Lewis Hamilton, pop star des paddocks

30/10/17 à 09:45 - Mise à jour à 09:44

Source: Afp

Rares sont les pilotes de Formule 1 qui ont su dépasser les frontières de leur sport, et aucun ne les a repoussées aussi loin que Lewis Hamilton, pop star des paddocks, qui s'est offert dimanche au Grand Prix du Mexique son quatrième titre mondial, au sommet du sport automobile.

Lewis Hamilton, pop star des paddocks

© Reuters

Ce résultat, qui le place parmi les cinq pilotes les plus titrés en F1 aux côtés d'Alain Prost et Sebastian Vettel, et seulement derrière Juan Manuel Fangio (5) et Michael Schumacher (7), témoigne de l'étendue du talent du Britannique de 32 ans.

Celui qui n'a de cesse de dire qu'il veut "faire entrer le nom de Hamilton dans l'histoire", comme un pied de nez à ses origines modestes, a aussi raflé cette saison à Schumacher son record de pole positions (72 contre 68) et le talonne au nombre de victoires (62 contre 91) et de podiums (116 contre 155).

Son style en piste, qualifié de "flamboyant" par l'ancien pilote français Jean Alesi, est à l'unisson de ses instincts de "showman", profitant de la moindre occasion, comme de l'interruption des essais libres au GP de Chine en avril à cause du brouillard, pour approcher son public.

L'histoire veut qu'à l'âge de dix ans, Hamilton ait abordé Ron Dennis, alors patron de McLaren, lors d'une cérémonie, pour lui confier son désir de rouler pour lui. Le culot et le talent du jeune pilote ont payé: trois ans plus tard, Dennis commençait à soutenir sa carrière.

Hollywood

C'est ainsi que le Britannique a débuté pour l'écurie de Woking en 2007, attirant l'attention en tant que premier pilote noir titularisé en F1, avant de devenir l'année suivante, à 23 ans et 9 mois, le plus jeune champion du monde de l'histoire (un record battu pour cinq mois par Sebastian Vettel en 2010).

Dix ans et trois sacres plus tard (2014, 2015 et 2017 avec Mercedes), Hamilton n'a pas que la F1 dans la vie et ne le cache pas, se passant volontiers de séances d'essais et de simulateur.

Dans un univers où, pour beaucoup, seul compte ce sport, sa personnalité détone, à l'instar du diamant qui orne son nez, de ses nombreuses chaînes en or, de ses mains manucurées ou de son jet privé d'un rouge ostentatoire.

"On a quand même l'impression que Lewis rêve plus d'être à Hollywood que dans un paddock", résume Jacques Villeneuve, champion du monde en 1997.

"Il a un côté pile et un côté face: le pilote extrêmement professionnel, qui fait les bons choix de carrière et emmène son équipe avec lui, et, en dehors de la voiture, une personnalité qui sait s'amuser, partager, qui casse les codes de ce qu'était avant un pilote de Formule 1", détaille Hervé Bodinier, directeur général délégué de Lagardère Plus, agence de consulting à destination des marques.

Sur les réseaux sociaux, dont il maîtrise les codes à la perfection jusqu'au sens du dérapage contrôlé, il met en scène sa vie sur et hors des circuits, entre défilés de mode, composition de chansons et fêtes avec ses amis célèbres, le footballeur Neymar, les chanteurs Justin Bieber et Rihanna ou encore les mannequins Naomi Campbell et Winnie Harlow.

'Zoolander 2'

Leurs noms lâchés face à la presse - "J'étais en train d'écrire à Serena Williams", "George Lucas? Un ami" - ont beau agacer, son choix de s'octroyer quelques jours de vacances à Mykonos avant le GP de Grande-Bretagne en juillet susciter l'incompréhension, ses résultats parlent pour lui.

Son brillant week-end britannique, au cours duquel il s'est imposé depuis la pole pour revenir à un point de Vettel, rival à la personnalité diamétralement opposée, restera parmi les temps forts de la saison.

"Il a son avion privé, il voyage partout dans le monde, c'est ce qui lui permet d'être compétitif, d'être heureux", estime Alain Prost. "Son style de vie est accepté par Mercedes. Je trouve ça très positif car, tant que le succès est là, c'est fantastique".

Quand il n'apparaît pas dans le jeu vidéo "Call of Duty" ou dans les blockbusters "Cars 3" et "Zoolander 2", Hamilton, fervent catholique, est engagé auprès de l'Unicef, avec qui il s'est notamment rendu à Cuba en août, après un séjour festif à La Barbade.

"Oser être le meilleur. Inspirer, propager l'amour et vivre chaque jour au maximum", son mantra, affiché son Instagram, résume bien le personnage.

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