La sécurité déjà au maximum pour les événements sportifs

24/05/17 à 16:34 - Mise à jour à 16:30

Source: Afp

L'attentat-suicide de Manchester rend encore plus sensible la question de la sécurisation des événements sportifs organisés en France dans les semaines à venir même si aucun changement majeur n'est attendu dans des dispositifs déjà drastiquement renforcés après les tueries de Paris le 13 novembre 2015.

La sécurité déjà au maximum pour les événements sportifs

Policiers et soldats dans les rues de Londres. © AFP

Finales de la Coupe de France de football (27 mai) et du Championnat de France de rugby (4 juin) au Stade de France, Roland-Garros (28 mai-11 juin), Tour de France (1-23 juillet): les grands rendez-vous vont se bousculer d'ici à l'été et avec eux la crainte d'une attaque similaire à celle qui a coûté la vie à 22 personnes, lundi, à la sortie d'un concert, dans la ville du Nord de l'Angleterre.

Insistant sur "la menace (...) élevée" dans tous les pays d'Europe, le nouveau ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a annoncé mardi l'envoi d'une circulaire aux préfets afin d'assurer avec les organisateurs de manifestations sportives et culturelles "la sécurité" du public. Concrètement, il n'y a cependant pas de grands bouleversements à prévoir, les mesures prises depuis les attentats de Paris ayant fait leurs preuves durant les grands rassemblements organisés en France ces derniers mois (Euro-2016, Mondiaux de handball et de hockey sur glace).

Autour du Stade de France, où trois kamikazes avaient actionné leurs ceintures d'explosifs le 13 novembre 2015 sans pouvoir pénétrer à l'intérieur de l'enceinte, le pré-filtrage, qui permet de doubler le périmètre de sécurité, ne devrait ainsi pas connaître de modification, selon une source proche du dossier. Pas question donc d'installer à la va-vite un mur autour de l'enceinte, comme pour l'Euro.

Le tournoi de tennis de Roland-Garros, qui devrait accueillir environ 450.000 personnes, avait de son côté décidé avant l'attentat de Manchester d'augmenter son nombre d'agents de sécurité pour le porter à 1200, "ce qui est un peu plus qu'en 2016", selon Jacques Le Méné, responsable sûreté du Grand Chelem parisien.

Mais la "phase de niveau 2 de sécurité renforcée" (risque d'attentat du plan Vigipirate) restera inchangée. Comme en 2016, la Fédération française de tennis a mis en place trois points de passage obligatoires aux abords du complexe de la Porte d'Auteuil à Paris, avec pré-filtrage, passage au détecteur de type magnétomètre et palpations.

Le Tour de France, un cas particulier

La Préfecture de police de Paris a toutefois insisté mardi sur le nouveau mode opératoire utilisé par l'assaillant de Manchester, qui oblige les forces de sécurité à s'adapter en conséquence.

"A Manchester, c'est à l'issue du concert, non pas pendant et avant, (...) que cet attentat kamikaze a eu lieu", a souligné le préfet de police Michel Delpuech à la suite d'une réunion avec une cinquantaine de responsables de chaînes de cinéma, salles de spectacle et fédérations sportives.

Michel Delpuech a donc demandé aux organisateurs de porter leur attention sur la surveillance extérieure des files d'attentes et des accès aux salles, la protection du public durant le spectacle (inspection préalable de la salle, contrôle des billets...) et à sa sortie, et sur la réaction en cas d'attaque (diffusion de l'alerte, confinement).

Reste le cas particulier du Tour de France. L'épreuve cycliste - qui dure près d'un mois, s'étend sur un parcours de près de 3500 km (avec des passages en Allemagne, Belgique et au Luxembourg) et rassemble près de 10 à 12 millions de spectateurs au bord des routes - présente des caractéristiques exceptionnelles en termes de sécurisation.

Le dispositif est en cours de finalisation et sera définitivement calé après une réunion mercredi entre la société organisatrice ASO (Amaury Sport Organisation) et les policiers et gendarmes français et étrangers. En 2016, la Grande Boucle avait mobilisé 23.000 policiers et gendarmes et le GIGN, avec douze policiers par équipe et un poste de commandement sur chaque étape en liaison avec les services de renseignement. Après l'attentat du 14-juillet à Nice, les mesures de sécurité avaient été renforcées avec le blocage de tous les axes pénétrants sur le parcours.

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