Allemagne-Italie: Quand les mots ne servent à rien

01/07/16 à 15:37 - Mise à jour à 15:37

Source: Afp

Jamais l'Allemagne n'a pris le dessus sur l'Italie dans un tournoi majeur, mais quand ces deux mastodontes et leurs quatre coupes du monde chacun se croisent, les statistiques et "les mots ne servent à rien", résume le milieu de la Nazionale Alessandro Florenzi. Le choc des quarts de finale de l'Euro, c'est samedi à Bordeaux (21h00).

Allemagne-Italie: Quand les mots ne servent à rien

© AFP

"Pourquoi devrais-je être traumatisé par l'Italie ?", s'est ainsi emporté Toni Kroos, quand un journaliste a évoqué l'invincibilité italienne qui dure depuis huit matchs. "Moi, je les ai battus en demi-finale de l'Euro Espoirs 2009, donc mon bilan contre eux est équilibré", a répondu plus diplomatiquement Mats Hummels. Un discours que pourraient reprendre Manuel Neuer, Jerome Boateng, Mesut Özil et Benedikt Höwedes, eux aussi présents ce jour-là.

Côté Azzurri (1 Euro gagné contre 3 côté allemand), on voit également très bien le danger qu'il y aurait à se reposer sur ce bilan flatteur en confrontations directes. "On ne se prépare pas en disant: +On a gagné celui d'avant, on gagnera le suivant+, ça passe par tout le travail", a averti Florenzi.

"On a regardé des vidéos comme on l'a toujours fait, nous chercherons les défauts de cette équipe, qui en a peu. On y travaille, on cherchera. Les mots ne servent à rien, seulement les faits sur le terrain", insiste-t-il.

Aux oubliettes, donc, la demi-finale d'il y a quatre ans, remportée à Varsovie par les Italiens (2-1) sur un doublé de Mario Balotelli.

"Les faits parlent pour eux, ils sont champions du monde, ils gagnent plein de matchs, ils ont confiance", ajoute Florenzi, combattif: "nous, la confiance on la conquiert petit à petit, match après match, entraînement après entraînement".

Poker menteur italien

Vainqueurs très convaincants du tenant du titre espagnol au tour précédent, la Nazionale arrive lancée malgré l'absence certaine de Thiago Motta, suspendu, et le poker menteur autour de Daniele De Rossi, incertain. En cas d'absence du régulateur au milieu de terrain, c'est Marco Parolo qui devrait descendre d'un cran en pointe basse du milieu de terrain et il serait par remplacé par Stefano Sturaro.

Ce serait certainement une perte qualitative importante, ce dernier n'étant même pas titulaire à la Juve, mais une absence que doit pouvoir absorber une équipe dont le sélectionneur prône la primauté des idées sur le talent.

Côté allemand, tout le monde est à la disposition du sélectionneur Joachim Löw, et les spéculations vont bon train sur un éventuel "coup" tactique qui verrait l'abandon du 4-5-1 pour un 3-3-3-1 aligné lors de l'amical remporté 4-1 en mars contre la Nazionale.

Boateng serait alors entouré de Höwedes et Hummels dans l'axe pour contrer les deux pointes italiennes.

Une deuxième ligne avec Joshua Kimmich et Jonas Hector excentrés et Khedira dans l'axe, une troisième ligne avec Kroos, Özil et Müller, et le seul Gomez en pointe complèteraient ce schéma.

'Coup' tactique de Löw

Une titularisation de Bastian Schweinsteiger n'est pas non plus à écarter totalement, même s'il faudrait pour cela sacrifier soit Khedira, le joueur qui connaît le mieux l'Italie puisqu'il joue à la Juve, soit Kroos ou Özil.

En 2012, Löw avait déjà tenté un "coup", en laissant Thomas Müller sur le banc pour densifier son axe avec Khedira, Schweinsteiger et Kroos, et essayer ainsi de gêner Andreas Pirlo. C'est aujourd'hui encore considéré comme sa pire décision en dix ans dans le staff de la sélection, même si le doublé de Balotelli devait beaucoup à des erreurs individuelles.

L'équipe d'Italie d'Antonio Conte n'ayant plus des individualités du calibre de Pirlo, la nécessité de s'adapter à son jeu semble cependant moins pressante pour la Mannschaft.

L'abandon d'un système qui a permis jusqu'ici à l'Allemagne d'être à la fois l'équipe qui tire le plus au but et celle qui en essuie le moins paraîtrait hasardeux.

Et cela viendrait contredire quelque peu Löw, lorsqu'il jurait ses grands dieux que l'Allemagne "n'était pas traumatisée par l'Italie".

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