Stijn Vandenbergh : "Quand on sent qu'on peut gagner le Ronde, on a le droit de rêver"

03/04/15 à 13:18 - Mise à jour à 13:17

Source: Sportmagazine

Il s'appelle Vandenbergh (on peut traduire par Dumont...), est né à la clinique d'Audenarde (à 300 mètres de la ligne d'arrivée du Ronde) et habite les Ardennes flamandes depuis 30 ans. Le coureur de l'équipe Etixx-Quick. Step est donc prédestiné à remporter tôt ou tard le Tour des Flandres. Et si son rêve devenait réalité ?

Stijn Vandenbergh : "Quand on sent qu'on peut gagner le Ronde, on a le droit de rêver"

Stijn Vandenbergh en reconnaissance dans le Koppenberg. © BELGA

Stijn Vandenbergh : "Je n'ai jamais autant vibré sur un vélo que l'an dernier, lorsque j'ai escaladé la Vieux Quaremont en tête, aux côtés de Greg Van Avermaet. J'en avais la chair de poule. Je sentais que je pouvais aller plus vite, peut-être même gagner, mais je devais rester dans la roue de Greg. C'étaient les ordres de l'équipe car Tom (Boonen , ndlr) et Niki (Terpstra , ndlr) étaient derrière et au sprint, j'avais peu de chances face à Greg.

C'était compréhensible mais finalement, j'étais déçu d'avoir terminé quatrième. J'aurais dû démarrer. On ne sait jamais, Van Avermaet aurait pu lâcher prise, ne pas s'entendre avec Fabian Cancellara ou Sepp Van Marcke (qui étaient revenus plus tard, ndlr).

Vous me voyez arriver seul en tête à Audenarde où je suis né, où je suis allé à l'école, où j'ai habité pendant 27 ans et où j'ai tellement de supporters ? Je vais vous avouer un truc : parfois, lorsque je franchis la ligne à l'entraînement, il m'arrive de lever discrètement les bras au ciel. Car je continue à rêver d'une victoire. Quand on sent que c'est possible, on en a le droit."

(...)

"Leader ou pas, depuis l'an dernier, je ressens déjà plus de pression. De la part des journalistes et des fans mais aussi parce que je sens bien que je peux gagner. A condition que tout roule pour moi, bien sûr, car je n'ai pas le talent de Cancellara. Je suis déjà content de ne pas devoir tenir de conférence de presse et répéter vingt fois la même chose. Je reste calme car je sais que j'ai mis tous les atouts de mon côté.

La semaine avant le Ronde, j'emmène même mon matelas et je surveille mon alimentation. En général, je mange la même chose qu'avant une course où j'ai bien couru mais je ne vous dirai pas ce que c'est. C'est top secret ! (il rit).

Le jour de la course, je prépare mon équipement, j'accroche mon dossard et je lis des magazines consacrés aux voitures, même s'il m'arrive de penser à la course, de me dire que je dois être devant à tel ou tel endroit. Et si c'est le cas le lendemain, je suis encore plus en confiance.

Avant le Ronde, l'attente me semble interminable. C'est comme si j'achetais une nouvelle voiture et que je devais attendre deux mois avant qu'elle soit livrée (il rit). J'ai envie de savoir si ma préparation va porter ses fruits, si je suis aussi bon que je le pense. On peut tirer davantage de conclusions du Tour des Flandres que du GP de l'E3.

C'est à Bruges, au moment du départ, que je suis le plus stressé. Tout ce monde... Je reste le plus longtemps possible dans le bus car je dois souvent aller aux toilettes (il rit). Après le départ, le trac tombe. Je suis concentré, je pense à tous ces villages typiques, aux dizaines de milliers de spectateurs dans les monts. A la souffrance, aussi car au Ronde, l'adrénaline permet de repousser la douleur.

Avant qu'on ne s'en rende compte, la course est finie. Ce n'est que le soir qu'on se dit que c'était dingue. L'an dernier, j'ai vraiment râlé de ne pas être sur le podium. Si je ne devais jamais y arriver, je le regretterais toute ma vie. Mais mon rêve peut très bien devenir réalité : un démarrage dans le Vieux Quaremont et les mains au ciel chez moi, à Audenarde. Ce serait beau, non ?"

Par Jonas Créteur

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