Siméon: "Je serai bientôt à ma place en Moto GP"

11/05/18 à 10:00 - Mise à jour à 13:42

À 28 ans, Xavier Siméon réalise son rêve. Pilote titulaire en Moto GP pour la première année, le Bruxellois découvre enfin le milieu qu'il a tant fantasmé. Ses 4 premiers Grand Prix derrière lui, il revient sur son début de saison, mais aussi sur les critiques récurrentes à son égard.

Siméon: "Je serai bientôt à ma place en Moto GP"

Xavier Siméon sur sa Ducati GP16 lors d'essais sur le circuit Ricardo Tormo de Valence en novembre dernier. © BELGAIMAGE

Xavier Siméon à propos...

...de son arrivée en Moto GP à 28 ans : "À l'époque, c'était considéré comme vieux, voire même improbable, de monter en Moto GP à cet âge-là. Heureusement, pour les vieux briscards comme moi, la donne a changé depuis l'an dernier suite aux bons résultats ramenés d'entrée de jeu par un gars comme Johann Zarko. Pour le reste, l'accueil a été très sympa, mais cela s'arrête là. Le Moto GP, c'est un monde où l'on ne se dit pas à bonjour à chaque Grand Prix, où les pilotes se côtoient sans se connaitre. En cela, le milieu a beaucoup changé ces dernières années. Aujourd'hui, les mecs débordent d'arrogance, te regardent de haut, c'est vraiment chacun pour soi, il n'y a pas d'esprit de groupe entre pilotes. Perso, je m'entends toutefois très bien avec mon coéquipier, " Tito " Rabat. C'est dans ma personnalité, c'est important pour moi de partager quelque chose avec lui, de pouvoir boire une bière en après course."

...de son aprentissage à ce niveau : "Honnêtement, je ne pensais pas que l'apprentissage serait si dur. Comme beaucoup de monde, je croyais qu'en Moto GP, l'électronique gérerait un maximum la puissance, essentiellement sur les phases d'accélération, pour que la moto fasse le moins de wheeling possible. On imagine donc que cela doit être assez facile à manier, mais il y a tellement de paramètres que c'est beaucoup plus compliqué que cela, puisqu'il faut tout régir par degré d'angle. Que ce soit à droite ou à gauche, chaque virage du circuit se doit d'être appréhendé différemment. Le travail que cela demande, c'est un truc de fou."

...des nombreuses critiques à son égard et de son déménagement à Andorre : "J'avais besoin de changer d'air. J'ai pensé à beaucoup de choses. J'aurais pu aller à Barcelone, à Alicante, mais il fallait en tout cas que je quitte la Belgique. Par parce que je ne l'aime pas, mais parce que ça commençait à avoir une emprise sur moi qui était malsaine. Ici, j'avais accès à tous les articles. Automatiquement, je regardais mon fil d'actualité Facebook et je voyais des papiers me concernant et les commentaires qui les accompagnaient. J'ai lu des choses qui m'ont touché, des gens qui parlent sans savoir et qui ont de la méchanceté gratuite en eux. Je n'avais plus envie de vivre au jour le jour en me demandant ce que les gens pensaient de moi, donc je suis parti et j'ai cessé de me rendre sur les réseaux sociaux."

...de son début de saison : "L'objectif, c'était de ne pas faire d'erreurs, d'emmagasiner un maximum d'expériences, de se battre avec les autres rookies de la catégorie, ce qui est plus ou moins le cas. Forcément, on espère toujours faire mieux, mais je pense qu'après autant d'années dans une catégorie et avec une moto - certes compétitive en 2016 mais un poil en retrait par rapport à l'évolution des motos actuelles -, on pouvait se douter que ce serait difficile de viser des victoires ou des podiums."

Par Martin Grimberghs

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