Mais au fait, ça se déroule comment une Coupe du monde de ski alpin ?

15/11/15 à 21:11 - Mise à jour à 17/11/15 à 11:16

Source: Sportmagazine

Des noms comme Marcel Hirscher, Aksel Lund Svindal, Lindsey Vonn ou encore Anna Fenninger vous disent certainement quelque chose. Rien d'étonnant. Ils ont tous déjà gagné au moins une fois le Globe de cristal, trophée décerné à l'issue de la Coupe du monde de ski alpin. Coup de projecteur sur cette compétition haletante de cinq mois.

Mais au fait, ça se déroule comment une Coupe du monde de ski alpin ?

© AFP

La Coupe du Monde de Ski alpin 2016 se déroule du 24 octobre au 20 mars 2016. Cela fait donc une vingtaine de jours que la compétition a commencé. Mais pas de panique, vous n'avez pas encore raté grand-chose. Le premier Géant de la saison s'est déroulé à Sölden, une des stations les plus huppées d'Autriche. Chez les hommes, l'Américain Ted Ligety s'est imposé alors que du côté des femmes, Federica Brignone a devancé ses concurrentes.

Une des spécificités les plus importantes de la Coupe du monde de ski alpin est son nombre de disciplines. Il y en a cinq. La polyvalence est donc le maître-mot pour remporter le Globe de cristal à la fin de la saison.

Le ski alpin est constitué de deux épreuves de vitesse : la descente et le Super-G où chaque skieur effectue une seule descente. Et deux disciplines où la technique est davantage mise en avant : le slalom classique et géant. Dans ces courses, chaque slalomeur effectue deux descentes sur des tracés distincts. Le vainqueur est le meilleur au cumul des deux chronos. La dernière épreuve est le Super combiné qui regroupe une descente et un slalom classique. Afin d'établir le classement final, les chronos sont également additionnés.

Que ce soit pour les hommes ou les femmes, 40 courses (parfois sur le même site) seront organisées cette saison. Chacune offrira 100 points au vainqueur et une seule unité pour le 30e. Les sportifs classés au-delà de cette trentième place ne remporteront rien du tout.

La descente

Il s'agit de la "discipline reine" du ski alpin. Elle se déroule sur la piste la plus longue et la plus rapide. En 2013, lors de la descente de Wengen, située en Suisse dans le canton de Berne, le Français Johan Clarey a réalisé une pointe à 161,9 km/h. En descente, la gestion des trajectoires, particulièrement larges, est primordiale pour vaincre un dénivelé repoussant au premier regard. La maitrise de sa réception lors des nombreux sauts jalonnant le parcours est également un élément important.

Le Super-G

Le tracé est techniquement plus exigeant et plus court que celui de la descente. A cause du plus grand nombre de portes, les skieurs ne sont pas capables d'aller aussi vite que sur le parcours précédent. La Fédération française de ski estime que "le super-G est un compromis entre la descente et le slalom géant de par son mélange de vitesse et de technique."

Le slalom classique

Cette discipline spectaculaire ne laisse pas place à l'improvisation. Une seule erreur et vos chances de succès sont réduites à néant. Le tracé est le plus court des différentes disciplines du ski alpin. Il est aussi celui qui accueille le plus de portes. On peut en recenser jusqu'à 75. Avoir de la puissance au niveau des bras et des jambes est un avantage considérable dans le slalom classique. Cela permet de se relancer rapidement et efficacement après chaque obstacle.

Le slalom géant

Par rapport au slalom classique, le géant est plus long mais aussi composé de moins de portes. Cela signifie que les changements de direction sont plus limités. La gestion de sa vitesse afin d'être capable de modifier brusquement sa trajectoire est très importante. Le spécialiste actuel du géant est sans conteste l'Américain Ted Ligety. En 2008, 2010, 2011, 2013 et 2014, il a remporté le petit globe de cristal de la discipline. Sur ses 25 victoires en Coupe du monde, une seule n'a pas été acquise sur son tracé de prédilection.

Le Super combiné

Pour le plus grand plaisir du public, les retournements de situation au classement sont réguliers à l'issue de la seconde épreuve, le slalom classique. Un exemple marquant est celui du dernier Championnat du monde de ski alpin début 2015. Marcel Hirscher a remporté l'épreuve alors qu'il n'était que 31e à l'issue de la descente.

