Hello ! Everything OK? Ça se limitait à ça. Sur le terrain, la communication était difficile aussi. Je ne comprenais pas mes coéquipiers, et inversement. Mais le plus compliqué, c'était encore de retenir les prénoms. Il m'arrivait de devoir demander au traducteur comment un tel joueur s'appelait. Il me répondait quelque chose d'incompréhensible. Je voulais surtout savoir comment le prénom s'écrivait, car c'est tout de même la base pour pouvoir le prononcer. La plupart des Chinois avaient des difficultés avec mon nom également. Ils m'appelaient Juli.

CHEN: Xavier, c'était imprononçable pour eux. Donc, ils m'appelaient Xavi. (ilrit)

Par Alain Eliasy

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Xavier Chen et Julien Gorius dans votre Sport/Foot Magazine

En savoir plus sur:

Nos partenaires