Bellin : "J'ai vu la mort de près mais je veux transformer ça en énergie positive"

20/04/18 à 10:00 - Mise à jour à 12:01

Depuis le 1er février, Sébastien Bellin est le manager général du Spirou. Miraculé des attentats de Zaventem, l'ancien international transmet sa volonté à l'équipe. Entretien.

Bellin : "J'ai vu la mort de près mais je veux transformer ça en énergie positive"

Sébastien Bellin : " Mon objectif est de refaire du Spirou un grand club en Belgique et en Europe. " © BELGAIMAGE

Sébastien Bellin à propos...

...des attentats du 22 mars 2016 : "L'une des bombes a explosé à dix mètres de moi. Je me suis retrouvé au sol, incapable de bouger. Ma hanche a explosé. Autour de moi, l'enfer, l'horreur absolue. Des corps, des cris, le chaos. Je me suis vidé de la moitié de mon sang. J'ai d'abord lutté pour rester en vie, puis pour essayer de sauver une jambe, puis l'autre. J'ai passé trois mois à l'hôpital Erasme, puis un mois de revalidation à l'Université du Michigan. J'ai choisi d'effectuer ma revalidation aux Etats-Unis parce que ma femme et mes deux filles habitaient là-bas, à l'époque. Je ne suis revenu m'établir en Belgique qu'en 2017. A ce jour, j'ai subi 11 opérations. La 12e est prévue pour début juin. Je n'ai plus aucune sensation dans la jambe gauche. Je resterai handicapé à vie, mais je suis toujours en vie, je marche et je commence à courir. J'ai vu la mort de près, j'étais assis sur le front row seat. Je n'oublierai jamais ces images, je vois encore tous les jours cette femme qui est décédée à côté de moi. Mais je veux transformer cette détresse en énergie positive. J'ai eu de la chance, beaucoup d'autres n'en ont pas eue. Je veux démontrer qu'il y a moyen de se sortir des situations les plus compliquées à force de volonté."

...de son objectif des 20 kilomètres de Bruxelles : "Ce sera le 27 mai, oui. Avant cela, il y aura les 10 miles d'Anvers, le 22 avril. A terme, je rêve de disputer un triathlon. Là encore, c'est mon goût du défi. Lorsque je me suis réveillé à l'hôpital Erasme, le médecin m'a dit que je courais le risque de subir une amputation de la jambe gauche et que je devrais probablement me déplacer en chaise roulante pendant un an et demi. J'ai répondu : -Non, je ne signe pas. J'ai refusé la fatalité. La vie m'a donné une deuxième chance, je veux la saisir. Le physique et le mental d'un sportif m'ont sans doute aidé, mais les encouragements et les sourires de ma femme et de mes deux filles m'aident beaucoup aussi."

...de l'état actuel du Spirou : "Nous ne sommes pas encore redevenu un candidat au titre, c'est trop tôt. Le Spirou est simplement redevenu une bonne équipe, avec laquelle il faut compter. Ostende est au sommet depuis six ans. Nous, nous sortons à peine d'une période trouble. Mais je suis optimiste pour l'avenir. Je ne suis pas parieur, mais si je l'étais, je miserais volontiers une petite pièce sur le Spirou."

Par Daniel Devos

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