Jacques Sys
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Jacques Sys, rédacteur en chef de Sport/Foot Magazine.
Opinion

11/01/16 à 17:59 - Mise à jour à 17:58

2015, l'année De Bruyne !

Kevin De Bruyne a éclaboussé de son talent l'année écoulée. Que ce soit en Bundesliga ou en Premier League, il n'a cessé de se mettre en évidence.

2015, l'année De Bruyne !

Kevin De Bruyne avec les Diables Rouges. © BELGA

Il y a un peu plus d'un an, juste avant la Noël 2014, le VfL Wolfsburg disputait l'avant-dernier match du premier tour sur le terrain du Borussia Dortmund. En dehors du terrain, on s'arrachait les saucisses ; schnaps et vin chaud coulaient à flots. On chantait et on faisait la fête, alors que le Borussia était en pleine crise. Tout cela, de fait, avait échappé à Kevin De Bruyne. Il ne s'intéresse guère aux événements annexes. Il monte toujours sur le terrain pour jouer.

Il le faisait encore ce soir-là. Ses passes précises et ses actions relevaient le jeu du VfL Wolsfburg. Dans un rôle libre derrière le duo d'attaque, il conférait de la profondeur au jeu en possession du ballon. Le Borussia tentait de le neutraliser en zone, sans succès. De Bruyne faisait preuve de trop d'intuition en se déplaçant entre les lignes.

Lors de la conférence de presse, Dieter Hecking, l'entraîneur de Wolfsburg, fit une entorse à ses habitudes en soulignant le rôle du Diable Rouge, tandis que son collègue et adversaire Jürgen Klopp opinait en se rappelant le moment où son club s'était intéressé à De Bruyne.

Un journal avait ensuite parlé d'un footballeur qui, en possession du ballon, faisait retentir toutes les alarmes adverses. C'était comme si tout le monde découvrait enfin Kevin De Bruyne. A l'issue du match, celui-ci se déclara satisfait de sa prestation. Ni plus, ni moins. Il ajouta qu'il était fatigué et qu'il avait besoin de vacances.

Il poursuivit ensuite sur sa lancée. Il digéra bien la mort tragique de Junior Malanda et humilia le Bayern 4-1. Après le match, il enfila un vieux jean et quitta le stade avec un gros sac à dos. Il ne ressemblait pas à quelqu'un qui venait de vaincre un ténor européen mais plutôt à un jeune homme parti faire des commissions pour sa grand-mère.

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Kevin De Bruyne joue toujours avec la même joie enfantine.

Des footballeurs comme De Bruyne sont un soulagement dans ce monde d'égos surdimensionnés. Ils sont simples, dépourvus de coquetterie. C'est là que réside la force de De Bruyne. Il continue à jouer avec une joie enfantine, sans guère s'intéresser au reste. Jamais les 80 millions versés par Manchester City pour ses services ne l'ont mis sous pression alors que certains redoutaient qu'il n'en soit affecté. Jouer en Bundesliga ou en Premier League ne change pas grand-chose pour lui. A Manchester non plus, De Bruyne ne tape pas dans l'oeil en dehors du terrain, si ce n'est par ses cheveux blonds roux.

Mercredi, au gala du Soulier d'Or, Kevin De Bruyne va sans doute être élu meilleur Belge à l'étranger. Il sera content mais ne sombrera pas dans l'euphorie. Le règlement du Soulier d'Or l'empêche de le remporter, puisqu'il ne peut distinguer qu'un footballeur opérant sur notre sol. Il l'accepte. Mercredi soir, alors que la fine fleur du football belge sera à Lint pour cette fête, De Bruyne affrontera Everton. Il préfère de toute façon être sur le terrain qu'à des réceptions.

Michel Louwagie, le manager de Gand, se souvient-il du jour où il a laissé Kevin De Bruyne rejoindre le RC Genk ? Jadis, les Buffalos voulaient devenir des modèles ès formation des jeunes, mais ils avaient taillé dans ce budget dès qu'ils avaient rencontré des difficultés financières. Le champion reste toutefois un exemple dans la manière dont il se développe. Mercredi, il recevra sans doute plusieurs consécrations. Sven Kums est favori au Soulier d'Or et serait le troisième Gantois à enlever le trophée. Après Roland Storme en 1958, le défenseur freiné en équipe nationale par Laurent Verbiest, qui se flattait de l'intérêt de Barcelone. Et après Mbark Boussoufa en 2006, bien que celui-ci ait enfilé le maillot d'Anderlecht au second tour.

Conserver ses meilleurs éléments, solidifier ses fondations, c'est l'éternel défi de Gand. Trois nouveaux étrangers étoffent le noyau et offrent plus de possibilités à Hein Vanhaezebrouck. Ça aussi, ça va changer pendant la croissance du club : il faudra prester dans un climat de concurrence accrue. Sans que les mécontents ne râlent. En regardant tous dans la même direction.

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