Après les Wikileaks, les Dopingleaks

01/07/16 à 10:30 - Mise à jour à 28/06/16 à 16:12

Source: Sportmagazine

Le journaliste allemand d'investigation Hajo Seppelt a mis à jour le système de dopage de la Russie et du Kenya par ses documentaires. Il n'a pas l'intention de s'arrêter en si bon chemin.

Après les Wikileaks, les Dopingleaks

L'Allemand Hajo Seppelt (53 ans) travaille à temps plein à la dénonciation de cas de dopage. © BELGAIMAGE

Dopage, match-fixing, corruption : les scandales s'accumulent dans le sport depuis quelques années. Le nombre de journalistes révélant les faces sombres du sport a augmenté proportionnellement. Le plus connu est Hajo Seppelt, un Allemand de 53 ans qui travaille à temps plein à la dénonciation de cas de dopage. Non sans succès, comme les Russes l'ont expérimenté.

Seppelt ne se repose pas sur ses lauriers : il vient de mettre au point un site de dénonciation spécialisé : Sportsleaks.com (ou DopingLeaks.com). L'idée vient de l'informaticien français Mathieu Blanchet. Il voulait lancer le petit frère de WikiLeaks.com, fondé en 2006 par Julian Assange. Depuis, pas mal d'informations ont été communiquées, ce qui a permis de révéler au grand jour des faits cachés, notamment sur la guerre en Irak et en Afghanistan.

Après un contact avec Blanchet, Seppelt a formé une équipe avec Antoine Vayer, l'ancien coach de l'équipe cycliste Festina, devenu un combattant acharné du dopage, le journaliste allemand Sebastian Mondial, membre de l'équipe de chercheurs du journal Die Zeit, impliquée dans les OffshoreLeaks, qui a révélé les numéros de comptes de paradis fiscaux, et le journaliste néerlandais Marco Knippen, auteur avec Seppelt d'une série d'articles sur le dopage dans l'athlétisme kényan.

Leur collaboration a donné Sportsleaks.com. Depuis le 12 juin, on peut communiquer, y compris anonymement, des informations sur le dopage et la corruption. " Beaucoup de sports de haut niveau sont sales, sans que le milieu sportif parvienne à combattre ces fléaux par des mesures internes ", explique Hajo Seppelt. " Des expériences récentes ont montré qu'il était possible de s'attaquer à ces situations, grâce à de courageux dénonciateurs. Nous les encourageons à se manifester pour rendre le sport international plus crédible, plus transparent, plus fiable. "

D'après Seppelt, l'anonymat et la sécurité des informateurs sont garantis. Leurs données seront traitées par un groupe restreint de journalistes d'investigation et d'experts fiables. " Tant que l'enquête est en cours, seules ces personnes auront accès aux infos ", conclut le journaliste de la chaîne ARD.

Les intéressés peuvent transmettre leurs infos par courriel à contact@sportsleaks.com, par poste à Berlin (Postfach 02 13 30, 10125 Berlin) ou, s'il s'agit de données très sensibles, via la plate-forme en ligne de Sportleaks, d'où il est possible de communiquer avec l'équipe de SportsLeaks. Elle est créée avec un logiciel conçu pour télécharger des documents en toute sécurité, qu'ils soient audio, vidéo ou manuscrits. Dès que l'enquête de l'équipe SportsLeaks est achevée, elle publie ses résultats sur le site. Les tricheurs russes ne sont pas les seuls à devoir se faire du souci.

Par Jonas Creteur

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