La passe de cinq pour Marcel Hirscher ?

Cette année encore, la concurrence sera rude chez les hommes. Néanmoins, Marcel Hirscher reste une nouvelle fois le favori numéro 1 de la Coupe du monde. S'il s'impose, il remportera son cinquième Globe de cristal de suite. Un record. Personne n'en a remportés autant, hormis Marc Girardelli. A la différence qu'il aura fallu huit ans à l'Austro-Luxembourgeois pour réaliser cette performance.

Face à l'Autrichien, deux skieurs norvégiens tenteront de déjouer les pronostics. Le premier est Aksel Lund Svindal. La pression ne lui fait pas peur. Il a déjà remporté deux Globes de cristal, essentiellement grâce à ses qualités de descendeur. Sa dernière saison en Coupe du monde est à oublier au plus vite. Blessé en préparation au tendon d'Achille, il n'a participé à aucune course.

Un autre Norvégien a donc pris le relais. Kjetil Jansrud a impressionné les observateurs dans les épreuves de vitesse. Il a d'ailleurs remporté deux petits globes de cristal en descente et en Super-G. Malheureusement pour lui, son niveau technique est trop faible. Cela l'a empêché de faire mieux qu'une deuxième place au classement général.

Les Français attendent un Globe de cristal depuis le succès de Luc Alphand en 1997. Son successeur pourrait bien être Alexis Pinturault. A 24 ans, le Savoyard rêve de monter sur la plus haute marche du podium après deux troisièmes places en 2014 et 2015. Il s'agit d'un skieur assez polyvalent. Sa victoire dans le Super combiné de Kitzbühel à la mi-mars le prouve. Hasard du calendrier ou signe du destin, il y aura trois combinés alpins cette saison.

Un plateau féminin décimé.

Cette saison, vous n'aurez pas l'occasion d'observer les empreintes laissées par les skis de Julia Mancuso dans la poudreuse. La championne olympique de 2006 a décidé de se faire opérer de la hanche. Son ultime objectif sera les JO de 2018 à Pyeongchang.

Tina Maze, la championne olympique en descente et en slalom géant à Sotchi, a décidé de faire une pause. "Après seize saisons longues et remplies de succès, dans toutes les disciplines, je sens que mon corps et mon esprit ont besoin d'un repos plus long que d'habitude", a déclaré la Slovène de 31 ans. Elle avait terminé à la deuxième place de la Coupe du monde la saison dernière.

Mais LA grande absente du plateau féminin est la double tenante du titre Anna Fenninger. A quelques jours du début de la saison, l'Autrichienne s'est gravement blessée aux ligaments du genou droit. Les médecins ont été catégoriques : saison terminée pour la jeune femme de 26 ans.

Avec sa 3e place au classement général et deux petits globes de cristal dans les épreuves de vitesse, Lindsay Vonn devient donc la grande favorite de cette saison. Méfiance néanmoins. A cause d'une blessure contractée à l'entrainement au mois d'août, elle n'a pas participé à la première épreuve de la saison à Sölden. L'Américaine de 31 ans espère malgré tout remporter son 5e Globe de cristal en 2016.

Deux jeunes prétendantes au titre

A 20 ans, Mikaela Shiffrin n'a déjà plus de concurrente en slalom. Elle a gagné les trois derniers petits globes de cristal de la discipline. Si elle parvient à s'améliorer dans les épreuves de vitesse, elle ne sera pas loin du titre.

De six ans son aînée, l'Allemande Victoria Rebensburg n'en est pas moins talentueuse. Le slalom géant est sa spécialité. C'est sur cette épreuve qu'elle a remporté la médaille d'or aux JO de 2010 à Vancouver.

Ce week-end devait se dérouler une épreuve de slaloms à Levi en Finlande. Malheureusement, celle-ci a été annulée par la Fédération internationale de ski (FIS) suite à un manque de neige.

Le prochain rendez-vous est donc fixé aux 28 et 29 novembre prochains. Une descente et un Super G seront au menu pour les skieurs à Lake Louise au Canada. Alors qu'un Géant et un slalom seront proposés aux skieuses du côté d'Aspen aux Etats-Unis. Programme varié en perspective.

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