On dope bien les vélos...

01/02/16 à 11:19 - Mise à jour à 11:18

Source: Belga

Brian Cookson, le président de l'Union cycliste Internationale (UCI), a confirmé la présence d'un moteur électrique sur le vélo de Femke Van den Driessche, lors des Mondiaux de cyclo-cross. C'est la première fois dans l'histoire du cyclisme qu'un cas de tricherie mécanique est avéré.

On dope bien les vélos...

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"Nous avons contrôlé samedi plusieurs vélos au sein de toutes les catégories", a expliqué Brian Cookson. "Nous entendons parler de ce type de fraude depuis longtemps. Maintenant c'est la réalité. Devons-nous en conclure que le phénomène est très répandu, je n'en sais rien!"

"Le règlement concernant les sanctions sur les fraudes technologiques sont très claires", précise Cookson. "Il s'agit d'une suspension de minimum six mois, et sans limite maximale. Mais je ne peux pas encore m'étendre plus sur cette affaire. Le dossier est maintenant dans les mains de la Commission Disciplinaire et je ne vais donc pas donner plus de détails. Je ne peux pas non plus vous donner plus d'explications sur le moteur décelé. Si l'équipe belge et sa fédération peuvent être aussi sanctionnés? Je ne peux pas non plus vous donner de réponse."

Outre les sanctions sportives, de lourdes amendes sont prévues, tant pour l'athlète que pour son équipe Kleur Op Maat-NoDrugs, qui l'emploie. Selon le règlement UCI, qui a été adapté au 30 janvier 2015, une fraude de telle sorte peut être sanctionnée d'une amende entre 18.000 et 180.000 euros pour l'athlète. Pour son équipe, qui risque également une suspension de six mois, le montant peut varier entre 90.000 et 900.000 euros.

"Ce n'était pas mon vélo!"

Pour sa défense, Femke Van den Driessche a déclaré que le vélo muni d'un moteur caché qu'elle a utilisé lors des Mondiaux Espoirs de cyclo-cross, samedi à Heusden-Zolder, ne lui appartenait pas. "Ce n'était pas mon vélo mais celui d'un ami, identique au mien, mais qui s'est retrouvé dans mes mains suite à une méprise d'un mécanicien", a expliqué la jeune Belge, en larmes, lors d'une interview à la chaîne Sporza dimanche.

"C'est exactement le même que mon vélo actuel", a précisé Van den Driessche. "Cet ami est allé reconnaître le parcours samedi avant de déposer son vélo au camion. Un mécanicien, pensant qu'il s'agissait de mon vélo, l'a nettoyé et me l'a préparé pour la course."

"Ce garçon s'entraîne parfois avec moi et mes frères mais j'ignorais totalement qu'il avait placé un moteur. Je ne suis pas une tricheuse", a poursuivi la jeune cycliste âgée de 19 ans.

Van den Driessche s'est dite "choquée". "Je me sens très mal. Je suis consciente d'avoir un gros problème. Je n'ai pas peur de l'enquête. Je n'ai rien fait de mal", a-t-elle encore dit, consciente que sa "carrière est peut-être terminée" même si elle espère "une deuxième chance".

Un sélectionneur national furieux

Le sélectionneur national Rudy De Bie était furieux après avoir appris cette fraude mécanique : "Je n'ai jamais pensé que de tels agissements étaient possibles en cyclisme. C'est un scandale que l'entourage de Femke ait trompé la fédération belge. De plus, lors de Mondiaux en Belgique."

"Je n'ai pas encore parlé à Femke. Je n'étais pas là quand elle a été devant les autorités", a poursuivi De Bie. "Si je suis fâché? Je suis surtout fâché sur la personne qui a pu lui donner cette idée. Femke est encore jeune et sûrement un peu naïve. Mais cela n'excuse rien, ça ne peut pas arriver. Que tout cela se passe ici me rend triste."

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