Quatre nouveaux fondeurs russes suspendus pour dopage par le CIO

09/11/17 à 15:16 - Mise à jour à 15:43

Source: Afp

Quatre nouveaux fondeurs russes ont été reconnus coupables d'infraction aux règles antidopage par le Comité international olympique (CIO) et suspendus à vie de tous les futurs jeux Olympiques, a annoncé jeudi la Fédération russe de ski.

Quatre nouveaux fondeurs russes suspendus pour dopage par le CIO

Alexander Legkov, médaillé d'or lors des Jeux Olympiques d'hiver à Sotchi en 2014, avec Maxim Vylegzhanin, médaille d'argent. © ISOPIX

La commission d'enquête du CIO menée par Denis Oswald "a reconnu coupables d'infraction aux règles antidopage (les fondeurs) Alexey Petukhov (champion du monde en 2013, ndlr), Maxim Vylegzhanin (triple médaillé d'argent olympique en 2014 et une fois champion du monde en 2015, ndlr), Evgenia Shapovalova et Yulia Ivanova (une médaille de bronze mondiale en 2013, ndlr)", a indiqué la Fédération dans un communiqué.

"Tous leurs résultats obtenus lors des jeux Olympiques d'hiver à Sotchi seront annulés", précise le communiqué. Les fondeurs "sont également suspendus à vie de tous les jeux Olympiques", ajoute-t-il.

Pour sa part, la Fédération se prépare à faire appel de cette décision auprès du Tribunal arbitral du sport (TAS), selon la même source.

La commission d'enquête Oswald a été mise en place par le CIO après la publication du rapport du juriste canadien Richard McLaren, qui a établi en juillet 2016 l'existence d'un dopage institutionnalisé en Russie, impliquant Moscou et les services secrets russes (FSB), notamment lors des JO-2014 à Sotchi.

La semaine dernière, le fondeur russe Alexander Legkov, champion olympique du 50 km à Sotchi-2014, est devenu le premier sportif russe à être privé de tous ses résultats et suspendu à vie des JO par le CIO, qui se basait sur les premiers résultats de la commission d'enquête Oswald.

Une décision similaire a également été prise depuis contre un autre fondeur, Evgeniy Belov.

Ces décisions interviennent à un mois d'une réunion cruciale de la Commission exécutive du CIO à Lausanne (5-7 décembre), qui doit trancher sur la participation de la Russie aux JO de Pyeongchang dans un peu plus de trois mois (9-25 février).

En décembre 2016, la Fédération internationale de ski (FIS) avait suspendu Legkov et cinq autres skieurs russes dont le nom était cité dans le rapport McLaren.

En mai dernier, le Tribunal arbitral du sport avait confirmé cette sanction jusqu'au 31 octobre 2017.

La Russie a toujours nié tout système de dopage organisé à un niveau étatique.

Le scandale de dopage orchestré par Washington

Le président Vladimir Poutine a insinué jeudi que les accusations de dopage de sportifs russes organisé par l'Etat sont orchestrées par les Etats-Unis pour nuire au déroulement de la présidentielle de mars 2018 en Russie.

"Voilà ce qui m'inquiète: les jeux Olympiques doivent débuter en février. Et notre élection présidentielle a lieu quand ? En mars", a déclaré M. Poutine lors d'une visite d'usine à Tcheliabinsk, en Sibérie, cité par les agences russes. "J'ai de gros soupçons sur le fait que tout cela est fait pour créer une situation, dans l'intérêt de quelqu'un, de mécontentement chez les amateurs de sport et les sportifs avec des accusations de soit-disant participation et de responsabilité de l'Etat", a poursuivi M. Poutine.

Selon M. Poutine, les organisations sportives internationales, dont le Comité olympique international, sont dépendantes des sponsors et des annonceurs, "dont la majeure partie se trouve aux Etats-Unis". "En représailles à notre ingérence imaginaire dans leur élection, (les Etats-Unis) veulent créer des problèmes pendant l'élection présidentielle russe", a-t-il ajouté.

Vladimir Poutine n'a pas encore annoncé s'il participerait au scrutin présidentiel de mars, même si sa candidature pour un quatrième mandat ne fait aucun doute pour nombre d'analystes.

M. Poutine a affirmé en octobre qu'interdire aux sportifs russes de participer aux JO-2018 d'hiver de Pyeongchang ou les forcer à évoluer sous bannière neutre constituerait "une humiliation pour la Russie" et "ferait du mal au mouvement olympique".

Le président russe avait alors affirmé que le CIO subissait la pression "des sponsors et des chaînes de télévision" et ses sponsors "cèdent à leur tour aux signaux sans ambigüité des instances américaines" pour suspendre la Russie.

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