Froome: une affaire de neuf mois en trois actes pour aboutir à un blanchiment

02/07/18 à 16:18 - Mise à jour à 16:18

Source: Afp

Un contrôle de Chris Froome avec un taux excessif de salbutamol sur le Tour d'Espagne en septembre, des polémiques en cascade et finalement un blanchiment: l'affaire autour de Chris Froome a connu son verdict lundi, au bout de neuf mois d'une longue procédure.

Froome: une affaire de neuf mois en trois actes pour aboutir à un blanchiment

Chris Froome © AFP

Le contrôle sur la Vuelta

Le 7 septembre 2017, au soir de la 18e étape du Tour d'Espagne et à trois jours de son premier sacre à Madrid, Chris Froome subit un contrôle antidopage, qui révèle un taux excessif de salbutamol.

Ce médicament pour soigner l'asthme est autorisé en compétition par l'Agence mondiale antidopage (AMA), jusqu'à un certain seuil. Problème, dans le cas de Froome, le taux était supérieur à la concentration maximale autorisée de 1000 ng/mL.

Froome, quadruple vainqueur du Tour de France (2013, 2015, 2016 et 2017), est traité pour son asthme depuis de nombreuses années. Il a ainsi bénéficié en 2013 et 2014 d'autorisations à usage thérapeutique. Celle de 2014 a été prescrite en mai au moment de sa victoire au Tour de Romandie, et lui permet de recevoir des corticoïdes pour soigner cet asthme.

Le tout nouveau président de l'Union cycliste internationale (UCI), le Français David Lappartient, prend connaissance de l'affaire une heure seulement après son élection le 21 septembre. L'UCI révèle le contrôle en décembre.

Les polémiques commencent à pleuvoir assez rapidement, tandis que le tribunal antidopage ne se saisit de l'affaire qu'au printemps.

Le temps des polémiques

La nature de la substance incriminée n'entraîne pas de suspension provisoire le temps de la procédure. Et Froome compte bien s'aligner sur les courses de la saison 2018, sans attendre le verdict de l'UCI.

Le Mouvement pour un cyclisme propre, qui regroupe sept équipes World Tour (AG2R, Bora, Dimension Data, EF Drapac, Groupama-FDJ, Lotto Soudal et Sunweb), demande dès la mi-décembre à Sky de suspendre Froome le temps de la procédure.

David Lappartient appelle à faire de même début janvier: "Sky devrait suspendre Froome. Maintenant, ce n'est pas à moi d'interférer", déclarait-il au quotidien régional Le Télégramme.

Lappartient espère un verdict du Tribunal antidopage de l'UCI avant le départ du Tour de France.

Pendant ce temps, certains coureurs cyclistes étaient montés au créneau après la révélation de l'affaire, à l'image de Romain Bardet, 3e du Tour de France, qui estime que "la crédibilité du vélo en premier" est affecté, doutant que Froome puisse être blanchi. Tom Dumoulin, vainqueur du Tour d'Italie en 2017, affirme que cette affaire est "terrible pour le cyclisme".

Impassible, Froome lance sa saison sur la Ruta del Sol en Espagne mi-février, puis se prépare à participer au Tour d'Italie en mai, avec Tirreno Adriatico en mars ou encore le Tour des Alpes en avril.

Blanchi et feu vert pour le Tour

Sans nouvelles de l'UCI, et conforté par une nouvelle déclaration du président de l'UCI, David Lappartient, qui explique qu'il ne croit pas à une décision avant le départ du Tour, ASO, organisateur de la Grande Boucle, demande à la mi juin - en secret - à Sky de ne pas aligner Chris Froome, estimant qu'il y avait atteinte à l'image de la compétition. Cette demande devient publique le 1er juillet.

Mais entre-temps, tout s'est accéléré en coulisses. Le 28 juin, l'Agence mondiale antidopage (AMA) a fait savoir à l'UCI que le contrôle de Froome lors de la Vuelta ne constituait pas un "contrôle positif".

Et lundi, quatre jours plus tard, l'épilogue tombe officiellement par l'entremise d'un communiqué de l'UCI qui blanchit totalement Chris Froome et clôt la procédure sans sanction.

Dans la foulée de la décision de l'UCI, ASO donne finalement son feu vert pour la présence de Froome au départ en Vendée, samedi.

Avec cette décision, le Britannique de 33 ans conserve ses sacres du Tour d'Espagne 2017, et du Tour d'Italie 2018, devenant le troisième de l'histoire après Eddy Merckx et Bernard Hinault, à gagner trois grands tours consécutifs (Tour, Vuelta et Giro dans l'ordre).

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