Qui veut organiser les prochains Jeux Olympiques d'hiver ?

17/10/17 à 13:12 - Mise à jour à 13:12

Source: Afp

Oslo, Munich ou Innsbruck qui abandonnent en route, effrayés notamment par des budgets rarement respectés: le CIO, qui ne comptait que deux postulants pour les JO-2022 et 2024, fait face à une nouvelle crise des candidatures à deux ans de l'attribution des JO d'hiver 2026.

Qui veut organiser les prochains Jeux Olympiques d'hiver ?

© Reuters

Combien de candidats seront en lice l'automne 2019, lors de la session du Comité international olympique à Milan qui attribuera les JO d'hiver 2026? Ils n'étaient que deux en juillet 2015 à Kuala Lumpur, lorsque Pékin avait battu Almaty, plus difficilement que prévu mais à l'issue d'un vote presque par défaut. Quatre ans plus tôt, Pyeongchang avait obtenu les JO-2018 aux dépens de Munich et Annecy.

Alors que plusieurs postulants (Hambourg, Boston, Rome, Budapest) avaient tour à tour renoncé aux JO d'été 2024 attribués à Paris, Los Angeles héritant de l'édition 2028, la course aux JO-2026 a déjà fait une victime: dimanche, les habitants du Tyrol ont rejeté à plus de 53% la candidature d'Innsbruck.

Pour Jon Tibbs, patron de l'agence britannique JTA et conseiller en communication de la candidature de Los Angeles, le retrait d'Innsbruck représente "un revers mais n'est pas un désastre" pour le CIO.

- 'Déception' -

"C'était une erreur d'organiser ce référendum si tôt. La consultation populaire a créé plus d'interrogations qu'elle n'a apporté de réponses", explique M. Tibbs pour qui "les promoteurs d'Innsbruck auraient dû davantage expliquer leur projet".

Le CIO, touché indirectement par plusieurs scandales de corruption, a indiqué lundi "partager la déception du Comité national olympique autrichien", ajoutant qu'il allait "continuer ses discussions exploratoires avec les CNO et villes intéressés d'Amérique, d'Asie et d'Europe".

Alors que la phase dite "d'invitation" s'est ouverte le 29 septembre, le CIO a déjà rencontré les représentants de Sion (Suisse), Calgary (Canada) et Stockholm.

A ces trois villes devrait se joindre une candidature américaine, le comité olympique américain (USOC) ayant confirmé vendredi que les États-Unis étaient "intéressés" par les JO d'hiver, même s'ils hésitent entre 2026 et 2030.

Denver, Reno-Tahoe et Salt Lake City, hôte des JO d'hiver 2002, les derniers organisés aux Etats-Unis, ont fait part de leur intérêt.

Du côté asiatique, la station japonaise de Sapporo, qui a reçu les JO en 1972, pourrait entrer dans la course tout comme Almaty, battu pour 2022.

La ville valaisanne de Sion, qui a déjà connu plusieurs échecs, dont le dernier pour les JO-2006 attribués à Turin, se trouve aussi sous la menace d'un rejet populaire. Le projet qui concerne quatre cantons et doit encore recevoir le feu vert du gouvernement fédéral, devra ensuite être soumis à référendum.

"Nous avons pris acte de la décision de la population du Tyrol, qui montre combien il est important de communiquer largement", a réagi Jean-Philippe Rochat, président de Sion-2026.

"Les votations populaires seront envisagées lorsque tous les facteurs de coûts et la répartition de ces derniers, seront connus. Notre timing et notre approche sont donc légèrement différents", a ajouté l'avocat lausannois.

- Sion confiant -

L'ancien vice-président de la Fédération suisse de ski s'est dit "convaincu que lorsque tous les paramètres de coûts seront connus et auront été communiqués", la population réalisera que "Sion propose une approche vraiment nouvelle, tout à fait réaliste et transparente, qui permettra à toute une région de profiter d'un héritage positif des Jeux".

Face à la débauche de moyens des JO de Sotchi notamment ou aux risques de dépassements de budgets, le CIO met inlassablement en avant son Agenda-2020 qui vise à réduire les coûts à la fois de candidature et d'organisation. Mais est-ce suffisant pour rassurer ?

"Le discours sur les réformes apportées par l'Agenda-2020 est bon", répond Jon Tibbs. "Mais le CIO devrait faire plus et communiquer sur son contenu là où ont lieu les référendums".

Le Britannique se montre cependant optimiste: "Il suffit de regarder le succès dans la préparation des Jeux de la jeunesse-2020 à Lausanne: il y a encore un appétit des pays alpins d'Europe occidentale pour les projets olympiques".

Et s'il ne restait que deux villes en lice pour 2026, un double vote serait-il envisageable, comparable à celui ayant attribué les JO-2024 à Paris et 2028 à Los Angeles ?

"Une double attribution (pour 2026 et 2030) semble possible si deux candidatures fortes subsistent", estime Richard Peterkin, membre du CIO. "En ces temps difficiles, cela a marché une fois et pourrait fonctionner encore", ajoute sur son compte Twitter le représentant de Sainte-Lucie.

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