En attendant Jasper, Loïc, Louis et Tiesj

26/04/16 à 15:30 - Mise à jour à 15:39

Source: Sportmagazine

Paris-Roubaix, 2012. Depuis le triomphe de Tom Boonen, plus aucun Belge n'a enlevé de grande classique printanière. Jamais encore, nous n'avons dû patienter aussi longtemps.

En attendant Jasper, Loïc, Louis et Tiesj

Tom Boonen gagne à Roubaix en 2012. Il est le dernier vainqueur belge d'une grande classique printanière. © BELGAIMAGE

Paris-Roubaix, 2012. Depuis le triomphe de Tom Boonen, plus aucun Belge n'a enlevé de grande classique printanière. Jamais encore, nous n'avons dû patienter aussi longtemps.

Wout Poels a jeté ses gants chauffants peu avant l'arrivée, comme Marco Pantani l'avait fait avec son bandana en son temps. Après tant d'années de poisse, le Néerlandais a pu disputer le sprint de sa vie et a ainsi offert à Sky sa première grande victoire dans les classiques. Après six ans d'attente, et malgré toutes ses trouvailles technologiques.

Maintenant, c'est la patience des Belges qui est mise à l'épreuve. Depuis quatre ans, aucun compatriote n'a triomphé à Sanremo, à Audenarde, à Roubaix ou à Liège. C'est la pire disette de tous les temps. Même l'E3 et Gand-Wevelgem échappent à nos coureurs depuis 2012, quand Tom Boonen avait remporté l'Enfer du Nord. Seul Philippe Gilbert nous a offert un exploit en WorldTour, en gagnant l'Amstel Gold Race en 2014.

A Paris-Roubaix, Boonen semblait sur le point de reconquérir son trône mais il a échoué de peu. Ironie du sort, à 35 ans, c'est lui qui signe, cette saison, le meilleur résultat belge dans un monument. C'eût été sans doute différent sans la chute de Greg Van Avermaet au Ronde. Nous ne saurons jamais s'il aurait pu battre Peter Sagan. Un Sep Vanmarcke ressuscité a été un rien trop court, dans les deux courses pavées, car il n'est pas un vainqueur-né.

Ces places d'honneur, jointes à celles de Boonen, Van Avermaet et même de Baptiste Planckaert dans des petites courses françaises, n'en ont pas moins placé la Belgique au numéro un mondial après l'Amstel, ce qui a incité un quotidien flamand à titrer : " En cyclisme aussi, la Belgique est la meilleure du monde ", en référence aux Diables Rouges. Un raisonnement tronqué car en cyclisme, il faut gagner. Et ça, nous n'y parvenons même plus sur les pavés.

En plus, les coureurs qui se distinguent dans les Ardennes donnent le ton du reste de la saison, dans les petits et grands tours. Tim Wellens a pu constater que le GP de Montréal n'était pas la Doyenne et nous n'avons aucun Belge dans les dix premiers. Ça risque d'être pareil au Giro, au Tour et à la Vuelta. Nous gagnerons peut-être une étape mais pas avec un grimpeur ni un grand sprinter car nous n'en formons plus.

La Belgique n'est plus la meilleure nation du cyclisme et ne le redeviendra pas. C'est logique compte tenu de la concurrence: on a dénombré huit nationalités différentes dans le top dix du Ronde et de Roubaix.

Mais notre pays n'en a pas moins des talents. Comme Jasper Stuyven (24 ans, lauréat de Kuurne), Tiesj Benoot (22 ans, out après une chute au Ronde), Louis Vervaeke (22 ans, 11e au Tour du Pays basque), Loïc Vliegen (22 ans, 9e de l'Amstel) et Dylan Teuns (24 ans, 17e et cadet du top 20 de la Doyenne). Wellens va encore progresser et Vanmarcke, à 27 ans, peut encore réaliser un exploit, même s'ils jouent sur le terrain de Sagan. Soit, comme Sky le sait, la patience finit par porter ses fruits...

Par Jonas Creteur

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